[Critique] Le Chasseur et la reine des glaces : Il était (encore) une fois

Et un conte de plus. Au rayon des suites dispensables, c’est à dire pas franchement attendues, voici venir Le Chasseur et la reine des glaces. Un film accouché dans la douleur et qui a la lourde tâche de succéder au sympathique Blanche-Neige et le chasseur. Que vaut le rustre au cœur tendre sans sa belle ? Silence Moteur Action vous répond.

Avant toute chose, notamment de battre le fer bien chaud de la critique, il est crucial de s’épancher quelque peu sur Hollywood et sur cette maladie verdoyante qui consume la colonne la plus célèbre au monde. Hollywood se veut écologique. Hollywood recycle. À la pelle. Une qualité louable si elle n’en devenait pas usante. Depuis le Alice au pays des merveilles de Tim Burton, les contes traités en live et non en animé sont à la mode. Jugez plutôt : Le Chaperon rouge, Blanche Neige, Blanche-Neige et le Chasseur, La Belle et la Bête, Maléfique, Into The Woods, Cendrillon, Pan et on en passe. Sans compter l’agenda bien chargé qui s’annonce. Le tout en à peine 5 ans. Il va sans dire qu’il n’y a pas que chez les héros en collants qu’on frise l’overdose.

Ceci étant posé, il est temps de se tourner vers ce bon vieux chasseur. Lui qui il y a déjà 4 ans avait volé la vedette à un certain prince. Le temps d’un baiser humide avec cette jeune colombe de Blanche-Neige. Autant dire qu’après un énième « tout est bien qui fini bien », on ne s’attendait pas à le retrouver en solo. Mais une autre histoire, bien réelle cette fois, sur fond de cocufiage people a eu raison de Blanche-Neige (Kristen Stewart) et du réalisateur du premier film Rupert Sanders. De quoi mettre les muscles de Thor en avant garde !

Le film s’ouvre sur l’histoire de deux sœurs. De deux reines. La maléfique Ravenna (Charlize Theron) et sa cadette, plus douce, Freya (Emily Blunt). Douceur qu’un chagrin d’amour un brin sadique va transformer en belle au cœur de glace. Désireuse de sortir des jambes interminables de sa grande sœur, elle part se forger son propre royaume. En guise de compagnie, elle s’entoure de jeunes bambins qui deviendront son armée personnelle. Elle les forge à son image. À bannir tout sentiment. C’est là qu’est élevé le futur chasseur Eric, avec Sara (Jessica Chastain). La paire, très efficace en terme de bourre-pif, devient vite la favorite de la reine. Mais comme tout règlement est bon à être enfreint, ses poulains vont lui faire le (dé)plaisir de s’aimer. À grands coups d’échanges buccaux dans une source à l’eau aussi chaude que leurs hormones. De quoi fâcher toute rouge la reine. Et pour Eric, il est temps de prendre la tangente. Bien des années plus tard, tout ce petit monde va se recroiser sur fond de vengeance et de miroir magique à détruire.

Un prequel-suite et plus si affinité

Ce qui frappe d’entrée avec le film, c’est ce qui est attaché à son titre : Les chroniques de Blanche-Neige. Autrement dit, le studio Universal se lance lui aussi dans la quête d’un univers étendu. Faute de super-héros en stock, on se rabat sur les contes. Pourquoi pas. Car il faut bien le dire, l’univers visuel proposé a de la gueule. Que se soit dans les décors, les costumes ou les effets spéciaux, l’argent se voit à l’écran. Et la direction artistique irréprochable (notamment sur les créatures) achève de faire le reste. Le spectateur se voit confronté à un monde, plus ou moins inédit, qui n’a pas encore montré tout son potentiel. En ce sens, le pari de l’univers étendu se justifie amplement.

Mais qui dit univers étendu dit aussi crédibilité. Une condition qui passe par un bon scénario. Et là, malheureusement, le film dérape. Bien sûr, le cahier des charges est rempli sauf que rien dans le déroulé de l’histoire ne surprendra. Tout est prévisible de A à Z hormis une ellipse temporelle bienvenue. Ce qui fait que Le Chasseur et la reine des glaces est à la fois un prequel et une suite au premier film, contournant ainsi la Blanche-Neige campée par Kristen Stewart. Reste Chris Hemsworth, plus à l’aise dans le rôle et qui joue à fond la carte du bellâtre cabotin. Dommage que l’humour ne marche pas à tous les coups. À ses côtés un trio aussi prometteur sur le papier qui donne des résultats bien différent à l’écran. Entre Jessica Chastain, Charlize Theron et Emily Blunt, c’est bien cette dernière qui se taille la part du lion. Et puis il faut quand même dire qu’avoir ces trois actrices dans un même plan vaut tous les effets spéciaux au monde. Un défi qui aurait eu de quoi faire rougir Cédric Nicolas-Troyan. Pour une première réalisation, le frenchy a le sens du visuel. Et si sa caméra ne sort pas des plans qui décalquent la rétine, elle a le mérite de ne pas trembler dans tous les sens lors des scènes de combat. Et ça, c’est déjà beau !

Pour conclure : Une suite qui fait le job, notamment grâce à des personnages sympathiques évoluant dans un univers visuel très travaillé. Reste un scénario prévisible et faiblard qui ne rend pas justice à l’ampleur du projet.

Note : 2/5

Le Chasseur et la reine des glaces. De Cédric Nicolas-Troyan. Avec Chris Hemsworth, Jessica Chastain, Emily Blunt, Charlize Theron… 1 h 55.

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