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Lost River : Le spleen by Ryan Gosling

On l’attendait celui-là. Depuis l’annonce de sa production, tous les fans trépignaient d’impatience à l’idée de voir le premier film réalisé par Ryan Gosling, intitulé Lost River. Et ENFIN LE VOILÀ ! Mais Ryan Gosling qui passe de l’autre côté de la caméra, ça donne quoi ?

Un onirisme funèbre

On ne se sent pas très à l’aise, il faut le dire, dans les premiers temps de Lost River. L’atmosphère qui se dégage semble malsaine, on a du mal à se plonger complètement dans ce qui semble être un trou abandonné de toute chaleur humaine. Et petit à petit, sans qu’on s’en rende trop compte, nous voilà englouti dans un monde étrange où la menace est constante. On fait connaissance de Billy (Christina Hendricks), maman célibataire qui se démène pour garder la maison où elle a élevé ses enfants et où elle conserve ses plus précieux souvenirs. Prise au piège des sombres lois du capitalisme, elle se trouve contrainte d’accepter un travail au limites de ses bonnes mœurs, proposé par son banquier (Ben Mendelsohn). En parallèle, son fils Bones tente comme il peut de l’aider financièrement en collectant le cuivre restant des maisons abandonnées de Lost River, la ville fantôme.

Un conte moderne ?

Bones (Iain De Caestecker), Cat (Eva Mendes), Rat (Saoirse Ronan), un voile manichéen caresse l’identité des personnages de Lost River, qui incarnent à leur manière non sans de légères nuances les maux portés par notre société. Les méchants font peur aux innocents, les rêves sont brisés mais l’espoir est permis. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Lost River un conte actuel aux bords du lugubre, sur fond de ruines et de ville sous-marine.

Des thèmes récurrents viennent nous envelopper, appréciables à revoir à travers le filtre de l’imaginaire de Gosling. La désacralisation de l’American Dream, la relation antagoniste entre le règne d’un assoiffé de pouvoir et de reconnaissance et l’incarnation même de l’innocence, le désir de partir, oui, partir loin, sauf que la voiture ne démarre pas et on reste bloqués là. Ils essayent de s’en sortir. Ils luttent. Reda Kated arrive sur son cheval blanc qui prend la forme d’un taxi. Et au milieu de tout ça… Une photographie démente.

Non, vraiment. Et on ne dit pas ça car on peut voir Eva Mendes joliment accoutrée de costumes fantasques au beau milieu du théâtre des horreurs. Disons, pas seulement. Le paysage, l’atmosphère mélancolique qui se dégagent des images, le travail de la couleur donnent à Lost River un air de spleen envoûtant propice à la rêverie.

 Lost River 2

(PS : on a vu Ryan à la projection)

Il en a fait du chemin, Ryan Gosling, depuis le Disney Club avec Justin Timberlake et Britney Spears. Et depuis The Notebook. Et Crazy, Stupid, Love. Et on peut dire que sa venue à Paris n’est pas passée inaperçue. Entre les concours qui ont rendu chèvres la moitié de Paris et tout le gratin parisien qui se ventait d’avoir fait un selfie avec lui, on peut dire que ces derniers jours ont gravité autour de Ryan Gosling.

Eh bien figurez-vous que nous aussi on a eu la chance, l’honneur, le PRIVILÈGE de nous trouver (d’accord, restons calme) à DEUX MÈTRES DE RYAN GOSLING pour la projection de Lost River ce lundi, accompagné de Reda Kateb.

(Et on s’en remet difficilement.)

 

Ryan Gosling Masterclass

 

À cette occasion, les deux acteurs ont pu échanger autour de leur rencontre, de la naissance de cette collaboration internationale. Mais aussi, comment Ryan a vécu le fait de se glisser pour la première fois dans la peau d’un réalisateur. Il nous a confié qu’il a adoré et qu’il était même prêt à recommencer. Nous, on dit oui.

 

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