[Critique] Life : Origine pas si inconnue que ça…

Chez Sony, on aime beaucoup l’espace. Quand Chris Pratt et Jennifer Lawrence se couraient après dans Passengers (entre deux chutes de débris, un vaisseau qui part en lambeaux et un Laurence Fishburne en hibernation), Life – Origine inconnue rassemble six astronautes du dimanche, dont Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson et Ryan Reynolds. Dans la Station Spatiale Internationale, ces derniers interceptent la première capsule à revenir de la planète Mars. Elle contient la toute première preuve de vie sur la planète… Plot twist : la bestiole n’aime pas qu’on fasse des expériences sur elle, et s’avère bien plus intelligente que ce que l’équipe imaginait.

Life, c’est un peu comme si l’on faisait Alien avec une sorte d’étoile de mer un peu vorace. Seul problème : le film de Daniel Espinosa a trente ans de retard. Il n’a certes pas l’intention de révolutionner le genre de la science-fiction, mais contient tous les défauts des blockbusters d’aujourd’hui. Avec son ton quasi-cynique, Life se complaît dans l’auto-référence constante de films cultes du même genre, jusqu’à en devenir un simple patchwork insipide. Au mieux, la démarche est simpliste. Au pire, c’est se moquer du monde.

Dans l’espace, personne ne vous verra plagier

Quand on parle de patchwork, on ne plaisante pas. Les emprunts aux films de science-fiction sont si nombreux qu’ils sont présents à la fois dans les dialogues (« J’ai un bon pressentiment » résonne comme un écho au « mauvais pressentiment » perpétuel de la saga Star Wars, devenu l’un de ses gimmicks) et dans les choix de réalisation du film.

En ouverture, Espinosa choisit une scène en plan-séquence. Une scène aisée pour présenter les personnages et les lieux (l’ISS), mais impossible de ne pas penser au premier quart d’heure de Gravity. Life en copie la caméra fluide, bougeant en tout sens et n’hésitant pas à filmer à l’endroit, puis à l’envers, tout en finissant sur un plan à peine attendu sur la planète Terre. La musique s’emballe au même moment, forcément. Puis vient l’apparition du titre, au bout d’une quinzaine de minutes : quatre lettres espacées dans une police d’une taille imposante… qui ne sont pas non plus sans rappeler le premier Alien de Ridley Scott. Tout ça en même pas trente minutes de film. Il faut le faire, non ?

Oh le méchant Calvin !

Soyons honnêtes : Life – Origine Inconnue se dote tout de même d’une créature très joliment modélisée… Naïvement renommé Calvin par un petit Américain lors d’un live en plein Time Square (avec des écrans géants estampillés Sony, ça ne s’invente pas), l’alien causera très vite du fil à retordre aux passagers à bord. Tel le Xénomorphe de la saga créée par Ridley Scott, Calvin évolue et devient de plus en plus menaçant à chaque instant. Sous sa forme finale, le « martien » fait son petit effet !

Cela n’éclipse pas pour autant la banalité du scénario, ainsi que ses nombreuses incohérences : les membres de l’équipage de l’ISS sont censés être des personnalités de pointe, chacun ayant son domaine de prédilection. Il est pourtant difficile de considérer la crédibilité de certaines scènes, tant les actes envisagés par les personnages semblent vains. Face au comportement menaçant de Calvin, les décisions à prendre et les conséquences à tirer semblent évidentes, et pourtant les personnages feignent tout de même la surprise.

Difficile également de s’attacher à n’importe lequel d’entre eux. Ryan Reynolds est cantonné au rôle du casse-cou et comique de service (tiens donc). Jake Gyllenhaal est un être solitaire qui n’a aucune envie de retourner sur Terre et Rebecca Ferguson semble être la seule à avoir le plus de raison sur la station (en même temps, c’est elle qui en sait le plus). Même le twist final (visible à des kilomètres à la ronde) prête davantage au rire qu’à la compassion. Cette dernière séquence n’a peut-être vraiment rien de surprenant, lorsqu’on réalise que les scénaristes du film ne sont autre que ceux de Deadpool et Bienvenue à Zombieland. Après tout, elle rend aussi honneur à la fin alternative de Gravity évoquée par son réalisateur. Dommage que l’ensemble du film, sur pilote automatique du début jusqu’à la fin, ne parvienne pas à captiver pleinement.

Conclusion : Envie d’un bon film de science-fiction ? Passez votre chemin devant Life, et faites-vous plutôt un petit marathon dans votre canapé. En ne cachant pas ses inspirations (ou plutôt, en les soulignant plutôt grossièrement), Life – Origine Inconnue vous fait sentir qu’il est un film que l’on a déjà pu voir par le passé, en mieux.

Life – Origine Inconnue
Un film de Daniel Espinosa
Sortie le 19 avril 2017

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