[Critique] Elvis & Nixon : Le choc des cultures

Dans la catégorie film improbable on demande cette fois Elvis & Nixon. Avec un titre aussi racoleur que son duo d’acteurs vedette, que vaut finalement ce film dont la seule histoire tient finalement en une seule photographie devenue iconique ? Silence Moteur Action vous donne un élément de réponse. 

1970. Elvis Presley déprime (et s’emmerde) grave dans sa villa luxueuse. Il regarde les infos l’œil hagard, effaré par une jeunesse américaine qui part en sucette. Ça l’agace tellement qu’il en flingue sa télé. La faute à une panne d’inspiration musicale, le chanteur le plus renommé du monde se lance dans une quête folle… Qui va le conduire de l’autre côté du pays pour rencontrer l’homme le plus puissant du monde : Richard Nixon. The King of rock’n’roll face à Tricky Dick. Deux pans de la légende américaine que tout oppose. Alors que le Président connaît une forte baisse de popularité auprès des jeunes, Elvis se présente à sa porte avec un projet. Ou plutôt une vision illuminée. Le King se rêve en agent fédéral infiltré. Nixon se bidonne. Le spectateur aussi.

Avec un sujet aussi ahurissant, la bonne idée (et la seule possible ?) de la réalisatrice Liza Johnson a été de raconter cette histoire sous la forme d’une comédie. Tout le long du film, le ton totalement décalé du sujet colle parfaitement au style narratif utilisé pour le raconter. Le pari était quelque part risqué. L’histoire tient une seule photographie. Celle la plus demandée à la Maison-Blanche. Ce qui méritait bien une petite réflexion sur l’envers du décor. Point d’orgue du film, la rencontre n’est finalement que prétexte à raconter la vie de deux hommes, même s’il se centre essentiellement sur Elvis, qui sont à la croisée des chemins. D’un côté un Président qui ne sait plus quoi faire pour redorer son blason. De l’autre, une rock star en pleine crise existentielle.

Pour camper ces deux figures emblématiques de l’Amérique, le casting est un sans faute. Kevin Spacey se montre toujours aussi à l’aise dans l’exercice présidentiel et Michael Shannon trompe une nouvelle fois son monde avec une prestation mémorable. L’acteur a eu la meilleure des idées : incarner Elvis sans faire du Elvis. Et ça fait mouche. Le film offre alors un nouveau point de vue que l’on ne connaissait pas sur ces deux hommes, avec un mythe commun qui pèse finalement lourd sur leurs épaules de grands ados attardés. Deux monolithes rendus accessibles au spectateur par l’intermédiaire des petites mains qui ont tout mis en oeuvre pour que cette rencontre surréaliste se produise. Même si le film s’attarde un peu trop sur le personnage joué par Alex Pettyfer, les prestations d’Evan Peters et de Colin Hanks réjouissent. Et pour la rencontre en elle-même, on restera muet pour permettre au spectateur de savoureux ce grand moment de n’importe quoi au sommet des plus hautes instances du monde.

Pour conclure : Aussi décalé que son sujet, Elvis & Nixon se révèle être une surprise agréable. Comédie drôle et touchante, qui si elle s’égare parfois en chemin, offre avant tout un nouveau regard sur deux légendes américaines que tout oppose.

Note : 3/5

Elvis & Nixon. De Liza Johnson. Avec Michael Shannon, Kevin Spacey, Alex Pettyfer… 1 h 25. 

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