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[Critique] Once Upon a Time… in Hollywood : le passé ne meurt jamais

A chacun de ses films, c’est l’évènement. Après avoir réhabilité le 70mm dans Les Huit Salopards, passionnant western enneigé et austère, Quentin Tarantino revient avec Once Upon a Time… in Hollywood, avec pour la première fois ensemble à l’écran Leonardo DiCaprio et Brad Pitt.

Présenté en Compétition du 72e Festival de Cannes, le 9e long métrage du réalisateur de Pulp Fiction s’inspire d’une histoire vraie ayant traumatisé l’industrie du cinéma et les Etats-Unis à la fin des années 60, autour du couple Roman Polanski/Sharon Tate et du gourou Charles Manson.

Revisiter l’Histoire

Il n’est un secret pour personne que Quentin Tarantino est peut-être le metteur en scène maniériste (qui fait à la manière de, en s’inspirant de films et scènes déjà existantes) le plus célèbre. Passionné par le cinéma depuis toujours, il n’a de cesse de le réinventer, le revisiter « à sa sauce ». Après sa vision de la Seconde Guerre mondiale dans Inglorious Basterds, il s’attaque ici au Hollywood de 1969. On y suit Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), acteur has-been de série feuilletonesque et westerns spaghettis, et de son cascadeur, Cliff Booth (Brad Pitt). Autour d’eux gravite le tout Hollywood, de Bruce Lee à Sharon Tate (Margot Robbie).

Dans sa mise en scène, Tarantino semble revenir à ses bases. Adieu les longs plans fixes des Huit Salopards ou les musiques orchestrales de ses précédents films. Once Upon a Time… in Hollywood est un film vif et énergique, à la bande-originale rythmée et enjouée. Le réalisateur profite au maximum de son casting 5 étoiles, qu’il dirige à merveille dans des rôles candides mais jamais caricaturaux.

Une oeuvre pop

Depuis Pulp Fiction (et les pas de danse de Travolta comme les monologues de Samuel L. Jackson), Tarantino est l’un des grands maîtres de la pop-culture, aux côtés des Star Wars ou super-héros. Ici, il embrasse pleinement cette ambiance, en recréant un Los Angeles en pleine période hippie. Tarantino réussit à capter l’atmosphère poisseuse et étouffante de cette ville, dans la veine (récemment) d’un Inherent Vice (Paul Thomas Anderson) ou Under the Silver Lake (David Robert Mitchell). Tarantino prend aussi le pouls d’une Amérique à l’aube de tant de bouleversements : la guerre du Vietnam sur le plan politique, les premier pas sur la Lune sur le plan sociétal, le Nouvel-Hollywood et la culture pop d’Andy Wharol sur le plan artistique.

Comme si tous les personnages étaient inconscients de ce qui s’apprête à leur tomber dessus, il règne un sentiment de douce naïveté sur le film. Jamais Once Upon a Time… in Hollywood n’est dur ou cruel. Même dans sa violence (toujours esthétisée chez Tarantino), on ressent une certaine jouissance, un certain jeu sans danger. Et puis, donc, Tarantino rend hommage à cette époque, celle qu’il a connu quand il avait 10 ans. Il pousse le maniérisme jusqu’au bout en créant un environnement crédible autour de ses personnages : grâce à des faux extraits de films, des affiches, le spectateur découvre un Ricky Dalton truand, un Ricky Dalton de western ou encore un Ricky Dalton gangster. Dans ces moments, le récit s’arrête, tout simplement, et on assiste à un film dans un film !

Conclusion : Once Upon a Time… in Hollywood est tout ce qu’on pouvait espérer de Tarantino : un certain retour aux sources (les siennes comme celles du cinéma) mais aussi une continuation de ses thématiques chères. Un film jouissif et agréable, qui donne envie de replonger 50 ans en arrière dans la chaleur de Los Angeles.

Once upon a time in Hollywood
Un film de Quentin Tarantino
Sortie le 14 août 2019


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