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[Critique] Queens : elles ont fait trembler Wall Street !

Détrompez-vous : si Queens rassemble les chanteuses Jennifer Lopez, Lizzo et Cardi B, elles ne sont pas venues pour chanter « Don’t Stop Me Now ». Même si la chanson de Queen aurait très bien pu coller au film de Lorene Scafaria, dans lequel on suit une bande de stripteaseuses ayant rassemblé leurs talents pour arnaquer des pontes de Wall Street… On y retrouve aussi Constance Wu, la révélation de Fresh Off The Boat et Crazy Rich Asians, qui forme un duo de choc avec Jenny from the block.

On s’attendait à une comédie peut-être un peu graveleuse, pourtant Queens séduit par son mélange des genres, entre thriller, film dramatique et moments d’humour, mais aussi pour sa grande tendresse envers ses personnages, que l’on suit autant dans le monde de la nuit que dans leur vie de famille, luttant pour joindre les deux bouts.

J’aime qu’un plan se déroule sans accroc… 

Chaque soir, c’est la même rengaine. Pour Destiny (Constance Wu) et Ramona (Jennifer Lopez), il faut se mettre en scène, offrir son corps en représentation, danser et susciter le désir… Bienvenue dans le monde de la nuit, où les billets pleuvent presque autant que les confettis ; du moins dans le club dans lequel travaillent les héroïnes du film et où se rendent tous les hommes d’affaires de Wall Street.

Ces femmes doivent pourtant faire perdurer leurs affaires, puisque personne ne semble prêt à les prendre au sérieux pour tout autre type d’emploi. Là est l’une des grandes réussites de Queens : nous faire basculer d’une facette à l’autre de la vie de Ramona et Destiny, qui cherchent avant tout à préserver leur famille (sa petite fille pour l’une, sa grand-mère pour l’autre). La vie de femmes qui laissent entrevoir, chaque soir, une partie d’elles entièrement fabulée, créée spécifiquement pour plaire aux clients, mais sans pour autant se laisser objectifier. Car ce sont elles qui contrôlent tout et, au fur et à mesure, parviennent à créer leur propre rituel pour extorquer de l’argent aux plus fortunés. Une sorte de business parallèle, rejoint au fur et à mesure par d’autres femmes (parmi lesquelles Lili Reinhart de Riverdale ou Madeline Brewer de The Handmaid’s Tale), qui ferait pâlir la bande de Sandra Bullock dans Ocean’s 8.

Et comme tout bon film « de gangsters » ou « de casse », il y a des codes à respecter. La réalisatrice instaure alors des effets récurrents de mise en scène qui viennent conforter ce rituel, tout en montrant également ses failles : les hommes qui finalement refusent de suivre les filles, se montrent plein de doutes, sont trop alcoolisés… Car toute méthode n’est pas infaillible, et on le sait très bien dès le début de l’histoire, puisqu’elle nous est racontée par Destiny elle-même, en 2014, quand elle se livre à une journaliste. En France, les héroïnes passent « d’arnaqueuses » (en lien avec le titre original du film The Hustlers et à l’article sur lequel le film est basé) au statut de « reines ». Une manière comme une autre de valoriser leur statut de « Robin des bois des temps modernes » qui peut également se résumer par l’une des répliques du film : « les États-Unis sont un club, il y a ceux qui dansent et ceux qui lancent les billets ».

Conclusion : belle surprise menée par un casting hyper efficace (Jennifer Lopez et Constance Wu en tête), Queens dévoile avec panache la manière dont une bande de femmes est parvenue à faire plier les puissants à leur avantage…

Queens
Un film de Lorene Scafaria
Durée : 1h47
Sortie le 16 octobre 2019


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