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[Critique] Good Boys : bisou, drogue et rock’n’roll

Ils sont trois, meilleurs amis, ils font les quatre cents coups ensemble… et viennent d’être invités à leur première soirée. Et qui dit première soirée, dit (peut-être) premier baiser. Du coup, Max, Thor et Lucas ont la pression ! Cependant, leur plan pour apprendre à embrasser ne se déroulera pas comme prévu et les embarquera dans des situations bien plus embarrassantes. Mais surtout : pas du tout de leur âge !

Tel est le pitch de Good Boys, première réalisation de Gene Stupnitsky. Scénariste sur The Office, on lui doit aussi le script de Bad Teacher avec son collègue de toujours, Lee Eisenberg. Une comédie dont les enfants acteurs n’ont même pas l’âge de voir sans leurs parents, puisque le film est Rated R (interdit aux moins de dix-sept ans sans accompagnant) aux États-Unis ! Avec l’équipe de Supergrave à la production (Seth Rogen, Jonah Hill, Evan Goldberg), Good Boys semble bien parti pour être la comédie trash de la rentrée…

L’âge des premières fois

À douze ans, Max, Thor et Lucas sont à une période charnière : cet entre-deux entre l’enfance et l’adolescence, et tout ce qu’il symbolise. La soirée à laquelle ils doivent assister est évidemment organisée par la bande la plus populaire de l’école. Il est alors question de s’intégrer, faire comme les autres, et ne pas passer pour des chochottes. De quoi bousculer le quotidien des garçons, qui ont vécu en vase clos, toujours les uns avec les autres, jusqu’à maintenant. Pour apprendre comment embrasser la fille de leurs rêves, les enfants espionnent leurs jeunes voisines… avec le drone du père de Max. Évidemment, là aussi, ça ne se passe pas comme prévu. Et voilà comment débute Good Boys, qui entraîne son trio dans une folle aventure pour remplacer un drone cassé et assister à cette fameuse soirée !

Autant dire que l’on n’imaginait pas voir Jacob Tremblay faire tomber le masque de l’enfant modèle. Célébré pour sa performance au côté de Brie Larson dans Room, et plus récemment à l’affiche de The Predator ou Ma vie avec John F. Donovan, le petit garçon prend la tête de ce trio… ou plutôt entraîne malgré lui ses amis dans une galère insurmontable. Good Boys a davantage l’air d’un film à sketchs, accumulant les gags improbables et explicites, plaçant les enfants dans des situations dans lesquelles ils ne devraient vraiment pas se trouver. Devant du porno, de la drogue ou bien devant des sex toys, les enfants réagissent toujours avec naïveté et surprise. On se serait cependant attendu à ce que le film aille un peu plus loin dans ses gags côté trash, jouant ainsi avec le principal argument avancé lors de la première bande-annonce : on y voyait Seth Rogen annoncer aux enfants qu’ils ne pouvaient pas voir le film dans lequel ils avaient joué… mais qu’ils pouvaient faire tout ce qu’ils avaient fait dedans. « Bienvenue à Hollywood ! », concluait-il…

Good Boys tire un très grand capital sympathie de la part de ses trois acteurs principaux : Jacob Tremblay donc, mais aussi de petits nouveaux, Keith L. Williams dans le rôle de Lucas, un garçon obstiné par les règles et dévasté par le divorce à venir de ses parents, et Brady Noon, qui joue Thor, et cache derrière son caractère de gros dur une voix d’ange. À travers cette étrange aventure, le film interroge avec pertinence les liens qui unissent les trois garçons à travers ce prisme du passage à l’adolescence. Les amitiés qu’on croyait éternelles le sont-elles réellement ? Peut-on s’ouvrir à d’autres personnes sans perdre son amitié ? Passer à l’adolescence, c’est aussi se rendre compte que l’on change, nos relations aussi, pour le meilleur comme pour le pire. Gene Stupnitsky et Lee Eisenberg semble fermer la porte à une éventuelle suite (mais avec Hollywood, on ne sait jamais !) et offrent un épilogue tordant, mais aussi assez représentatif de ce qu’est l’enfance !

Conclusion : si l’on s’attendait à un film un peu moins sage, Good Boys parvient tout de même à faire passer un très bon moment, plein de rires, et plutôt représentatif de ce qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence.

Good Boys
Un film de Gene Stupnitsky
Durée : 1h30
Sortie le 21 août 2019

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