[Critique] Pirates des Caraïbes 5 : noyé entre deux eaux ?

Qu’attendre aujourd’hui d’un nouveau Pirates des Caraïbes ? Chaque année, c’est la course au revival le plus fou, on retourne chercher les sagas oubliées, puis la machine marketing de la distribution se met en route, créant un sentiment d’attente insoutenable ponctué de moments de « teasing », mais à cela, on ne vous apprend rien. Cette stratégie ne repose que sur une unique certitude : l’amour d’antan que portait toute une génération de spectateurs et que les studios mastodontes espèrent voir renaitre en même temps que les personnages.

Et pourtant, Hollywood semble traversé par une certaine tendance, inconfortablement assis entre le passé et le futur, et qui, dans le cas de La Vengeance de Salazar, n’arrive ni tout à fait à imposer sa nouvelle génération d’acteurs, ni a rentre hommage à ses anciens héros. Difficile donc, pour une licence dont les rouages bien huilés empêchent tout effet de surprise, de convenir aux attentes de leurs premiers fans, qui entre temps, ont accouché également d’une nouvelle génération, avec qui ils souhaitent bien partager leur saga chérie.

Un espoir de renaissance tué dans l’oeuf

La Vengeance de Salazar semble fonctionner à l’image de son Hollandais Volant. Il y a cette première scène, qui résume parfaitement l’engrenage dans lequel se sont enfermés les fans et la saga. En effet, le film s’ouvre sur le jeune Turner, qui plonge pour remonter à la surface les fantômes du Hollandais Volant, et son capitaine, Will, à qui il jure de lever la malédiction en partant à la recherche du Trident. Ce bateau, c’est un peu la licence, qui silencieuse depuis plusieurs années sous les flots de la production Disney attendait que quelqu’un, un réalisateur, vienne poser pied pour le faire émerger de nouveau. Et finalement, c’est peut être ce que chaque spectateur attend de ce nouvel épisode, traquer chaque piste avec l’excitation de voir surgir à l’écran ceux qui ont fait le mythe de la saga. Les réalisateurs s’en amusent en fabriquant chacune de ces apparitions en des événements quasi divins, avec en son sommet, le capitaine Jack Sparrow.

Mais qu’en est il de toute cette nouvelle génération, qui ne connait pas les anciens héros ? C’est là que certains crieront (ou du moins lèveront la voix) au génie, avec deux nouveaux personnages incarnés par Kaya Scodelario et Brenton Thwaites. Mais c’est que le reste de la distribution, scénaristes en tête, se pique de faire la même chose que dans les précédents opus. Sparrow reste le capitaine et on retrouve chez les deux acteurs la construction identique des amourettes de Will et Elisabeth. Les scénaristes (fantômes ?) lancent trop de pistes d’ouverture de la saga, autre que l’éternel triangle des Bermudes (Barbossa, Sparrow et un tiers méchant)  dans lequel chacun des films de la licence viennent se perdre. En vain donc, cet espoir de voir l’origine du moineau phare prendre l’espace d’un film entier, réduit à un flash back de deux minutes trente.

Conclusion : ce cinquième film n’a donc pas trop de mal à remettre les spectateurs à bord, même plus de cinq ans après. Si cette envie de renouvellement ne parvient pas à ses fins, ça n’engage en rien la qualité visuelle et mise en scène du film, c’est toujours cool, les batailles de pirates.

Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar
Un film de Joachim Rønning et Espen Sandberg
En salles le 24 mai 2017

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