[Critique] Overlord : la nouvelle production J. J. Abrams sous adrénaline

Pendant des mois, il était question qu’Overlord, le premier long métrage de Julius Avery, fasse lui aussi partie de la saga Cloverfield. Le four astronomique critique de The Cloverfield Paradox en février dernier, finalement sorti sur Netflix, a-t-il fait changer les plans de son producteur J. J. Abrams, ou les rumeurs étaient-elles fausses depuis le début ? Mystère. Pour autant, avec son pitch particulier (une fiction historique mêlant science-fiction et action), Overlord aurait peut-être bien pu se faire une place particulière dans cet univers. Cela ne l’empêche pas pour autant de s’imposer comme un divertissement prenant, très (très) violent, qui rappelle notamment la saga vidéoludique à succès Wolfenstein.

Quelques jours avant le Débarquement, des soldats américains sont parachutés dans la campagne normande. Leur mission ? Détruire un clocher occupé. Mais ce qu’ils y trouveront en dessous, un laboratoire secret dans lequel se déroulent d’obscures expériences, va radicalement modifier le cours des événements…

Il faut sauver la science ! Ou pas. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Overlord ne perd pas son temps pour entrer dans le vif du sujet. Les avions survolent le champ de bataille, les tirs et obus retentissent, les engins sont abattus et les soldats tentent tant bien que mal de se parachuter. Les petites blagues entre soldats laissent vite place à leur mort ultra-explicite : le sang coule à flot, vous êtes prévenus. La violence d’Overlord est extrême, à tel point que le film a été interdit aux moins de seize ans par le CNC. Des rumeurs annonçaient même une exploitation en salles d’une version amputée de deux minutes d’extraits violents : or, c’est bien la version originale du film qui a été conservée pour sa sortie ! Il aurait été regrettable de subir cette censure lorsque l’on voit à quel point le film de Julius Avery souhaite se donner un côté film d’action décérébré.

Pourquoi décérébré ? Pour son approche quasi grand-guignolesque de son sujet principal : la manipulation génétique, cette envie de créer un être supérieur et (surtout) immortel. La science est mise au service de la domination d’un homme, le commandant Wafner (Pilou Asbæk), archétype total du soldat nazi qui abuse de son autorité. Increvable, sa résistance est telle qu’elle en devient caricaturale, à voir les échanges de punchlines qu’il entretient avec le personnage de Wyatt Russell lorsque ceux-ci s’affrontent sans merci. Son corps marqué par les affrontements puis les manipulations, pourtant glorifié par la mise en scène et une musique grandiloquente, prête donc plus au rire qu’à la peur !

Si Overlord traîne un peu la patte question longueur (les allers et retours entre le laboratoire et le village sont un peu laborieux), le film de Julius Avery a du moins cette qualité de ne pas berner son spectateur et de lui donner ce qu’il attend : des scènes d’action féroces qui font le job et dont la vivacité rappellent inévitablement celles de J. J. Abrams, notamment via l’utilisation de long travellings dynamiques et de changements rapides de direction de caméra (la fuite du laboratoire en quasi plan séquence est scotchante !).

Conclusion : s’il ne révolutionne pas la manière dont le cinéma évoque les manipulations génétiques, Overlord sait compenser ce manque dans son sens de l’action grandiloquent.

Overlord
Un film de Julius Avery
En salles le 21 novembre 2018

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