[Critique] Les Indestructibles 2 : être un héros au quotidien

Cela faisait presque quinze ans que nous les attendions et la famille Indestructible n’a pas pris une ride ! Autant espérée que redoutée (avec Toy Story 4, prévu pour l’été 2019), cette suite de l’un des films cultes du studio Pixar, toujours réalisée par Brad Bird, débarque enfin dans les salles début juillet. Sans parvenir à surpasser l’original, Les Indestructibles 2 propose de vibrantes retrouvailles avec nos personnages à travers une histoire pleine d’action et d’humour.

Notre famille de super-héros préférée est de retour ! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène, laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. C’est un changement de rythme difficile pour la famille, d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier… Lorsqu’un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s’allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique.

On veut la même crème anti-rides !

Quand on vous dit que la famille Indestructible n’a pas pris une ride, ce n’est pas une blague : ce second volet commence là où le premier s’achevait, soit par l’attaque du Démolisseur. Seuls quelques mois s’écoulent entre les deux films. Le réalisateur Brad Bird justifiait le fait de ne pas avoir fait vieillir ses personnages en indiquant que leurs pouvoirs correspondaient avant tout à leur personnalité au moment précis où nous les voyions. En tant que parents, Bob et Elastigirl doivent être des modèles pour leurs enfants, et être partout à la fois. La vitesse de Flèche correspond à son caractère hyperactif, tandis que Violette entre dans l’adolescence et ses secrets. Quant à Jack-Jack, le fait qu’il soit un bébé en pleine évolution correspond à ses multiples pouvoirs…

Les Indestructibles 2 est donc une suite tout ce qu’il y a de plus directe : elle continue d’évoquer la place des super-héros dans la société et l’opinion que l’on se dresse à leur sujet. À l’image du premier opus, les actions de la famille Parr ont une incidence sur l’opinion publique, M. Indestructible et Elastigirl aimeraient tout deux renouer avec leur gloire d’antan. Quand cette opportunité se présente, c’est à la mère de famille de revenir sur le devant de la scène, laissant ainsi papa Indestructible s’occuper de ses enfants à la maison.

Être parent, c’est aussi être un héros au quotidien. Les Indestructibles 2 inverse ainsi le modèle du premier volet, où Bob Parr cachait son retour aux affaires à sa femme et sa famille. Le plus beau, c’est que ce renversement des valeurs se fait en à peine une phrase, naturellement… Du moins, Bob pense que ce sera une tâche facile. Par quelques répliques bien placées, Elastigirl fait des ravages auprès d’un machisme involontaire.

Make America Super Again

Nous n’entrerons pas dans les détails de l’intrigue de cette suite pour ne pas vous en gâcher la surprise, mais force est de constater que le quotidien de la famille Parr et les relations entre ses divers membres prennent le dessus sur le nouvel antagoniste de la saga qu’est l’Hypnotiseur. Avec un humour excellemment dosé, papa Indestructible fait face au dur rôle de parent : les premières amours de sa fille, le tempérament de son fils… et il découvre les pouvoirs de son nouveau-né. Tout un programme que les bande-annonces laissaient apercevoir comme le principal thème du film.

Les Indestructibles 2 peine cependant à surprendre dans bien des domaines : son intrigue et sa structure se reposent un peu trop sur celle du premier, devenant presque parfois un simple miroir avec Elastigirl à la place de Bob. L’inconvénient de ces quinze années sans prise de rides, c’est aussi le fait que les personnages évoluent finalement très peu, nous donnant ainsi l’impression de ne pas avoir abouti à grand chose de plus à la fin du film. L’identité de l’Hypnotiseur manque elle aussi de surprise tant elle est simple à deviner. Le film de Brad Bird réserve toutefois un propos intéressant sur la place des médias dans la société, la perception que nous avons les uns des autres et le rôle des super-héros dans une ère de repli sur soi et de crainte.

Malgré tout, l’esprit du premier volet ne change pas : les scènes d’action sont toujours aussi rythmées, la musique de Michael Giacchino toujours aussi efficace, et les personnages toujours aussi attachants et drôles ! Le bébé Jack-Jack se montre plein de potentiel. C’est à lui que reviennent les meilleures scènes du film, notamment celle en compagnie de la tordante Edna Mode, qui mériterait bien un film ou une série animée à elle toute seule. Et c’est peut-être là que réside décidément la petite frustration que l’on ressent face au film : l’envie d’en voir plus, de voir nos personnages davantage évoluer. Un troisième volet des Indestructibles pourrait-il être envisageable, alors même que le studio Pixar souhaite désormais éviter de trop faire de suites ?

Conclusion : passée la joie des retrouvailles, Les Indestructibles 2 peine à renouer avec la surprise et la fraîcheur qu’apportait son aîné. Cette suite reste cependant un divertissement ultra calibré, visuellement somptueux et plein d’humour. La famille Parr nous a manqué et seule reste l’envie de les revoir un peu plus longtemps encore…


Les Indestructibles 2
Un film de Brad Bird
Sortie le 4 juillet 2018


Les créations du Studio Pixar vous intéressent ? Découvrez ces articles :


Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *