[Critique] Dans la brume : éclaircie dans le cinéma français

Moins d’un mois après le délicieux La Nuit a dévoré le monde, le film de zombies made in France, et après les films de genre réussis qu’étaient Ghostland, Les garçons sauvages et Les bonnes manières, voici venir l’un des premiers films catastrophe français : Dans la brume.

Dans un avenir proche, Mathieu (Romain Duris) revient du Canada à Paris avec la promesse d’un traitement pour sa fille malade. Alors qu’un séisme frappe la ville et qu’une brume toxique s’élève du sous-sol, Mathieu, sa femme Anna (Olga Kurylenko) et sa fille n’ont pas de choix que de se réfugier aux derniers étages du bâtiment… Ainsi commence leur épopée pour survivre.

Un vrai film catastrophe

Dès son postulat de base, dès son titre assez évocateur, dès son affiche, Dans la brume s’inscrit dans une longue continuité de films catastrophe qui voit une famille lutter pour sa survie. Et pourtant, cette fois-ci, quelque chose surprend : l’action se déroule à Paris. À l’instar de La nuit a dévoré le monde (Dominique Rocher, son réalisateur, a écrit le scénario de Dans la brume), nos personnages sont coincés en haut d’un immeuble haussmannien.

Le cadre surprend : jamais nous n’avions vu Paris filmé ainsi. Tandis que la brume s’étend sur la ville lumière, la caméra n’a de choix que d’elle-même s’élever. On découvre à travers les toits de Paris un univers visuel inédit, avec des plans larges mémorables de la ville. Mais la hauteur n’est là que pour nous permettre de reprendre notre souffle, avant de plonger sous la brume ; la caméra possède une dualité, entre d’un côté des plans très calmes, posés, presque reposants au-dessus de la brume, et de l’autre une mise en scène énergique, une caméra vivante, toujours en perpétuel mouvement – que ça soit par des travellings circulaires, des panoramiques – sous la brume. Mais, dans les deux cas, un même sentiment de caméra flottante règne. Preuve, s’il en fallait une, d’une direction artistique poussée et très aboutie, grande force du film.

L’évolution de l’homme

Mais si le film réussit à imposer son univers esthétique, à réinventer Paris, il marque aussi par sa morale. Un message écologique, un message d’amour et de transmission de génération. Dans la brume réussit à mixer avec brio le grand spectacle des blockbusters américains et l’écriture efficace des personnages à la française.

Cependant, on reprochera – évidemment – au film ses lacunes, tantôt dues à la promesse qui nous était faite et à des erreurs qui auraient pu être évitées. Le scénario souffre notamment de dialogues parfois niais et peu crédibles ainsi qu’un manque évident d’explication. Installer un contexte, donner des antécédents aux personnages était nécessaire, mais donner plus de renseignements sur certains éléments aurait aussi dû l’être : de quoi souffre la jeune fille ? Pourquoi est-elle dans une bulle stérile ? Qu’est-ce que le séisme ?

Enfin, là où la promotion du film vendait un film extrêmement rythmé, Dans la brume est un film plus contemplatif. Les quelques scènes d’action sont saisissantes, mais ne sont pas assez nombreuses. On se demanderait aussi si l’histoire racontée était celle qu’il nous fallait : à deux reprises, on aperçoit des groupes de personnages dont le récit aurait pu être plus captivant que cette famille. Des spin-offs de prévus ?

Malgré tout, Dans la brume impressionne et s’impose comme un film à grand spectacle réussi, à la morale intelligente, qui rappelle la pépite londonienne sortie l’année dernière en catimini chez nous : The Last Girl, ou comment la science-fiction permet d’évoquer avec brio le darwinisme, l’évolution de l’espèce humaine, nos propres plafonds de verre et prisons que l’on se construit… tout en étant un grand divertissement tout public !

Conclusion : en bref, Dans la brume est une réussite. Presque du jamais vu en France ! Un film qui va au bout de son concept, qui ose et renouvelle le genre. Des faiblesses d’écriture n’enlèveront pas au film d’être l’un des immanquables de cette année ! 


Dans la brume
Un film de Daniel Roby
Sortie le 4 avril 2018


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One thought on “[Critique] Dans la brume : éclaircie dans le cinéma français

  1. Concernant les explications de: « quelle est la maladie de leur fille ? » et « pourquoi est-elle dans une bulle? », ils le disent au début du film, elle souffre du syndrome de Stim Berger, une maladie auto-immune. Elle doit donc vivre dans une bulle car sont système immunitaire est trop faible pour supporter la moindre infection/ contagion.

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