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[Critique] Ça chapitre 2 : à la hauteur du mythe ?!

Si le cinéma américain est jonché d’adaptations de livres de Stephen King, 2019 aura été une année très chargée. Après Simetierre et avant Doctor Sleep, voici la deuxième partie du diptyque Ça. A la suite du premier opus qui avait tout balayé sur son passage (devenant le plus gros succès de l’histoire pour un film d’horreur) et malgré des critiques partagées, la suite était très attendue. Alors, réussite ou déception ?

A l’issue du premier long-métrage sorti en 2017, la bande des losers/lovers avait réussi à se débarrasser de Grippe-Sou, l’effroyable clown. Mais les adolescents s’étaient promis de revenir tous ensemble le combattre, si jamais il revenait. Et 27 ans plus tard, Ça revient …

Ça quel plaisir  

Le premier opus avait surpris par sa dextérité à alterner violence très crue et dure (les enfants, pourtant figure intouchable dans la pop-culture et le cinéma américain, étaient dévorés, défigurés, torturés,…) et divertissement nostalgique tout public. Un mélange qui avait déçu nombre d’amateurs de films de genre… qui resteront ici encore sur leur faim.

La formule reste la même, avec cependant moins de scènes d’horreur : le clown n’apparaît qu’une vingtaine de minutes sur les… 2h50 (!!) du film. Un ratio frustrant, tant tout semblait promettre une oeuvre effrayante. En effet, les protagonistes, enfants dans le premier long-métrage, sont ici des trentenaires. Et Grippe-Sou a eu 27 ans pour préparer sa vengeance, que l’on espérait sanglante. Une déception, qui va de pair avec le scénario qui ne sait plus sur quel pied danser, cumulant twists et séquences aux enjeux inexistants.

Une fresque fantastique

Mais on ne boude pas son bonheur de retrouver ces personnages si attachants, là où bon nombre de films d’horreur souffrent de protagonistes maigrement écrits, à la psychologie balbutiante. Ça chapitre 2 l’a bien compris : avec les 2h30 du précédent film pour poser les bases des personnages, le spectateur a une empathie totale avec eux. Le casting cinq étoiles (James McAvoy, Jessica Chastain) vient donner cette impression de divertissement bien mené. Et pourtant, le cinéaste Andrés Muschietti (déjà à l’oeuvre sur le premier) semble s’y perdre et s’embourbe dans des montages parallèles et des flash-backs à l’exécution grotesque, où le ton très premier degrés vient alourdir les ficelles du récit.

On regrette donc les gros sabots avec lequel le réalisateur crée son récit. Mais là où le fond est (trop) souvent hésitant, la forme, elle, impressionne régulièrement. S’il est compliqué de tenir sur la longue durée et si l’incroyable chef opérateur du premier film manque, de nombreuses séquences extrêmement abouties marquent : le film, qui jusqu’alors était à la frontière entre horreur pure, divertissement et fantastique, épouse complètement ce dernier genre. Comme une grande fresque de fantasy, Ça chapitre 2 expose ses effets spéciaux dantesques, sa bande-son aux notes entêtantes et ses trouvailles de mise en scène hallucinante (on pense à une séquence qui remplit les trois cases, lors du dernier acte) qui nous rappelle que plus qu’un film de genre, on est face à un pur blockbuster.

Conclusion : après le premier opus étonnement très réussi, Andrés Muschietti signe avec Ça chapitre 2 une suite hésitante, qui fonctionne quand elle épouse son côté fantastique, mais se perd quand elle se raccroche au premier film ou à une nostalgie dont on n’a plus rien à raconter. Et puisque l’horreur se fait rare, la durée (beaucoup trop longue) se fait ressentir. 

Ça : chapitre 2
Un film de Andrés Muschietti 
Sortie le 11 septembre 2019
Durée : 2h50

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