[Critique] Le Grand Jeu, le thriller à la française

Melvil Poupaud, André Dussollier ? Il n’en fallait pas plus pour foncer voir Le Grand Jeu, le premier long métrage de Nicolas Pariser. Entre conflits politiques et militantisme, le réalisateur nous embarque dans un thriller captivant…

Voilà un film qui tombe à pic. À l’heure où la France se dispute dans les bureaux de vote et les discours engagés font rage, Nicolas Pariser nous présente son premier long-métrage, Le grand jeu, en salles le 16 décembre et distribué par Bac films. Cinq ans après avoir reçu le prix Jean Vigo pour son court métrage La République, le réalisateur renouvelle son intérêt pour les coulisses de la scène politique dans un thriller envoutant. Directement inspiré de l’affaire Tarnac qui, rappelons le, tourne autour d’un groupe d’extrême gauche accusé d’avoir saboté des lignes SNCF, Le Grand jeu reste néanmoins dans une optique romanesque comme le souligne Pariser. C’est ainsi qu’on fait connaissance avec Pierre Blum (Melvil Poupaud), un écrivain quarantenaire désabusé qui a vu s’échapper toutes ses promesses d’un avenir glorieux après un premier livre à succès. Menant sa vie au rythme des rencontres ponctuelles avec son ex-femme, il fait finalement connaissance de Joseph Paskin (André Dussollier), un homme qui s’avoue comme plein de vices, mais qui reste terriblement charismatique. Pierre découvre vite que Joseph tire des ficelles dans le monde de la politique, et que leur rencontre n’était pas inopinée : il lui demande d’écrire un livre qui va l’obliger à remettre le nez dans un passé lointain.

L’individu avant la politique  

Peindre l’arrière de la scène, déficeler les rouages de la politique, tels sont les desseins manifestes du Grand jeu. Ils s’articulent néanmoins avec l’intimité des personnages et chaque combat qu’ils mènent personnellement. Pariser veut mettre en exergue les points de convergence entre les personnages, il les alimente de conflits idéologiques et veut les voir défendre leur propre vision de l’existence. Car derrière chaque parti politique se cachent des gens. Des êtres humains, des âmes avec des croyances, des combats. Et le but du jeu, c’est d’être en phase avec ses propres idées malgré tout ce qu’il y a au dessus – le gouvernement bien sûr, mais aussi la vie en général. Le jeune réalisateur s’intéresse tout particulièrement à l’après. L’ex-femme de Pierre Blum, interprétée par Sophie Cattani, a passé sa vie à militer dans un parti d’extrême gauche. Sa protégée, Laura (Clémence Poesy), s’est retirée dans une ferme et vit en autarcie avec des autres utopistes. Maintenant, quoi ? Peut-on vivre guidé par ses idées indéfiniment ?

Le jeu omniprésent

Le choix des acteurs n’a pas été fait au hasard. Pariser le précise, il aime les acteurs professionnels. Un quatuor aussi cadré rentre parfaitement dans la continuité de la maîtrise du scénario. Poupaud et Poesy nous offrent un jeu d’acteur savoureux. Après Laurence Anyways, le premier nous coupe une nouvelle fois le souffle par son naturel désarmant et son autodérision à toute épreuve.

On comprend l’importance du jeu des acteurs dans un film où le jeu est un axe fondamental. Les personnages composent dans un univers régit par le jeu. La politique devient un match de foot, avec des journalistes qui deviennent de véritables commentateurs sportifs.

Dans un monde ou tout n’est qu’apparence, comment se libérer du grand jeu ?

Le Grand Jeu de Nicolas Parisier

Avec : Melvil Poupaud, André Dussollier, Clémence Poésy

Au cinéma le : 16 décembre

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