[Critique] Ralph 2.0 : ça rame un peu non ?

2019 est une année capitale pour Walt Disney Studios. Entre ses nouveaux remakes live-action (Aladdin et Le Roi Lion), le début d’une nouvelle ère chez Marvel Studios (Captain Marvel et Avengers Endgame) et le retour des mastodontes Star Wars et La Reine des Neiges pour les fêtes de Noël, il y aura de quoi faire ! Côté animation, Ralph 2.0 ouvre le bal dans les salles françaises, quelques mois après sa sortie américaine. Ralph et Vanellope, héros de jeux vidéo devenus meilleurs amis après bon nombre d’aventures, changent d’univers et découvrent cette fois… Internet. Un univers ambitieux sur le papier, qui permet au studio de déployer encore un grand nombre de références à la culture populaire comme son aîné. Malgré tout, ce Ralph 2.0 n’est pas exempt de petits bugs qui nuisent au plaisir de son utilisateur… 

Lorsque le volant de la borne d’arcade du jeu Sugar Rush dans lequel vit Vanellope est accidentellement détruit, Ralph décide de sauver sa meilleure amie en partant pour un monde qui leur est encore inconnu : celui du Web et de ses inquantifiables opportunités. Il y rencontreront de nouveaux amis, découvriront de nouvelles tendances déstabilisantes (comme les vidéos de chat) mais remettront aussi en question leur propre amitié.

La vie secrète d’internet ? 

Derrière l’univers des Mondes de Ralph, on trouvait déjà le réalisateur Rich Moore. Il fait cette fois équipe avec son compère Phil Johnston, avec qui il a déjà dirigé un autre carton au box-office international pour Disney : Zootopie. On retrouve dans ce Ralph 2.0 le même soin accordé à la création des décors.

Après avoir imaginé ce que serait une ville dont les habitants seraient des animaux anthropomorphes, il s’agit ici de donner corps – littéralement – à Internet sous la forme d’une mégalopole sans aucune limite, flamboyante et chargée de toute part. Chaque internaute se voit transposé sous la forme d’un petit avatar, les Netizens, qui déambulent au gré de leurs volontés (un bar de recherche dont le petit assistant devine ce que vous tapez, une salle d’enchères géante pour eBay…) ou non. Car Internet ne serait rien sans ses distractions, ses pop-ups (des démarcheurs qui ne vous lâchent pas d’une semelle), ses virus (des monstres difformes) et ses coins sombres. Pour tout ça, le film fait un carton plein.

On se prend tout autant au jeu (et c’est le cas de le dire) lorsqu’un monde de Ralph 2.0 est un décalque d’un jeu de rôle multijoueur en ligne (MMORPG) dont les règles et bugs habituels nourrissent les gags du film. Les joueurs réels sont matérialisés sous la forme d’avatars aux mouvements saccadés, à l’image de la lenteur de connexion qui les empêche de réussir leur partie. Malheureusement, l’univers ne fait pas tout.

J’vais tout casser (même le rythme) 

Ô combien plaisant soit-il de retrouver Ralph et Vanellope pour de nouvelles aventures, cette joie est vite passagère tant l’intrigue du film s’embourbe dans des scènes dispensables ou redondantes. Au cours de leur venue à Paris, les réalisateurs indiquaient avoir réécrit environ huit fois le film au cours de sa production : force est de constater que cela se ressent, puisque Ralph 2.0 semble davantage s’articuler autour de scènes clés particulièrement réussies, comme la scène des princesses (dévoilée il y a déjà plus d’un an mais qui dure à peine quelques minutes), que l’on cherche à lier entre elles de manière parfois un peu trop artificielle.

Le cœur de l’intrigue reste malgré tout la relation qui unit nos deux héros : en quoi l’attrait du Web et sa nouveauté peuvent-ils les aider à s’aimer davantage… ou à découvrir leurs travers ? Malgré une avancée laborieuse, cette histoire met aussi en avant les défauts du net pour les faire appréhender dès le plus jeune âge : la vitalité des réseaux sociaux, de la réputation, le harcèlement sont subtilement amenés.

Enfin, comme dans d’autres films d’animation récents chez Disney tels que Vaiana ou Zootopie, Ralph 2.0 continue de développer, en toile de fond, la volonté du groupe de s’affranchir et de rire des codes de ses classiques passés : les demoiselles en détresse sauvées par de beaux et preux chevaliers, il est temps d’en être… libéré, délivré (pardon) !

Conclusion : malgré un univers stimulant et une volonté de briser les codes, Ralph 2.0 s’embourbe dans une intrigue un peu trop ronflante.

Ralph 2.0
Un film de Rich Moore et Phil Johnston
Sortie le 13 février 2019

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