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[Critique] Rambo – Last Blood : Stallone se la joue Liam Neeson

Un dernier tour pour la route. Après ses apparitions dans Creed, les suites spirituelles de la saga Rocky, Sylvester Stallone retrouve son second personnage le plus marquant : John Rambo. Malgré son retour en Amérique, l’ex-soldat meurtri de la Guerre du Vietnam traîne toujours avec lui ses traumatismes. Le poids des années se lit sur le visage et l’enveloppe corporelle de Sly, toujours vivant, toujours debout mais balbutiant, à l’image de ce cinquième volet qui a mis plus de dix ans à se concrétiser. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Cette fois, c’est personnel. À la guerre, John Rambo a perdu ses amis. Pendant son absence, sa famille. Jusqu’à ce qu’il s’en retrouve une auprès de Maria, l’ancienne servante de son père, et sa petite fille Gabriella. Mais quand cette dernière disparaît à la frontière mexicaine, Rambo doit sortir de sa retraite et reprendre les armes…

Stallone meets Sicaro meets Taken

Mais… ça ne vous rappelle rien tout ça ? Quand on découvre ce Rambo – Last Blood, on a quand même bien l’impression de se retrouver devant un ersatz de Taken là aussi avec dix ans de retard. Non seulement pour le scénario, qui troque les trafiquants de drogue et de prostituées d’Europe de l’Est pour des Mexicains et l’enlèvement de la « fille à papa », mais aussi pour la mise en scène, souvent proche d’une production EuropaCorp (Le Transporteur ou… Taken) bas de gamme. Adrian Grunberg ne brille pas d’inventivité et délivre parfois même des images vraiment laides, à la mise au point littéralement ratée : on pense notamment au premier face-à-face nocturne entre Rambo et ses ennemis au Mexique, presque illisible dans certains plans. On se rappelle aussi le troisième Taken et à sa fameuse scène du grillage aux quatorze plans quand il nous en faut cinq pour voir Rambo… retirer une veste.

Ce n’est pas non plus cette exposition bien trop bavarde et alambiquée pour pas grand chose qui nous retient, alignant cliché sur cliché, et pourtant on tient bon. Ne serait-ce que pour Stallone qui, quoi qu’on en dise, en impose toujours dans la peau d’un Rambo plus torturé que jamais, hanté par les mêmes regrets. Un anti-héros qui continue de laisser entrevoir ses failles et contribue, depuis quarante ans, à briser cette image de machine à tuer imperturbable. Ce que Rambo est et a toujours été, certes, mais on sent bien cette fois que la violence s’impose comme un dernier recours. Moins présente que dans les précédents volets, elle bascule – comme pour le précédent volet réalisé par Sly lui-même – dans le gore à outrance (malgré trop d’effets en images de synthèse) et se déploie dans un final rocambolesque entre explosions de sang, de têtes, de tripes, découpages de jambes et grosses mandales.

Conclusion : malgré une intrigue cliché et laborieuse, Rambo – Last Blood se laisse regarder pour son effusion de violence et le charisme implacable de son héros déchu, Sylvester Stallone.

Rambo : Last Blood
Un film d’Adrian Grunberg
Durée : 1h40
Sortie le 25 septembre 2019

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