[Critique] Darkest Minds – Rébellion : la saga young adult au rabais

Après la fin du Labyrinthe et l’annulation du dernier film Divergente (au profit d’une adaptation sur le petit écran qui peine à voir le jour), les adaptations de sagas littéraires pour adolescents se font un peu plus rares au cinéma. D’autres comme Les Chroniques de Shannara ou Shadowhunters se sont tournées directement vers le format série, pas vraiment pour le meilleur puisqu’elles sont désormais toutes deux annulées. L’échec de La Cinquième Vague avec Chloe Grace Moretz il y a quelques années semblait déjà marquer un ras le bol des dystopies sur grand écran : des adolescents livrés à eux-mêmes dans un monde post-apocalyptique (ou du moins menaçant), nous en avons eu à toutes les sauces.

La saga Darkest Minds (d’après les romans d’Alexandra Bracken, intitulés Les Insoumis en VF) est donc la nouvelle proie d’Hollywood. Sur l’affiche, seul le fait que le film ait les mêmes producteurs que Stranger Things et Premier contact – audacieux mélange – est mis en avant. Et pour une fois, une adaptation de livres pour ado est mise en scène par une femme réalisatrice, Jennifer Yuh Nelson. Au premier plan : une jeune héroïne noire, incarnée par Amandla Stenberg (la petite Rue du premier Hunger Games a bien grandi !). Sur le papier, enfin du renouveau, et du progrès dans la représentation des diverses communautés américaines. Mais sur le papier seulement…

Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleur en fonction du danger qu’ils représentent pour la société, et parqués dans des camps. Ruby, l’une des plus puissantes d’entre eux, parvient à s’en échapper pour rejoindre un groupe de jeunes en fuite à la recherche d’un refuge. Rapidement, cette nouvelle « famille » réalise que fuir ne suffira pas dans un monde où les adultes au pouvoir les ont trahis. Ils vont mener une rébellion, unissant leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur avenir.

On prend les mêmes et on recommence…

S’il fallait résumer le premier volet de Darkest Minds en une expression, ce serait sans aucun doute de la poudre aux yeux. Une heure et quarante-cinq minutes de vent, ou plutôt une accumulation de scènes déjà vues en long, en large et en travers ailleurs. C’est un peu comme si l’on mélangeait tous les éléments des dernières sagas à succès, or la recette frise cette fois l’indigestion. Les enfants sont triés par couleur (les classes façon Divergente) suite à l’apparition d’une maladie inconnue (Le Labyrinthe et La Cinquième Vague) qui leur accorde des facultés extraordinaires. Évidemment, l’héroïne s’enfuit. Évidemment, elle est aidée par des rebelles (la Main Noire, que d’audace !) dont elle doute des réelles intentions (comme dans toute dystopie). S’en suit une série de péripéties basculée sur pilote automatique qui ne réserve strictement aucune surprise quand on est habitué du genre.

Malgré toute la bonne volonté de la jeune Amandla Stenberg (que l’on retrouvera dans le très prometteur The Hate You Give à la fin de l’année) et de Mandy Moore (la maman modèle de This is us qui est cette fois à la tête de la rébellion), il est bien difficile de croire à ce qui se passe tant le film s’enfonce dans les stéréotypes autant dans le scénario (la relation amoureuse avec le premier garçon que l’héroïne croise !) que dans la forme (ces scènes ponctuées d’une bande sonore des derniers tubes qui ne colle pas du tout au sujet). Quel gâchis de voir Gwendoline Christie, méconnaissable dans un rôle d’antagoniste inutile tant elle n’a aucun impact sur l’intrigue, avec à peine deux scènes à l’écran. Dommage aussi que la réalisation soit complètement aseptisée et sans aucun éclat, avec des effets spéciaux bâclés. Il ressort l’impression de voir une vaste bande-annonce appelant à la suite (tous les moments importants du film figurent par ailleurs dans le trailer).

Conclusion : Accumulation de stéréotypes et de scènes déjà vues, Darkest Minds : Rébellion prouve que les adaptations de romans pour jeunes adultes sont dans une impasse à Hollywood. Ce malgré un beau propos sur la différence, la masculinité toxique et une volonté de mettre enfin en avant des personnages issus de minorités. 


Darkest Minds : Rébellion
Un film de Jennifer Yuh Nelson
En salles le 8 août 2018

Également en salles le 8 août :


Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *