[Critique] Miraï, ma petite sœur : Hosoda frappe encore en plein cœur !

À peine quelques semaines après sa sélection cannoise à la Quinzaine des Réalisateurs, le nouveau film de Mamoru Hosoda rejoint la compétition du 42ème Festival du film d’animation d’Annecy. Le cinéaste japonais ne lâche pas son sujet de prédilection : l’enfance. Après Les Enfants Loups et Le Garçon et la Bête, Hosoda s’attache désormais à la relation entre un jeune garçon et sa petite sœur nouveau-né. De quoi s’éloigner du fantastique comme dans les précédents films de Hosoda, mais en apparence seulement…

Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur.

Le garçon et la fille du futur

Miraï est avant tout une chronique de famille : nous y suivons dès le départ la rencontre des parents de Kun et les débuts de leur vie conjugale à travers leurs albums et souvenirs de famille. Ces derniers englobent par ailleurs totalement le film, puisque l’on retrouve aussi des photos dans le générique de fin. La demeure de cette famille évolue aussi au fil des années sous l’impulsion du père architecte tandis que grandit l’arbre familial dans le jardin.

Métaphore la plus claire de la famille, cet arbre en contient tous les souvenirs, toute son histoire et transcende le temps. C’est en regardant cet arbre que le petit Kun se retrouve plongé dans un monde fantastique, dans lequel il rencontre ses ancêtres, l’esprit de son chien Yukko… mais aussi sa petite sœur Miraï venue du futur. Ces plongées dans le fantastique dévoilent toute la poésie du film et produisent des expériences qui donnent à Kun le pouvoir de se dépasser et de changer son comportement.

Apprendre de ses erreurs

La beauté de Miraï, ma petite sœur tient ainsi dans la justesse de sa représentation des rapports familiaux. Si le sujet tient à cœur à Mamoru Hosoda, il s’agit tout autant d’un thème récurrent dans le cinéma d’animation, et aussi dans la programmation actuelle du Festival d’Annecy, avec On Happiness Road et Okko et les fantômes, deux films tout aussi justes sur le sujet.

L’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille ne fait pas uniquement basculer la vie de Kun mais celle de ses parents elle-même : la mère de Kun multiple les reproches à son compagnon qui ne s’occupe pas de ses enfants et de la maison comme il le faudrait. Les aventures qui arrivent à Kun lui permettent aussi de faire changer ses parents et de réaffirmer peu à peu une harmonie familiale mise en péril.

Le film de Hosoda montre qu’il n’existe pas de mode d’emploi pour être un parfait parent ou un enfant modèle. Difficile de ne pas fondre pour ces personnages à la belle alchimie. La jalousie redondante du petit Kun, qui ne cesse de faire des misères à sa petite sœur laisse peu à peu place à un amour véritable. Il vous rappellera sans doute votre propre enfance et la crainte que l’on ressent à l’idée d’être « oublié » par ses parents…

Conclusion : Avec Miraï, ma petite sœur, Mamoru Hosoda frappe à nouveau en plein cœur avec un long métrage plein d’émotion, dans lequel le fantastique aide toujours à se comprendre et à se dépasser.


Miraï, ma petite sœur
Un film de Mamoru Hosoda
Sortie le 26 décembre 2018  

Les autres films présentés au Festival d’Annecy :


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