[Critique] Avengers – Endgame : la fin d’un cycle

Nous en parlions dans notre rétrospective mensuelle : avril 2019 marque la fin de deux sagas qui ont profondément transformé la pop culture depuis 10 ans : Game of Thrones et le MCU (Marvel Cinematic Universe). Avec Avengers: Endgame (ou Avengers: Infinity War Partie II comme annoncé à l’origine) se conclut donc l’ère des super-héros Marvel… à moins que ce ne soit qu’une entourloupe ?

Nous avions quitté nos héros à la fin d’Infinity War dans un profond désarroi : le méchant Thanos avait réussi à obtenir toutes les pierres d’infinités et, en claquant des doigts, avait fait disparaître 50% des espèces vivantes dans l’univers, dont une bonne moitié de nos super-héros. On retrouve donc nos personnages, ici, à la fois déprimés et pourtant avec l’envie de se venger…

Un projet d’ampleur mené jusqu’au bout…

Si la fin du dernier épisode laissait entrevoir une tournure plus psychologique et philosophique, sur la perte de proches, sur la manière dont le monde réagirait face aux super-héros alors que la moitié de la population a disparu, ce n’est finalement pas le cas. Endgame semble même oublier ce qui faisait de Thanos un grand méchant, avec des convictions crédibles, et préfère se concentrer uniquement sur ses personnages que l’on suit depuis 10 ans.

Il faut dire qu’on était prévenu : Endgame est la fin du MCU. A coup de marketing très virulent, on sait qu’en rentrant dans les salles obscures on en ressortira forcément triste de quitter une partie de cette équipe qui nous émeut depuis 2008 et la sortie du premier Iron Man. La carte de l’émotion est jouée jusqu’au bout, et les frères Russo (réalisateurs du précédent Avengers ainsi que de Civil War) nous promettent un final en apothéose. Et il faut admettre que derrière la véritable candeur du film, qui parle sans arrêt d’humanité sans jamais la mettre à l’image et préfère filmer ses super-héros, il y a dans Endgame la volonté de rendre hommage à ses protagonistes et ses 21 films qui l’ont précédé. En 3h02 (!), le film réussit à tisser des liens entre tous les films du MCU, les revisite pour mieux les conclure. Dans son émouvant épilogue, le film semble réussir à atteindre une émotion brute, et réelle, sans numérique ou effets tape-à-l’oeil…

… mais sans prise de risques

En revanche, pendant tout le reste du film, on se prend une bouillie numérique assez violente. Le film, entièrement tourné en IMAX (avec un cadre plus haut) est compliqué à suivre dans une salle normale. Les séquences de batailles, qui sont légion, sont écrasées par le surnombre de personnages, le cadre serré et le manque d’inventivité visuelle. Il est évident que les frères Russo ne sont pas de grands cinéastes, et se contentent du strict minimum. On essaie de se rappeler d’un plan véritablement cinématographique, d’une discussion tournée autrement qu’en simple champ/contre-champ. Face au budget faramineux et à la durée vertigineuse, on aurait pu espérer que le film comporte plus de cinéma.

De la même manière, le scénario pêche régulièrement par ses facilités, ses raccourcis et sa non-subtilité. On aurait aimé que ce dernier Avengers soit plus courageux et possède plus de partis pris visuels et scénaristiques. Mais d’ailleurs, est-ce vraiment la fin ? Sûrement pas, le MCU aillant déjà annoncé plusieurs films dans les années à venir.

Conclusion : Endgame est finalement un peu vain… S’il réussit, forcément, dans sa gestion de l’émotion à travers quelques personnages qui signent ici leur dernière apparition, on regrette que les frères Russo aient tout misé là-dessus. Plus de mise en scène et un scénario plus ambitieux auraient permis un adieu plus bouleversant.

Avengers Endgame
Un film des frères Russo
Sortie le 24 avril 2019


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