[Critique] Les Grands Esprits : rendez-vous en terre (in)connue

On sait peu de chose sur Olivier Ayache-Vidal, si ce n’est que Les Grands Esprits est son premier long métrage. L’enjeu d’une première œuvre comme celle-ci est avant tout d’affirmer sa place dans le paysage cinématographique français et donner l’élan et l’ouverture à une prochaine production, normalement plus ambitieuse. C’est pourtant un pari raté pour le réalisateur de cinquante-deux ans qui ne semble rien apporter d’innovant. Muni du même argument que Laurent Cantet lorsqu’il réalise Entre les murs – celui de satisfaire la curiosité du spectateur lambda quand il s’agit de découvrir les coulisses de la salle de classe – on a du mal à trouver le fond politique, même si celui-ci fait manifestement parti de ses ambitions.

François Foucault, Denis Podalydès, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite événements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +.  Le professeur ne semble pas plus envahi par l’envie de sauver l’éducation des banlieues que d’échapper à son propre milieu. Qui de mieux qu’un acteur sorti de la comédie française pour incarner ce personnage tout aussi coincé qu’ambitieux ? Si Denis Podalydès est le pilier central du film, sa performance n’empêche pas le film de vite s’écrouler.

Voyage pédagogique ou démagogique ?

Les Grands Esprits est un portrait sur les métiers de l’enseignement. Et en cela, il est réussi. Mais avec un tel projet, Olivier Ayache-Vidal  reste dans l’ombre de la longue liste de films sur l’éducation des banlieues. A la différence de Cantet, Ayache-Vidal se sert du déterminisme social pour bâtir une comédie, là ou Entre les Murs avait une vision plus noire du sujet. Mais le réalisateur ne fait que travestir son propos qui dans le fond, reste identique au film de Cantet.

Le film se construit selon la même structure narrative : le parcours du nouveau professeur croise celui d’un élève en particulier, croisement duquel accouche une amitié. Par ailleurs, Olivier Ayache-Vidal, comme Laurent Cantet avant lui, s’est familiarisé avec les élèves du lycée des mois avant le tournage, afin d’introduire la caméra dans l’espace « salle de classe » sans trop le perturber. Mais le recours à des acteurs non professionnels est une habitude que le public a assimilé, une fois de plus, rien d’innovant dans ce processus. Les Grands Esprits ne porte pas l’étiquette documentaire et pourtant on sort du film avec une liste de constats sur l’éducation nationale : enseignement classique dans les lycées fermés parisiens et classe préparatoire qui reste trop élitiste ;  recours à des méthodes pédagogiques variées pour attirer l’élève de banlieue… mais rien que nous ignorions.

Conclusion : difficile donc de s’émerveiller devant Les Grands Esprits, qui reprend là un mécanisme que l’on connait déjà bien.

Les Grands Esprits
Un film de Olivier Ayache-Vidal
Sortie le 13 septembre 2017


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