[Critique] Détective Dee 3 : le plus grand blockbuster de l’été est chinois !

Et si le plus grand blockbuster de cet été (ou peut-être même de l’année) ne venait pas des grandes majors américaines mais… de la Chine ? Avec Détective Dee, Tsui Hark renoue avec les sagas à succès, après celle des Il était une fois en Chine pour laquelle il collabora avec un acteur phare du cinéma d’action asiatique : Jet Li. Nous retrouvons le Dee rajeuni du second volet, incarné par Mark Chao (après Andy Lau) ainsi que son acolyte et apprenti médecin Shatuo (Gengxin Lin). Les deux hommes se lancent dans une nouvelle enquête pas comme les autres, au cours de laquelle Tsui Hark déploie toute la richesse et la générosité de sa mise en scène.

Une vague de crimes perpétrée par des guerriers masqués terrifie l’Empire de la dynastie des Tang. Alors que l’impératrice Wu est placée sous protection, le Detective Dee part sur les traces de ces mystérieux criminels. Sur le point de découvrir une conspiration sans précédent, Dee et ses compagnons vont se retrouver au cœur d’un conflit mortel où magie et complots s’allient pour faire tomber l’Empire…

Dee donc, on attend pas Tsui Hark ?!

La Légende des Rois Célestes débute tout juste là où le second Détective Dee s’était achevé : sacré serviteur par l’Impératrice Wu, Dee s’est vu remettre une épée qui symbolise son pouvoir et son rang, Dragon Docile. Or celle-ci attire la convoitise de ravisseurs aux sombres desseins… S’agissant donc d’une suite directe, ce troisième opus nous permet de retrouver bon nombre des personnages introduits précédemment : la tumultueuse relation entre Dee et l’Impératrice est une fois encore au centre de l’intrigue et les deux personnages continuent de jouer chacun de leur autorité respective. Carina Lau incarne cette femme de pouvoir avec la même splendeur… et la même froideur, aussi. Dee fait toujours équipe avec le maladroit Shatuo et Yuchi (Sheng Shaofeng), l’autre serviteur privilégié de l’Impératrice.

Tsui Hark prend plaisir à faire évoluer les relations entre ses personnages : alors que tout opposait Dee et Yuchi, ce dernier étant aveuglé par sa jalousie envers le jeune détective, les voici désormais prêts à se battre l’un au côté de l’autre. Tout ce troisième volet contribue à créer un réel « effet de bande » en unissant ces personnages. Shatuo, qui se distinguait par ses maladresses, est ce même personnage un peu loufoque et frappé par bon nombre de malheurs. Mais Hark lui accorde cette fois de vrais et beaux moments de gloire, ainsi qu’une relation ambiguë avec une jeune femme mystérieuse, interprétée par Ma Sichun. Une femme d’action, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et que Tsui Hark ne manque pas de sublimer. Chaque épisode de Détective Dee voit naître des héroïnes que le réalisateur place au centre de son récit (il avait fait réécrire le script du premier film pour faire figurer le personnage de l’actrice Li Bingbing !) tout en détournant les clichés et stéréotypes de la représentation féminine. Prends ça, Hollywood !

La maîtrise de l’illusion 

Faire fi des conventions, c’est bien là que repose le génie de Tsui Hark, qui fait de Détective Dee un mélange de bon nombre de genres et de tonalités, auxquels correspondent chacun leurs codes. Hark emprunte aux séries et films policiers avec des scènes d’investigation typiques : la recherche d’indices, dévoilés en gros plan, et la reconstitution d’un crime en accéléré, par exemple. À cette intrigue policière, qui sert de toile de fond, s’adjoignent quelques incursions vers le fantastique et le gros du film, bien entendu, les scènes d’action. De véritables morceaux de bravoure au cours desquels le réalisateur met à contribution l’usage de la 3D d’une manière que l’on ne voit que trop rarement au cinéma. Loin d’être un simple argument marketing, La Légende des Rois Célestes est pensé pour être vu dans ce format. Hark joue des effets de profondeurs pour accentuer la grandeur de ses décors et la décadence de ses scènes d’action, mais cet usage de la technologie sert aussi l’histoire.

Les principaux antagonistes de l’intrigue sont un groupe de magiciens prêts à manipuler les esprits pour parvenir à leurs fins. Il est alors autant question de manipulation de l’image, les effets spéciaux étant par essence censés duper le spectateur, qui doit croire en ce qu’on lui montre. Les dragons géants, les monstres et les grands singes ponctuent les batailles de ce Detective Dee, qui fourmille de pépites visuelles. La bataille finale et ses scènes hallucinatoires apparaissent comme l’apogée de cette manipulation, où réalité, divinité et illusions s’opposent. Un spectacle au sens premier du terme, et de tous les instants.

Conclusion : Véritable pied de nez à Hollywood (dont Tsui Hark reprend toutefois les codes après les scènes post générique et la mise en place d’un véritable univers appelant aux suites), Détective Dee : La Légende des Rois Célestes impressionne par la générosité de sa mise en scène et son sens du spectacle.


Detective Dee : La Légende des Rois Célestes
Un film de Tsui Hark
En salles le 8 août 2018

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