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[Critique] Countdown : on ne peut échapper à son destin

Nombre de sagas horrifiques tentent de se relancer aujourd’hui après plusieurs années d’absence : un reboot de Destination Finale est en cours d’écriture par d’anciens scénaristes de Saw, dont un neuvième volet sortira l’an prochain, tandis qu’un cinquième Scream est en projet. Entre elles se construisent tout de même de nouvelles franchises, bien souvent signées Blumhouse (Happy BirthdeadAmerican Nightmare…), qui ne renient pas l’influence qu’ont pu avoir ces aînés.

C’est le cas de Countdown, premier long métrage écrit et réalisé par Justin Dec. Son pitch est tout simple : dans une ère du tout connecté où quasiment toute question trouve sa réponse via une application, et si l’une d’entre elle vous permettait de connaître la date exacte de votre mort ? Lorsque Quinn (Elizabeth Lail), une jeune infirmière, télécharge l’application et voit qu’il ne lui reste que trois jours à vivre, elle pense évidemment à une mauvaise blague… Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que ce jeu est bien réel, et qu’il lui faudra échapper à la Mort coûte que coûte.

Un bon concept malgré quelques bugs

Quand on voit Countdown, il est difficile de ne pas penser à deux autres œuvres récentes. Le premier épisode de la troisième saison de Black Mirror, « Nosedive », nous faisait suivre Bryce Dallas Howard en pleine descente aux enfers dans un monde où chacun passe son temps à se noter les uns les autres, et où toute mauvaise note signifie un potentiel rejet de la société. Dans un autre registre (et peut-être plus proche de la cible de Countdown), le film Nerve montrait des adolescents prêts à remplir les défis les plus fous, quitte à frôler la mort, pour des likes et… de l’argent. Justin Dec rejoint cette idée de l’hyper-connection en y reliant d’autres sujets d’actualité, tels que la protection de nos données personnelles et la manière dont nous les cédons à chaque fois que nous souscrivons à un réseau social sans jamais prendre le temps d’en lire les conditions d’utilisation. À cela s’ajoute, avec plus ou moins d’efficacité, le traitement des fake news et la question du harcèlement au travail (le docteur Sullivan, supérieur de Quinn, incarné par Peter Fascinelli, est un pervers narcissique de première catégorie).

Tel un virus impossible à supprimer, l’application Countdown prend (littéralement) possession du téléphone de ses utilisateurs, et tout manquement à ses règles peut s’avérer terrible pour eux. Le concept du film est, en lui-même, vraiment très intéressant : si l’on souhaite échapper à son destin de quelque manière que ce soit, et contrer la date que l’application vous dévoile, la mort se met à vous chasser sous différentes formes et à compenser ce qui aurait dû vous arriver. L’autre belle trouvaille, c’est d’effectivement montrer ce qui aurait dû arriver aux personnages qui veulent fuir leur mort annoncée. C’est en cela que Countdown rejoint la saga Destination Finale, dans laquelle la mort chassait un par un les survivants d’une catastrophe surnaturelle (l’explosion d’un avion, un accident dans des montagnes russes, la chute d’un pont…), sauvés par l’un d’entre eux après avoir eu une vision de ce qui allait se produire. Ici, pas de don surnaturel, il faudra juste utiliser ses méninges pour survivre.

Malgré ce concept aguicheur, Countdown s’enlise dans un ton semi-sérieux, semi-comique qui ne marche que très peu et empêche l’épouvante de s’immiscer. D’autant plus que l’horreur ne se manifestera que par des jumpscares bien trop appuyés par une musique tonitruante, pour être sûr de bien faire sursauter le spectateur. Les scènes de mise à mort sont également le pendant pauvre du film, soulignant à la fois son manque de moyens (un « petit » budget de 6 millions de dollars) et sa volonté de ne pas être trop gore, probablement pour échapper au « rated R » (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), l’interdiction la plus importante aux États-Unis. Les personnages assez fades et leurs interprètes peu enthousiastes n’aident pas vraiment non plus. Et pourtant, on aurait tout de même envie de voir l’univers du film s’étendre et se donner les moyens de ses ambitions.

Conclusion : malgré un humour trop prononcé et des scènes d’épouvante un peu faibles, Countdown vaut le coup d’œil pour son concept intéressant, bien que fort inspiré par Destination Finale. Peut-être qu’une suite avec plus de moyens lui serait bénéfique…

Countdown
Un film de Justin Dec
Durée : 1h30
Sortie le 13 novembre 2019

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