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[Critique] Heavy : on n’était là que pour Sophie Turner

Après Elle Fanning et Shailene Woodley l’an dernier, Sophie Turner a été conviée au 45e Festival de Deauville pour y recevoir le prix du Nouvel Hollywood. Si les rôles de Sansa Stark dans la série Game of Thrones et de Jean Grey dans les derniers X-Men lui collent évidemment à la peau, l’actrice continue sa carrière au cinéma dans des films indépendants. Elle est ainsi venue défendre Heavy, premier long métrage du réalisateur Jouri Smit, dont elle tient l’affiche avec Daniel Zovatto, plus habitué à des seconds rôles (Fear The Walking Dead, Don’t Breathe, Here and Now). Et comment dire… ? On préfère encore revoir dix fois Dark Phoenix d’affilée que ça.

Lorgnant entre la romance et le thriller, Heavy dépeint le quotidien de Seven, un dealer de drogues habitué aux milieux mondains et de sa petite amie Maddie. Tous deux filent le parfait amour malgré toute l’illégalité de leur situation et de leurs activités… sauf qu’un deal entraîne Seven dans une spirale infernale où personne ne sera épargné.

N’est pas Tarantino qui veut

Attention : cette histoire se termine mal. De toute façon, ce n’est pas nous, mais Sophie Turner qui vous le dit. Et dans toutes les longueurs, en voix off, alors que les rues de New York défilent en vue aérienne, la nuit (où tous les chats sont gris et où, évidemment, tous les malheurs du monde ont lieu). Puis on voit son personnage mort, d’emblée, après une overdose. Admettons. Peut-être que ça ne l’empêchera pas d’avoir tout de même un rôle assez conséquent ? Et évidemment, on se demande bien ce qui a pu se passer. Comme si tout ça ne semblait pas déjà assez vu, Jouri Smit alourdit son film d’un chapitrage dont le lettrage jaune rappelle l’une de ses influences majeures : Quentin Tarantino. De la drogue, une histoire d’amour en péril, ça lui a aussi rappelé True Romance. Ok, c’est noté. Sauf qu’il est loin, très loin, de faire honneur à ses aînés. Parce que rien ne va dans ce film. Vraiment.

Car on n’a aucune envie de croire en un dealer qui passe son temps à écouler ses stocks en soirée aux yeux de tous, quasiment en train de crier ce qu’il a comme s’il s’agissait d’écouler des Dragibus, déjà. Encore moins concernant le casting de Daniel Zoppato qui n’a aucune crédibilité dans le rôle, d’autant plus lorsque son personnage perd complètement la raison dans la dernière partie du film. Quant à Sophie Turner, elle n’est qu’un fantôme, à la frontière entre personnage secondaire et figurante, cantonnée au rôle de « copine de » et « ex-junkie » que l’on a pris grand plaisir à filmer en culotte comme s’il s’agissait de faire la pub de la nouvelle collection La Redoute. Mais au moins, elle joue un peu mieux que les autres.

Parce qu’il ne fallait évidemment pas passer tout le film à voir nos deux tourtereaux se murmurer les plus grandes niaiseries de l’univers entre deux scènes de sexe, Heavy s’ajoute une intrigue digne d’un épisode de Walker Texas Ranger : des personnages qui sortent de nulle part, un vieux traquenard et des scènes d’action sortant des plus grands nanars, avec un Daniel Zovatto qui fait semblant d’être sous acides mais en fait des tonnes, prêtant plus à rire qu’autre chose. Bref, ramenez-nous Chuck Norris.

Conclusion : thriller prétentieux et à la lisière du nanar, Heavy ne vaut que pour la performance de Sophie Turner, qui sauve le ridicule de bon nombre de scènes.

Heavy
Un film de Jouri Smit
Durée : 1h35
Date de sortie inconnue


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