[Critique] Happy Birthdead : le meurtre sans fin

Après avoir produit deux des plus gros succès horrifiques de l’année, Split et Get Out, Jason Blum et sa société Blumhouse sont de retour avec l’un de leurs collaborateurs de longue date : Christopher Landon. Producteur et scénariste sur de multiples épisodes de la franchise emblématique de la compagnie, Paranormal Activity, et même réalisateur de son unique spin-off (The Marked Ones), Landon abandonne le found footage au profit du slasher movie, autre genre mythique du cinéma d’horreur… Popularisée par Halloween, Vendredi 13 ou encore la saga Scream, elles aussi prises dans la folie actuelle des suites et reboot à gogo, cette catégorie de film nous fait suivre les agissements d’un tueur psychopathe prêt à tout pour parvenir à ses fins.

La fin, c’est justement ce que souhaite éviter Tree, une étudiante comme les autres, dont la journée d’anniversaire tourne au cauchemar. Poursuivie par un tueur masqué, Tree se fait assassiner le soir venu. Elle se réveille alors en sursaut : ce qu’elle a vécu est pourtant bien réel, puisque la jeune femme est prisonnière d’une boucle temporelle. Chaque mort compte alors pour en découvrir davantage sur le tueur qui est à ses trousses…

« Ça me rappelle Une histoire sans fin ! »

Le concept de la boucle temporelle est désormais revenu à la mode au cinéma, d’Une histoire sans fin, inévitablement cité par l’un des personnages du film, au récent Edge of Tomorrow (la phrase d’accroche de son affiche – « Vivre. Mourir. Recommencer » – est d’ailleurs reprise sur celle de Happy Birthdead), en passant même par la comédie française avec La Colle. Ce procédé – s’il est utilisé à bon escient – doit contribuer à rendre le rythme d’un film plus dynamique, mais surtout ici plus surprenant. D’abord persuadée de rêver, Tree se rend compte qu’elle a la possibilité de revivre sa morbide journée d’anniversaire, vraisemblablement de manière infinie. Chaque mort marque donc le début d’une nouvelle opportunité, mais permet aussi de s’y retrouver parmi les suspects éventuels.

Appréhender la même journée sous un nouvel angle permet à notre héroïne de ré-envisager ses actes, tout en apprenant à chaque fois de nouveaux détails sur ses proches, mais également sur elle-même. Happy Birthdead surprend par son habileté à ménager son suspense tambour battant, tout en brouillant les pistes auprès du spectateur : le film semble être particulièrement conscient de basculer parfois dans la facilité, tout comme son héroïne qui souhaite à tout prix trouver un coupable. On est mené par le bout du nez, parfois trompé, on se moque aussi de l’accoutrement de Tree qui, l’espace de quelques minutes, se retrouve à épier son tortionnaire en véritable tenue de camouflage militaire.

Un slasher jouant de ses influences

Un tueur masqué qui sévit sur un campus universitaire, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Difficile de ne pas avoir dans la tête le second volet de Scream, dans lequel Sidney Prescott voyait ses vieux démons resurgir alors qu’elle débutait enfin une nouvelle vie. Impossible également de ne pas penser à la première saison de Scream Queens, de Ryan Murphy et Brad Falchuk, où les étudiantes d’une sororité, menée par Emma Roberts, étaient traquées par le « Red Devil »… mascotte de leur campus. Il en va de même pour Happy Birthdead, puisque le tueur utilise un masque à l’effigie de la mascotte de l’école, dont le visage de bébé particulièrement angoissant évoque celui de Chucky.

Le film de Christopher Landon sait où il va et ce qu’il emprunte de ses aînés : leur tueur masqué donc, mais aussi leur sens de l’auto-dérision. Les personnages de Happy Birthdead sont, à l’image des héroïnes de Scream Queens, complètement clichés. De l’amourette adultère avec un médecin (les hôpitaux universitaires réservent toujours des surprises à Hollywood) à la dirigeante de sororité complètement acariâtre et obsédée par son poids, en passant par le geek de service et le personnage gay refoulé, tout le monde en prend pour son grade. Happy Birthdead ne se prend donc pas au sérieux, et s’impose davantage comme un thriller qu’un film d’horreur : il n’est pas question d’assister à une boucherie morbide, mais plutôt à des mises à mort teintées d’ironie, tout en ménageant une certaine tension. Bien que l’intrigue de Tree soit close, la porte reste ouverte pour une éventuelle suite : Christopher Landon s’est bien gardé pour lui d’expliquer les raisons pour lesquelles son personnage principal revit cette journée…

Conclusion : faire revivre le slasher movie ? C’est fait. Happy Birthdead s’impose comme une belle surprise de cette fin d’année, juste après Halloween. De quoi rattraper la déception qu’a pu être I Wish cet été, et marcher dans les pas du succès de Ça.

Happy Birthdead (Happy Death Day)
Un film de Christopher Landon
En salles le 15 novembre 2017

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