[Critique] Forgiven : un devoir de mémoire inabouti

Après Le majordome ou Le dernier roi d’Écosse, l’acteur américain Forest Whitaker revient dans un nouveau rôle inspiré d’une personne ayant existé avec Forgiven. Il y prête ici Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix en 1984.

En 1995, fraîchement élu, le président d’Afrique du Sud Nelson Mandela décide de créer la commission de la vérité et de la réconciliation, visant à mettre un terme à l’apartheid. Il nomme l’archevêque Desmond Tutu président de la commission, lequel sera chargé d’auditionner d’anciens tortionnaires ayant commis des crimes.

Un sujet important

On ne dira jamais assez à quel point parler d’un sujet historique permet de continuer à le faire vivre, à ne pas oublier. Si le devoir de mémoire est indispensable, il peut permettre aussi de faire la paix avec un passé parfois récent. Dans Forgiven, nous sommes directement plongé dans l’Afrique du Sud des années 90. L’archevêque Tutu est, au début du film, déjà Nobel de la paix et reconnu dans tout le pays. De par son statut, il peut donc agir en toute objectivité. On découvre à travers ce long métrage le combat d’un homme qui cherche à faire obtenir justice à bon nombre de familles sud-africaines, ayant perdues des amis et des proches durant l’apartheid. Si le sujet est important, le film essaye tant bien que mal à lui rendre justice. On regrettera ainsi que le récit mette aussi longtemps à démarrer. Pendant la première demi-heure, on est baladé de séquences en séquences, se déroulant à des époques et lieux différents, sans connections apparentes. Il faudra attendre le dernier tiers du film pour comprendre où souhaitait en venir Roland Joffé, le réalisateur.

Passé la première demi-heure laborieuse, on assiste à un biopic assez efficace. L’intrigue s’articule finalement autour de la relation que noue Desmond Tutu et l’ancien tortionnaire Pit Blomfield (Eric Bana méconnaissable). L’archevêque tente d’obtenir ses aveux, mais le chemin vers la rédemption semble bien loin et pavé d’embûches. Les scènes de dialogues entre les deux protagonistes montrent le talent du cinéaste à capter chez ses deux grands acteurs des moments de vérité, des regards, des mouvements. Le film peut être assez dur, moralement, car rien ne nous est épargné, ni le récit des horreurs de l’apartheid ni quelques scènes assez crues. Forgiven est donc un film au sujet ô combien indispensable, mais qui échoue malheureusement à capter notre attention totale. Il souffre d’un problème de rythme assez évident et d’une mise en scène globalement décevante. Dommage, on attendait un peu mieux !

Conclusion : caché derrière une grosse couche de maquillage, Forest Whitaker interprète avec intensité l’archevêque Desmond Tutu. Un film historique assez brouillon, mais qui brille succinctement par son sujet et ses deux protagonistes principaux, dans des dialogues très touchants. 


Forgiven
Un film de Romain Jofre
Sortie le 9 janvier 2019

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