[Critique] Beauté Cachée : Will Smith déchiré et déchirant

Boum, un casting de folie ! Edward Norton, Keira Knightley, Will Smith ou encore la géniale Kate Winslet qui nous a tous coupé le souffle plus tôt dans l’année dans Steve Jobs font partie de Beauté cachée. Mais de grands noms rassemblés ne donnent pas toujours les meilleurs résultats. Toutes ces célébrités bankables de Beauté Cachée sont dirigées par David Frankel. Le réalisateur n’en est pas à son coup d’essai avec les stars hollywoodiennes, puisqu’il a déjà travaillé avec Jennifer Aniston et Owen Wilson dans Marley & Moi, ou encore avec la fabuleuse Meryl Streep et Anne Hathaway pour Le Diable s’habille en Prada. Alors pour ce nouveau film, Frankel sait à qui il a affaire. Le résultat est bon, meilleur que ce qu’on pouvait même espérer ! Dans Beauté Cachée, la ligne conductrice est celle de Howard (Will Smith), un père de famille qui a vu mourir son enfant. Dévasté, il en veut à trois choses : le temps, l’amour et la mort. Au-delà de sa vie de famille, il est aussi un des patrons d’une boite de publicité new-yorkaise. Ses collègues et amis, ne peuvent pas laisser plonger la boite et leur acolyte comme cela. Ensemble, ils vont tenter de prouver à Howard que la vie est encore là malgré la perte tragique de son enfant.

Donne-nous plus, Frankel !

Dans Beauté Cachée on compte un personnage principal, presque trois autres tout aussi importants, puis plusieurs rôles secondaires finalement indispensables. De cela, il est possible de tirer du bon comme du mauvais. Presque tous les personnages sont finalement mis au même plan en termes d’importance. Et c’est positif ! Cela permet au spectateur de s’attarder sur chacun des protagonistes, de les cerner, de les aimer, ou non. Il n’y a pas de « second rôle » dont on se fiche un peu. Il est très agréable de voir se développer des portraits éclectiques de façon plutôt complète. En plus de cela, ils se révèlent tous au même rythme. Le public n’est pas perdu et au contraire, il ne peut qu’être attentif à chaque nouvel élément scénaristique apporté au fur et à mesure de Beauté Cachée. « Super ! » direz-vous. Sauf que non. Ce point positif a tout de même quelques parts d’ombres. En effet, le spectateur est dans l’attente de nouveaux éléments sur la vie des personnages, constamment. Mais le film de David Frankel ne dure qu’un peu plus d’une heure et demie. Le voilà, le problème. Tous les personnages sont importants, tous les détails de leur vie sont fascinants car très bien écrits. Mais on en veut plus ! Le personnage de Michael Pena est, par exemple, de plus en plus magnétique alors qu’au début de l’histoire, il apparaît comme le personnage le plus plan-plan (« eh oh, spoilez pas ». Oui, promis !).

Superbe méli-mélo de personnalités

David Frankel se sert d’un gérant d’une boite de publicité pour donner un aspect grandiloquent à Howard, le personnage joué par Will Smith. Il est très malin d’utiliser un cadre spatial très professionnel et dynamique pour encore mieux contraster avec les enjeux privés de chacun des membres de cette société. Ainsi, tous les protagonistes ont des relations différentes avec Howard. Celui interprété par Edward Norton se place davantage dans une position d’associé, tandis que Claire (Kate Winslet) est une amie fidèle, mais qui a quand même mis toute sa vie dans cette boite. Les psychologies sont multiples mais évidemment, les messages plus philosophiques sont innombrables. Parfois, ils sont très bien abordés et superbement mis en scène. Mais d’autres fois, ces messages sur la vie sont jetés au visage du spectateur comme une pancarte géante luminescente en plein milieu d’une autoroute, la nuit : impossible de les rater ! Et cela gâche la subtilité d’un scénario pourtant très bien mené par le réalisateur et très bien défendu par les acteurs. Alors oui, comme le dit la presse, Will Smith ferait son pire démarrage avec Beauté Cachée en termes d’entrée. Mais ? Et alors ? Cela n’est en tout cas pas dû à sa prestation ! Dans la peau d’un père déchiré, l’acteur livre une performance absolument touchante. S’il y avait une personne à pointer du doigt, il s’agirait de Keira Knightley. Quelle prestation risible ! Elle décrédibilise à elle seule certaines scènes du film avec son non-naturel et ses mimiques complètement théâtrales. Mais comme Beauté Cachée ne dure qu’une heure trente, il suffit de prendre son mal en patience et de se concentrer sur les multiples facettes fascinantes des autres personnages.

Conclusion : Beauté Cachée est un mélodrame qui sort fièrement son épingle du jeu. Le casting remplit son contrat. Les acteurs ne sont pas là pour simplement remplir une affiche mais bel et bien pour offrir des bonnes performances et le challenge est réussi. Les messages sont touchants. La mort, le deuil, les maladies, la perte de la foi en l’amour, … les thèmes sont nombreux à pouvoir toucher le public en plein cœur. Il faut noter que l’émotion met du temps à venir puis qu’elle est coupée assez rapidement. Eh oui, une bonne trentaine de minutes supplémentaires auraient été le coup de baguette magique pour une réalisation ensorcelante. On reste sur un sentiment de frustration, mais globalement, David Frankel réussit son pari, à son habitude !

Beauté cachée (Collateral Beauty)
Un film de David Frankel
Sortie le 21 décembre 2016

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