[Critique] Baby Driver : en voiture !

Véritable génie du cinéma hollywoodien actuel, Edgar Wright livre avec Baby Driver un thriller d’action réussi au rythme effréné. L’homme derrière la trilogie Cornetto et qui s’était fait éjecter du tournage de Ant Man revient avec un film très personnel et assez inventif.

Le film suit Baby, un jeune homme malentendant suite à un accident dans son enfance, ayant une dette envers un mafieux. Pour la payer, celui qui est aussi un génie au volant gère l’évasion de braqueurs lors de plusieurs coups, avec une virtuosité impressionnante ! Si le pitch paraît banal, c’est aussi car il n’est guère l’attrait principal du film. Baby Driver est ainsi vendu comme « le film le plus cool jamais tourné » , rien que ça !

Un virtuose au volant !

Il y a dans la mise en scène d’Edgar Wright quelque chose qui, effectivement, relève du cool. Peut être est-ce dû au scénario qui mise énormément sur l’action plus que sur la gravité de la situation. On se retrouve donc avec un film extrêmement rythmé, où la caméra est comme le 5e personnage de la bande, plongée dans des courses de voitures complètement folles. Cette immersion, on la doit aussi au jeu intelligent (mais répétitif) sur le son : Baby est sourd, et écoute continuellement au volant des chansons. Le jeu sur le silence, sur les sons étouffés retranscrivant sa surdité ou sur la musique permet donc de nous identifier aux personnages.

Et quels personnages ! Si la quête de Baby peut sembler classique, ce n’est pas le cas des seconds rôles très imposants et bien écrits. Des personnages qui brillent aussi (surtout ?) par les acteurs qui les interprètent : Kevin Spacey en mafieux classe, Jamie Foxx complètement psychopathe ou John Hamm et Eiza Gonzalez en couple fou, Bonnie & Clyde des temps modernes. Ainsi donc, les personnages secondaires font le film… tandis que le personnage principal, lui, paraît bien fade.

Un film jukebox

Effectivement, Baby manque de véritable intérêt, ses enjeux sont bien trop classiques. Les seconds rôles sont épatants, oui, mais finissent par lui voler la vedette. Baby Driver devient donc inégal et déstabilisant, un film où l’on souhaite davantage suivre les personnages gravitant autour du héros que le héros lui-même

L’autre erreur du film est son aspect jukebox. Soyons clair, le clipesque n’est pas nouveau au cinéma. Au contraire, les chansons font la part belle aux images de nombreux films cultes. Mais tout tient dans leur proportion. Ici, comme l’a sans doute remis au goût du jour le film Les gardiens de la Galaxie, on a plus à faire à un film jukebox : le film est une suite sans pause de chansons eighties, nineties. Oui, cela donne un aspect fun au film, mais rapidement cette surdose de musique devient éreintante. C’est le même procédé mis en place dans Atomic Blonde, aussi en salles cet été. L’intérêt peut être questionné : ce flot ininterrompu de chansons sert-il l’intrigue ou n’est-il là que comme faire valoir, pour flatter la culture musicale du spectateur ?

Conclusion : en définitive, Baby Driver ne mérite peut-être pas sa réputation. C’est un bon film d’action, intelligemment mis en scène et avec un casting en or, mais qui souffre d’une utilisation excessive de la musique et d’un héros peut-être pas assez intéressant. Inégal mais efficace.

Baby Driver
Un film d’Edgar Wright
Sortie le 19 juillet 2017


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