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[Critique] Happy Birthdead 2 You : la mort frappera deux fois

L’an dernier, nous pensions l’histoire de Tree close après Happy Birthdead : se faire assassiner en boucle le soir de son anniversaire, c’est quand même pas banal. C’était sans compter sur l’appétit de Jason Blum, qui a flairé – une fois encore – le bon filon (le premier film a rapporté plus de 120 millions de dollars au box-office pour un budget d’à peine 5 millions) et laissé l’opportunité au réalisateur Christopher Landon de développer une suite.

Cette fois-ci, le cinéaste s’accapare également le scénario : Happy Birthdead 2 You voit donc son héroïne (incarnée par Jessica Rothe) plonger à nouveau dans cette boucle de l’enfer. Sauf que, malheureusement pour elle, tout ne se passe pas exactement de la même manière… Un supplice pour le personnage principal mais pas pour le spectateur ! Pour éviter la redite, Christopher Landon joue la carte de l’humour et la parodie, ce qui rend cette suite aussi efficace que son aînée.

Tromper le déjà-vu

Si vous n’avez pas vu le premier Happy Birthdead, aucun problème : Tree se fera un plaisir de vous récapituler sa sombre histoire en à peine quelques minutes, tout en rappelant ce qu’elle a d’absolument absurde. Le précédent film jouait déjà habilement avec les codes du « slasher movie » (sous-genre dans lequel un personnage, souvent masqué, commet des meurtres en série), avec un tueur masqué évoquant à la fois les sagas Scream ou Chucky, mais aussi ceux du « teen movie » en les tournant en dérision. On retrouve donc tous les personnages du premier volet, qui gagnent même du temps à l’écran : Carter (Israel Broussard), le petit copain de Tree, la détestable Danielle (Rachel Matthews) dans son rôle de cheffe de sororité (ou quasi dictatrice), Lori (Ruby Modine) l’étrange coloc de l’héroïne, les parents de Tree… Mais aussi de petits nouveaux qui forment la bande de Ryan (Phi Vu), le coloc bizarre de Carter qui a bien caché sa vocation d’inventeur farfelu.

Farfelu, c’est bien le mot qui définit Happy Birthdead 2 You Christopher Landon s’approprie complètement le matériau de base et retrouve le ton parodique et complètement assumé de l’un de ses précédents films, Manuel de survie à l’apocalypse zombie. Farfelue ? C’est le mot qui définit la raison pour laquelle la boucle temporelle a été créée. Farfelues ? C’est aussi le mot pour désigner les conséquences d’une nouvelle boucle temporelle dans la vie de Tree. Tout comme il correspond à ces manières que Tree a de passer de vie à trépas. Pour savoir comment sortir à nouveau de la boucle, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de se tuer – littéralement – à la tâche, tout en sachant les conséquences que ces actes ont sur son organisme. Il en résulte des scènes encore plus barrées que celles du premier volet.

Alors oui, Happy Birthdead 2 You comporte peut-être plus d’incohérences que son aîné, mais le fait qu’il ne se prenne vraiment plus au sérieux et se savoure amplement au second degré prend littéralement le dessus. Christopher Landon est tout à fait conscient de jouer avec des intrigues clichées et – c’est là aussi le cas de le dire – déjà vues ailleurs. Le scénario et son héroïne s’en moquent eux-mêmes : la lassitude de Tree face à certains retournements de situation en est le meilleur exemple. La question des dimensions parallèles l’amène inévitablement à remettre en cause sa propre existence, mais est-ce la vie qu’elle doit vraiment mener ?

Conclusion : Grâce à un changement de registre salvateur, Happy Birthdead 2 You s’impose comme une suite surprenante et généreuse. Certains éléments et une scène post-générique (ne partez pas tout de suite !) laissent présager un troisième volet encore plus fou… On en redemande ! 

Happy Birthdead 2 You
Un film de Christopher Landon
En salles le 13 février 2019

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