[Critique] Creed : Stallone et le dernier KO

Quarante ans après le premier volet de Rocky, le mythe ressuscite grâce à Creed. Sylvester Stallone invite Michael B. Jordan dans le rôle du fils de son vieil ennemi, Apollo Creed. Une forte attente pesait sur ce septième épisode. À la surprise générale, le film de Ryan Cooger parvient à ressusciter le mythe Balboa. Silence Moteur Action a grimpé sur le ring, enfilé ses gants et a malgré tout pris quelques coups.

On pensait qu’avec 2015 terminée, les studios hollywoodiens allaient se lasser des vieilles recettes. L’année écoulée a quand même vu des classiques des années 80 revenir à la vie et en plus ou moins grande forme. Georges Miller a remis Mad Max au gout du jour avec son Fury Road ; Star  Wars a réveillé sa force grâce à la patte de J.J Abrams. Du côté du retour manqué, Terminator aurait mieux fait de ne pas revenir. Jurassic World a confirmé que certaines choses devraient rester éteintes. Rien de nouveau sous les tropiques. Le coup du héros qui revient, ou du film à qui il faut « redonner une nouvelle jeunesse », le spectateur en a soupé récemment.

Le menu n’a pas été modifié pour 2016. Ce début d’année le montre avec le champion toute catégorie, Rocky. Pardon, Creed. Stallone a raccroché les gants et entraîne Adonies, le fils de son meilleur ennemi  Apollo Creed. Quarante années séparent le premier combat de Balboa et l’arrivé de Michael B Jordan sur le ring. Là où il aurait été aisé de se planter magistralement, Ryan Coogler réussit le tour de force. Alors en effet, ça sent le réchauffé. Rien dans le scénario ne surprend. Mais quel uppercut ! Dans l’esthétique, rien de neuf sous le soleil. Les combats provoquent néanmoins des sueurs froides. Si Adonis se perfectionne en se battant contre son reflet dans le miroir de la salle de son mentor, le réalisateur fait de même. Il filme Michal B Jordan boxant comme si sa caméra devenait des poings. Son outil devient son plus grand ennemi.

Sly et Jordan, comme père et fils

Stallone a beau être critique, moqué et imité, il reste grand. Peu aurait pu reprendre un rôle si marquant sans le rendre ridicule. Son second degré, présent dans ses Expendables, le met à son avantage. L’humour de Stallone rend drôle cette suite tardive. Le contraste entre génération devient le cœur de Creed. Un élément omniprésent à Hollywood récemment, notamment dans Star Wars VII.   La vraie star de Creed est bel est bien Michael B Jordan. Le jeune acteur aime varier son répertoire. De Fruitvale Station, déjà sous la direction de Ryan Coogler, aux quatre Fantastiques, il y a un monde.

Le passage de relai fonctionne. Jusqu’à cette dernière scène où les deux boxeurs montent les mythiques marches de ce monument de Philadelphie. Tout le monde revoit la scène ou Rocky les gravit. En 2016,  le jeune Adonis aide l’ancien Balboa à les monter, faisant de la place au nouveau venu. Et si en cette nouvelle année, le cinéma de papa voulait bien tirer sa révérence? Le spectateur un peu las pourrait alors découvrir des scénarios originaux, issus de l’esprit d’un scénariste et non d’un livre/comics/suite-prequel/jeu de société. Une résolution qui à la vue du programme de 2016 semble bien difficile à tenir.

Creed, le 13 janvier au cinéma.
Un film de Ryan Coogler, avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone…

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