[Critique] Bumblebee : le Transformers pour enfant

Deux ans après avoir réalisé la pépite d’animation Kubo et l’armure magique, le cinéaste Travis Knight s’est vu offrir une certaine promotion en arrivant à la tête d’un projet de spin-off de la saga Transformers. La promesse, donc, d’un film moins bourrin et décérébré que les précédents. Mais à quel prix ?

Dans la fin des années 80, sur une petite ville balnéaire en banlieue de San Francisco, Charlie (Hailee Steinfeld), dix-huit ans, découvre dans une fourrière une coccinelle jaune. Alors qu’elle la ramène chez elle, Charlie se rend compte que la voiture est en fait… Bumblebee, un autobot envoyé en repérage sur Terre, alors que sa planète est en proie à une guerre terrible.

Faire table rase du passé

Après cinq films consécutifs réalisés par le grand amateur de pyrotechnie Michael Bay, on attendait de voir le chemin qu’allait prendre le premier spin-off de la saga. Et la réponse est très clairement aux antipodes du style que l’on connaissait. Si la mythologie de la saga Transformers est toujours là, Travis Knight impose ses codes et une nouvelle temporalité : rappelez-vous, dans le dernier Transformers (dont l’intrigue tournait autour de la légende du roi Arthur), on y voyait Bumblebee combattant des nazis pendant la seconde guerre mondiale. Or, ici, on découvre en fait qu’il est arrivé sur Terre dans les années 80 !

Bumblebee est donc un nouveau départ pour la franchise, plus grand public (comprenez donc que le film est davantage destiné aux enfants). L’histoire ne se déroule pas à travers le monde comme dans les précédents films mais seulement dans une petite ville, avec une héroïne adolescente tout ce qu’il y a de plus ordinaire. On peut donc s’identifier complètement à ses objectifs, ses problèmes, ses désirs et ses doutes. Le choix de faire de son héros une héroïne est symboliquement un choix judicieux, au milieu d’une saga qui n’a pas très souvent brillé par sa représentation des personnages féminins (adieu, ici, la caméra à hauteur des fesses des actrices façon Michael Bay).

Cependant, le film reste un Transformers. La glorification de l’armée (avec dans le rôle du général un John Cena assez convaincant) est assez risible, comme toujours. Ça explose toujours dans tous les sens et le scénario prête parfois à sourire par sa niaiserie et sa candeur : il n’y a jamais de juste milieu, les méchants sont méchants, les gentils sont les gentils. Un manichéisme des plus banals, en somme.

Mais dans la mesure où Bumblebee s’adresse désormais à un public plus jeune, cela s’accepte. Le film est tourné vers les enfants et ne s’accommode pas de personnages complexes ou torturés. Le récit comporte son lot d’épreuves initiatiques pour le personnage de Charlie, qui évoluera et apprendra des leçons du passé au cours du film. Les ficelles scénaristiques sont même plutôt de grosses cordes, mais le film ne s’en cache pas. Au fond, Travis Knight a réussi à adapter l’une des sagas les plus violentes et bourrines du moment en gentil conte pour enfant, rempli de bonnes intentions et de valeurs pro-américaines. Rien d’inhabituel sous le soleil d’Hollywood, si ce n’est la déception de voir un cinéaste plein de potentiel s’abaisser à un projet si classique et peu surprenant.

Conclusion : Bumblebee surprend dans son style et son intrigue beaucoup moins alambiqué que les films de Michael Bay. Une parenthèse très douce, très niaise mais malgré tout très efficace. À déconseiller aux plus de treize ans.


Bumblebee
Un film de Travis Knight
Sortie le 19 décembre 2018

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