[Critique] Power Rangers : l’unité malgré les défauts

Après Hunger Games et Divergente, les studios Lionsgate ont-ils trouvé leur nouvelle poule aux œufs d’or ? Fort de vingt-cinq ans d’existence, entre série télévisée et deux précédents longs métrages, la franchise Power Rangers semble avoir tous les atouts pour fédérer une importante fan base dans les salles. Mais qu’en sera-t-il des autres spectateurs ? Si les studios considèrent déjà apporter jusqu’à sept suites à ce premier volet, encore faut-il que celui-ci remporte un succès adéquat !

Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

Nouvelle équipe, nouveaux visages !

Une bande d’ados se retrouve dotée de pouvoirs après avoir découvert une mystérieuse roche enfouie sous le sol et doit apprendre à les maîtriser sous peine de voir leur monde disparaître… Une mission qui semblait toute appropriée pour le réalisateur Dean Isrealite, qui connaît déjà assez les teen movies après son premier film, Projet Almanac (dont on vantait les mérites par des tweets basés… sur la bande-annonce, sur les affiches françaises).

Comme pour son précédent film, Isrealite s’est entouré d’acteurs qui vivent pour la plupart leur premier grand rôle au cinéma : Dacre Montgomery joue Jason Lee Scott, le leader de l’équipe et Ranger Rouge. Nous le retrouverons par la suite dans la seconde saison de Stranger Things sur Netflix ! RC Cyler, aperçu dans le très émouvant This is not a love story, incarne Billy Cranston, petit génie de la bande et Ranger Bleu. La chanteuse Becky G porte quant à elle les couleurs du Ranger Jaune, dans la peau de Trini Kwan. Naomi Scott s’offre elle aussi son premier grand rôle après avoir figuré dans l’unique saison de Terra Nova. Elle incarne Kimberly Hart, a.k.a. le Ranger Rose. Ludi Lin, qui a joué dans la série Marco Polo, est Zack Taylor, Ranger Noir.

Power Rangers met en scène une nouvelle génération d’acteurs, à l’instar des autres franchises phares de Lionsgate qui ont propulsé la carrière de Jennifer Lawrence et Shailene Woodley. Mais le film joue également sur la nostalgie en faisant renaître les personnages mythiques des premières saisons de la série et des films : on ne prend donc pas le risque de brusquer sa fan base en inventant de nouveaux personnages… Tout comme l’on respecte évidemment un cahier des charges composé de nombreux Easter eggs (musiques, caméos, scène post-générique).

Un teen-movie porteur de valeurs positives…

Là où Power Rangers gagne des points, c’est inévitablement en jouant la carte de la diversité, comme la série le faisait déjà à son époque. Ce premier film prend son temps pour présenter chacun de ses personnages et ses enjeux (peut-être même un peu trop, puisque ce besoin de transformation occupe la majorité de l’intrigue), mais cette exposition est nécessaire à la cohésion de leur équipe, qui ne peut exister sans confiance. Au détriment de la menace représentée par Rita Repulsa, sous-estimée alors qu’il s’agit pourtant du personnage le plus charismatique du film.

Chacun des personnages suit son chemin vers l’acceptation de soi ou des autres. Cette nouvelle génération laisse entrevoir les débuts d’un Hollywood plus moderne et ouvert d’esprit, où toutes les représentations gagnent à trouver leur place. Tout cela à l’heure où plusieurs pays du monde tendent à se refermer sur eux-mêmes… Le réalisateur et son équipe se targuaient même d’avoir fait de ce film le premier Power Rangers à représenter une super-héroïne lesbienne. La fameuse scène de coming-out, bien que très discrète et noyée autour des vannes et caractères parfois trop clichés des personnages, a du moins le mérite de faire avancer les choses peu à peu, là où les séries télévisées ont beaucoup moins peur de représenter des personnages LGBT.

…malgré de nombreux griefs !

Le final, intense scène d’action grandiloquente où les Power Rangers s’unissent contre leur ennemi, et apprennent enfin à ne faire qu’un, parvient cependant faiblement à faire oublier le développement un peu poussif de l’intrigue. Celle-ci gagnerait à aller à l’essentiel au lieu de faire durer des scènes déjà vues maintes fois dans d’autres films. On plisse parfois un peu les yeux devant la qualité des effets spéciaux et fonds verts, parfois assez capricieux.

On regrette également que la bande-son du film de Bryan Tyler ne parvienne pas à créer de thèmes mémorables, tout comme elle se voit parasitée par de nombreux morceaux pop-rocks qui cassent un peu le rythme. Il semblerait presque que le superviseur de la musique soit allé chercher toutes les chansons qui contenaient le mot « Power » ! Power Rangers adopte aussi le ton mi-sérieux mi-humour de la plupart des blockbusters actuels, accumulant les vannes un peu trop nombreuses et références à la pop-culture trop gratuites.

Pour nous, la véritable héroïne du film, c’est à n’en pas douter sa méchante, Rita Repulsa. Incarnée par Elizabeth Banks, ce personnage emblématique de la série Power Rangers voit ses origines réinventées afin qu’elle renaisse d’entre les morts, à une nouvelle ère… Décidée à décimer les Power Rangers et à prendre le contrôle de la planète Terre. Bad-ass jusqu’au bout des ongles, Rita Repulsa a droit à de beaux moments d’action et d’humour : Elizabeth Banks qui déguste un donut au milieu de gravats, ça n’a pas de prix !

Conclusion : si Power Rangers a su nous convaincre grâce à ses personnages attachants et à sa méchante ultra-charismatique, le film de Dean Israelite peine un peu plus à captiver sur la durée, entre clichés et manque de surprise. Il s’agit tout de même un bon divertissement, porteur d’un esprit d’unité plutôt bienvenu !

Power Rangers
Un film de Dean Israelite
Sortie le 5 avril 2017

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