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[Critique] Men and Chicken : mais qu’ont-ils donc dans la tête ?!

Imaginez un Mads Mikkelsen défiguré, et dans un registre complètement à contre-emploi : oubliez Le Chiffre, Hannibal ou le guerrier One-Eye, et dites bonjour à Elias, un homme un peu névrosé et incroyablement obsédé. Encore heureux, son frère Gabriel (incarné par David Dencik) est là pour le canaliser. Mais le pire, c’est qu’ils ne sont pas seuls… 

Men and Chicken, c’est l’un des films danois qui a remporté le plus de succès dans son propre pays l’an dernier. Il a fait le tour des festivals, y compris l’Étrange Festival en septembre dernier. Après avoir été maintes fois repoussé, le voici enfin dans nos salles. De quoi ça parle ? À la mort de leur père, Elias et Gabriel découvrent qu’ils ont été, en réalité, adoptés. Leur père biologique était en vérité un généticien travaillant dans le plus grand secret…  Silence Moteur Action vous dit tout sur cette improbable histoire de famille !

De l’art de la bastonnade

S’il vous faut bien savoir une chose avant d’aller découvrir Men and Chicken, c’est de le considérer comme un film à voir au trente-six millième degré, tant il bascule dans l’absurde à outrance. Dans ce microcosme qu’est l’île danoise sur laquelle se trouve la famille d’Elias et Gabriel, tout est dérangé : l’île est quasi-déserte (pour des raisons bien spécifiques), hors du temps, et les quelques habitants présents se font un plaisir d’éviter la famille d’Evelio Thanatos, père supposé des deux frères… En même temps, avec un coup de pelle en pleine poire en guise de bonjour, on fait tout de même mieux comme accueil !

Pour rencontrer le père, c’est un vrai parcours du combattant : inaccessible dans son immense demeure, il ne doit pas être dérangé. Gabriel et Elias ont pourtant de quoi s’occuper en apprenant à connaître leurs quatre frères, tous aussi frappés (!) les uns que les autres, Franz (Sørren Mallingendossant pleinement son rôle d’aîné. Leur objectif ? Repousser le plus possible la rencontre du père en jouant sur des disputes perpétuelles. Si de multiples batailles improvisées au milieu de poules et d’une énorme vache ne vous font pas peur, faites-vous plaisir ! Elles sont toutes aussi nombreuses qu’invraisemblables : les personnages se frappent avec tout ce qui leur tombe sous la main, et plus l’objet est grand, mieux c’est ! Un peu comme ces immenses bassines que Mads Mikkelsen déguste au début du film (oui, on se doutait bien que la phrase était douteuse, sortie de son contexte). Certains seront certainement lassés de ce comique de répétition qui permet tout de même au film de s’étaler un peu, en durant 1h44.L

Le scénario de Men and Chicken n’a rien d’étonnant, on voit les retournements de situation arriver quinze kilomètres à l’avance, forts de ses nombreux indices disséminés ça et là, à travers le comportement des personnages et tout ce que l’on peut bien trouver dans la maison des Thanatos. Mais qu’importe ? Le film dAnders Thomas Jensen demeure un divertissement efficace, avec un casting méconnaissable et très impliqué. Bien qu’il soit en tête d’affiche (faute d’autres membres du castings réellement connus en France), Mikkelsen n’est pas réellement le « héros » du film : c’est plutôt à Gabriel que l’on s’identifie, et auquel l’on s’attache le plus. Leurs personnalités radicalement différentes – Élias étant le plus névrosé et Gabriel le plus réfléchi, réservent toutefois à Mikkelsen ses quelques petits moments de gloire… et de rire !

Men and Chicken
Un film d’Anders Thomas Jensen

Sortie en salle le 25 mai 2016

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