[Critique] Jurassic World – Fallen Kingdom : une suite sombre et efficace

Alors que Solo, second spin-off de la saga Star Wars, sortait il y a deux semaines, il fait déjà place à l’un des autres blockbusters phares de l’année, Jurassic World: Fallen Kingdom. Autre renaissance d’un mythe de la pop culture, le premier Jurassic World (réalisé par Colin Trevorrow) cumulait plus d’un milliard de dollars de recettes, devenant ainsi le deuxième plus gros succès de l’année 2015 après… Star Wars : le Réveil de la Force. Pas le temps de se reposer sur ses lauriers : Trevorrow passe la caméra à J. A. Bayona (réalisateur espagnol dévoilé par Guillermo del Toro et L’Orphelinat) et reste au poste de scénariste, toujours sous la houlette du patron Steven Spielberg à la production. Au programme : une suite plus noire et recentrée autour du thème de la manipulation génétique.

Trois ans plus tard, quid d’Isla Nublar ? Owen (Chris Pratt) et Claire (Bryce Dallas Howard), héros du premier opus, sont en charge d’une mission de sauvetage pour mettre le plus de dinosaures à l’abri suite à l’éruption d’un volcan, qui menace de détruire l’île. Mais l’opération ne se passe pas comme prévu et cache des desseins plus sombres…

Nostalgie, c’est fini ?

Le premier Jurassic World signait la carte de l’émerveillement, avec la découverte d’un parc flambant neuf bâti sur les vestiges du projet de John Hammond – le créateur du premier Jurassic Park – des décennies plus tôt. De quoi jouer sur la carte de la nostalgie, en faisant retentir le thème inoubliable de John Williams lorsque la caméra de Colin Trevorrow déambulait çà et là dans les espaces (globalement en images de synthèse, mais passons…) de ce nouveau monde. Les principaux reproches que l’on pouvait faire à cette suite portaient avant tout sur son scénario, qui partageait bien des similitudes avec le film original signé Steven Spielberg

Si Fallen Kingdom joue moins sur la carte de la nostalgie, en faisant par exemple apparaître les mélodies de John Williams de manière plus discrète et parcellaire, son script reprend lui aussi certains points du Monde perdu, deuxième épisode de la trilogie originale. Il n’est pas question d’une autre île, puisque le film étend son terrain de jeu et emmène nos amis les dinos sur le continent.

Derrière cette décision se cache la volonté de passer à autre chose et de justifier ainsi pleinement le nom de cette nouvelle trilogie. Fallen Kingdom continue également d’utiliser le passé comme sous-texte de son scénario : comme dans le premier volet, de nouveaux dinosaures sont créés à partir d’anciennes espèces… tout comme Hollywood continue de faire du neuf avec du vieux.

Attention dino danger

Il n’y a donc pas vraiment de surprise en découvrant ce Jurassic World: Fallen Kingdom, d’autant plus que la dernière bande annonce du film en dévoile beaucoup trop. Force est de constater que Colin Trevorrow continue d’étirer un peu trop son maigre scénario : les quinze minutes de plus par rapport au précédent volet se font parfois sentir.

Il y a pourtant bien une chose que Fallen Kingdom réussit par rapport à son aîné, c’est sa mise en scène. La patte sombre et anxiogène de J. A. Bayona sied particulièrement à l’univers créé par Michael Crichton (auteur du roman Jurassic Park, et que l’on retrouve également derrière Westworld !) et parvient à nous arracher quelques frissons. Le trop plein de CGI (images de synthèse) du film de Colin Trevorrow est contrebalancé ici par le retour des dinosaures en animatronique (des marionnettes animées). L’ambiance sombre promise est là et ne déçoit pas.

On appréciera également les évolutions des personnages de Owen et Claire, et l’introduction de personnages secondaires attachants et surtout utiles à l’intrigue, Justice Smith et Daniela Pineda en tête. La petite Maisie, incarnée par Isabelle Sermon, est la plus marquante : son rôle témoigne une fois encore de l’attachement de J.A. Bayona à l’enfance et de sa capacité à propulser de jeunes acteurs sur le devant de la scène, comme Tom Holland dans The Impossible ou Lewis MacDougall dans Quelques minutes après minuit. Les interactions entre ces divers personnages tendent d’ailleurs à inverser les stéréotypes des anciens films d’aventure où le héros sauve tout le monde : c’est ici un travail d’équipe.

Conclusion : malgré un scénario sans réelle surprise, Jurassic World: Fallen Kingdom est sauvé par la patte de son réalisateur et son sens du spectacle.


Jurassic World: Fallen Kingdom
Un film de J. A. Bayona
Sortie le 6 juin 2018

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