[Critique] Kingsman 2 : Le Cercle d’Or peut-il vraiment surpasser le 1 ?

En France, le premier volet de Kingsman avait dépassé les 1,5 million de spectateurs. Bon score mais en-dessous de ce qu’un blockbuster américain aux 80 millions de dollars de budget pouvait espérer d’un public cinéphile. Seulement à l’époque, Taron Egerton, l’acteur principal, était encore presque inconnu au bataillon. Mais le bouche à oreille a bien fonctionné pendant deux ans ; Kingsman 2 est devenu un des longs métrages les plus attendus de la rentrée 2017. Bonne nouvelle, ce nouvel épisode du James Bond moderne est aussi en forme que nous l’espérions !

Le sous-titre de Kingsman 2 est « Le Cercle d’Or ». Celui-ci est le nom d’une organisation dirigée par Poppy (Julianne Moore), prête à tout pour détruire les agents secrets britanniques. Pour la première fois, Kingsman est en grande difficulté mais la société va rencontrer son homologue américain, Statesman, dans lequel on retrouve des personnages joués par Halle Berry ou encore Channing Tatum.

Une suite à la hauteur…

Matthew Vaughn, également réalisateur de Kick-Ass, avait ébahi le public du premier Kinsgman avec une mise en scène époustouflante et pleine d’originalité. Constituée de bagarres filmées en faux plans-séquences extrêmement mobiles (le réalisateur trichait en nous faisant croire que les scènes étaient tournées d’une traite), elle savait également souligner le caractère très solennel des agents et l’importance de leur mission. A cela venait s’ajouter un humour plutôt subtil, en tout cas très british, avec le charme de l’arrogance anglaise porté par un casting très convaincant (Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L.Jackson, Sofia Boutella ou encore Michael Caine). Le nouveau film Kingsman ne perd pas cette patte très stylisée et absolument propre à Matthew Vaughn. Mais ce dernier ne cherche plus à surprendre le public comme il a su le faire en 2015. Là, le spectateur s’attend, ou tout du moins espère retrouver cette manière de filmer. Ainsi, le cinéaste peut se concentrer sur le « too-much », les accessoires et gadgets et sur les techniques pour sublimer chaque plan, pour le rendre encore plus divertissant sans sortir de la frontière du crédible.

Tandis que Deadpool, aussi réussi soit-il, se veut « fun » et « cool » grâce à son anti-héros drôle, vulgaire et violent, Kingsman va plus loin et s’accorde des scènes aussi dures et sadiques que dans Services Secrets, le premier opus, mais avec une énergie frénétique, le tout paré d’une mise en scène prônant la propreté du meurtre et l’élégance de la torture. Ce dernier élément de réalisation est d’ailleurs aidé par un choix parfait des musiques. Ainsi, il est possible de se retrouver face à des séquences bagarres chorégraphiées sur Saturday Night’s Alright For Fighting de Elton John, tout comme il est possible d’être plongé dans des actions dont les conséquences sont plus sérieuses et qui, à ce moment, sont portées par des bandes-son menées par un orchestre entonnant de puissantes musiques sombres et brutes.

Le Cercle d’Or n’est pas meilleur que Services Secrets qui lui, véritable surprise, était presque littéralement venu assommer son public par son inventivité et sa fraîcheur. Cependant, ce nouveau long métrage est tout aussi divertissant, tout aussi fou dans sa réalisation et au moins tout aussi sanglant. Les très nombreuses références à Services Secrets font également partie de ce délicieux plat qu’est Le Cercle d’Or, et il est nécessaire d’avoir le précédent Kingsman en tête pour mieux apprécier celui-ci.

… qui ne surpasse pas le premier

Des points faibles sont à noter, mais ils sont tous directement liés à la quasi-perfection de Services Secrets et du souvenir que celui-ci a laissé. La barre avait donc été placée haut, très haut. Bien que Le Cercle d’Or soit aussi captivant que son prédécesseur sur de multiples éléments, le problème réside également ici-même. Tout d’abord, le schéma global de l’histoire est le même dans Le Cercle d’Or que dans Services Secrets : un méchant qui, grâce à un de ses produits, a le pouvoir de vie ou de mort sur une grande partie de la population mondiale. Tout comme dans le 1, il va s’agir pour les agents Kingsman d’éviter LE drame.

Le scénario est différent en deux seuls points : une réelle mise en difficulté des Kingsman par la grande méchante d’une part, et l’absence de la partie « apprentissage et formation » d’Eggsy d’autre part, qui représentait pourtant l’un des moments les plus intéressants de Services Secrets. Hormis ces deux changements – dont un qui n’est pas en faveur du Cercle d’Or – l’histoire globale reste très similaire au premier. Cependant, cela semble voulu par le réalisateur qui pousse même le vice jusqu’à reprendre presque plans pour plans une des scènes mythiques de Services Secrets.

Le second et dernier point faible de ce nouveau film réside dans le personnage du méchant. Outre sa manière d’agir, similaire (oui, encore !) à celle de Valentine (Samuel L.Jackson) dans Services Secrets, ce protagoniste est simplement moins bon, moins bien écrit. Julianne Moore offre une prestation qui n’est ni subjuguante ni épouvantable mais son rôle, celui de la cruelle Poppy, a le malheur de passer après Valentine. Ce dernier avait marqué les esprits et était un des meilleurs méchants de l’année 2015. Avec son zozotement, sa phobie du sang, son style vestimentaire atypique et des burgers McDonald comme plat préféré, ce véritable psychopathe nous apportait sur un plateau d’argent des situations complètement cocasses. Il était un élément marquant et fort du film. Poppy parait bien fade à côté de lui. Décevant de la part de Matthew Vaughn qui manie « l’art du méchant » comme on a pu le voir dans Services Secrets avec Valentine mais également dans Kick-Ass avec Red Mist (Christopher Mintz-Plasse).

Conclusion : malgré des petits bémols scénaristiques, Kingsman : le Cercle d’Or est largement à la hauteur du film de 2015 de Matthew Vaughn (le réalisateur planche d’ores et déjà sur un troisième film). La mise en scène reste un véritable plaisir pour les yeux. La multitude des gadgets des agents autorise le cinéaste à n’avoir aucune limite et à réaliser des scènes d’action aussi originales qu’époustouflantes. Le casting, lui, est toujours aussi performant que dans le premier épisode. C’est un quasi sans faute ; vivement le 3 !

Kingsman : le Cercle d’Or
De Matthew Vaughn
Sortie le 11 octobre 2017

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