[Critique] Coco : il n’y a rien de plus beau que la famille !

2017, encore une double ration de la part des studios Disney Pixar ! Après le dernier volet d’une des franchises phares de la firme, Cars 3, c’est au tour d’une création complètement originale de se dévoiler sur nos écrans. Six années de travail ont été nécessaires pour mettre au jour les aventures de Miguel, un jeune garçon mexicain décidé à vivre de son rêve, la musique, malgré les réticences de sa famille. Deux réalisateurs sont aux manettes : l’inénarrable Lee Unkrich, l’une des têtes pensantes du studio que l’on a déjà trouvée derrière 1001 pattes et la trilogie Toy Story, et Adrian Molina, fidèle collaborateur de Pixar qui se retrouve propulsé pour la première fois à la réalisation.

La dernière fois que les studios Pixar nous ont proposé deux films en un an, c’était en 2015 : le public découvrait alors Vice-Versa, immense succès critique et public dont les qualités émotionnelles ne sont plus à prouver. Mais il y eut aussi Le Voyage d’Arlo, dont la réception fut bien plus mitigée. Cela n’a pas échaudé le studio, qui a désormais pour ambition de sortir deux films tous les trois ans. Deux nouveaux longs métrages nous attendront donc en 2020, après les très attendus Indestructibles 2 l’année prochaine, puis Toy Story 4 en 2019 (malgré une production mouvementée suite aux dernières affaires concernant John Lasseter). Qu’en est-il donc pour Coco ? Quoi qu’il arrive, prévoyez vos mouchoirs. Vous en aurez certainement besoin.

Retrouvez le compte-rendu de notre rencontre avec Adrian Molina et Darla K. Anderson, co-réalisateur et productrice de Coco !

Bienvenue au Mexique !

Jamais un film d’animation Pixar n’aura été autant porté par la musique : on se souvient toutefois de certaines mélodies cultes comme « Je suis ton ami », à travers la trilogie Toy Story ou les chansons fredonnées par Mérida dans Rebelle. Porté par le désir de vivre de la musique, comme son idole Ernesto de la Cruz, le petit Miguel joue de la guitare caché dans un grenier, où s’accumulent les coupures de presse et vidéos de son musicien fétiche. Un apprentissage par l’imitation, à défaut de bénéficier d’un véritable tuteur : Miguel se plaît à reprendre les mouvements de jeu de de la Cruz, ses mimiques et répliques, dans un réalisme criant. Comme nous l’avaient expliqué le co-réalisateur du film Adrian Molina et la productrice Darla K. Anderson lors du Festival d’Annecy, les équipes d’animation ont passé beaucoup de temps à retranscrire au mieux les gestes de guitaristes lorsqu’ils jouent de leur instrument.

La musique tient un rôle à part entière dans l’intrigue, qu’il est bien évidemment de bon ton de ne pas dévoiler. Coco ressemble ainsi un peu plus à un film Disney « classique » qu’à un Pixar, grâce à cet attachement à la chanson. Les ressemblances ne sont pas anodines, puisque le studio s’est offert la plume de Kristen Anderson-Lopez, à qui l’on doit la désormais inoubliable chanson de La Reine des Neiges, « Libérée, délivrée » (désolé si l’on vient de vous la remettre dans la tête pour le reste de la journée…). Quant aux compositions de Michael Giacchino, celles-ci sont le miroir du grand travail d’investigation mené par les équipes de Pixar afin de délivrer un film dont la représentation de la culture mexicaine soit la plus authentique possible.

Je ne vous oublie pas (non, jamais)

Le monde de Coco se veut foisonnant de couleur et festif, malgré la gravité du sujet abordé qu’est la mort de notre famille. Une fois par an, lors du traditionnel Día de los Muertos (Jour des Morts) mexicain, le Monde des Vivants cherche à établir un lien avec celui des défunts dans le but de se réunir et de célébrer sa famille, tout en se remémorant les moments passés. Les pétales de fleurs et bougies s’accumulent afin de guider les esprits vers les leurs, ainsi que leurs « ofrendas », une collection d’objets et de photographies servant à entretenir le rituel établi par les vivants. Le Monde des Morts est tout aussi lumineux et grandiloquent que l’esprit du rituel lui-même. Sous l’impulsion d’Ernesto de la Cruz, excentrique au possible, la fête ne s’arrête jamais ! D’autres caractères extravagants, comme l’artiste Frida Kahlo, sont « ressuscités » par les équipes de Pixar pour des scènes improbables.

Grand challenge pour l’animation, les squelettes permettent d’aborder la question de la vie après la mort de manière plus comique : leur corps se désagrège, tombe en lambeaux, et nourrit de nombreux gags comme avec le chien Dante. Coco n’en oublie pas pour autant le fond du sujet : que devenons-nous pour notre famille, et les générations qui nous suivent, après notre mort ? Nos petits-enfants et arrières-petits-enfants parviendront-ils à se souvenir aussi de nous ? En ce sens, Coco, l’arrière-grand-mère de Miguel, concentre à elle seule tous les enjeux de cette intrigue puisqu’elle est le plus vieux membre de la famille encore en vie.

Une fois encore, les studios Pixar renouent avec les thèmes qui leur sont chers : la famille, les amis, les relations que nous tissons les uns avec les autres. L’émotion est au rendez-vous, avec un dernier quart de film qui vous arrachera presque autant de larmes que la fin de Toy Story 3 ou de Vice-Versa. De quoi pardonner les quelques errances du scénario, qui souffre de quelques longueurs, ou de retournements parfois simples à deviner. Il s’agit avant tout d’une intrigue familiale, et tout porte à croire que Coco emprunte certains ressorts dramatiques incontournables des fameuses « telenovelas », ces feuilletons un peu nanardesques sur fond de trahisons familiales, d’histoires d’amour et consorts. Alors qu’importe, l’attachement que l’on ressent pour Miguel et sa famille est bien trop grand. Les performances du jeune Andrea Santamaria, voix française de Miguel, et celle de son acolyte Ary Abittan dans la peau d’Hector sont tout à fait réjouissantes.

Conclusion : encore un carton plein pour Pixar, avec un film qui ravira petits et grands en ces fêtes de fin d’année. Coco représente une belle entrée en matière à travers la culture mexicaine pour les enfants du monde entier, tout en abordant des thèmes avant tout universels.

Coco
Un film de Lee Unkrich et Adrian Molina
Sortie le 29 novembre 2017


Vous aimez les films d’animation ? N’hésitez pas à découvrir nos articles ci-dessous :


Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

16 Partages
Partagez16
Tweetez