[Critique] Atomic Blonde : atomique mais… creux


Après avoir co-réalisé le premier John Wick, David Leitch part en solo avec Atomic Blonde. L’ancien cascadeur devenu réalisateur filme notamment Charlize Theron dans les rues punk d’un Berlin de la fin des années 80.

Atomic Blonde suit Lorraine Broughton, agent du MI6 (les espions britanniques) qui est envoyé à Berlin suite à la mort d’un de ses collègues. Le « MacGuffin » de l’histoire, l’objet qui va déclencher tous les événements, est une liste qui, si elle tombait entre de mauvaises mains, risquerait de plonger le monde dans la 3ème Guerre mondiale. Rien de nouveau sous le soleil allemand donc, mais plutôt l’occasion de faire un film rythmé privilégiant la forme au fond.

Le film le plus enragé de l’année ?!

Soyons honnête : Atomic Blonde est un film absurde. Croisement entre un John Wick et Hardcore Heny, il se voit comme un James Bond féminin, un Kingsman plus enflammé… ce qu’il n’est jamais. Une fois dit, on peut profiter du spectacle. Et quel spectacle ! Atomic Blonde possède de beaux atouts, à commencer par son casting de choc : Charlize Theron en tête, mais aussi James McAvoy, John Goodman, Sofia Boutella ou Toby Jones.

Dans la veine, donc, d’un John Wick, le film a une photographie assez flashy : des néons partout, des couleurs très vives contrastant avec des décors sales et gris, une caméra en perpétuel mouvement… Le film a de l’ambition, et réussit à marquer par certains plans. On pense au plan-séquence teasé dans la première bande-annonce, qui dure en réalité deux fois plus de temps : c’est très impressionnant et visuellement efficace.

Idem pour les cascades, véritable point central du projet : ça se bastonne dans tous les coins, ça tape fort, ça crie, ça fait des sauts spectaculaires. Si le cinéma est un art du mouvement par définition, Atomic Blonde en est le plus digne représentant tant le film ne s’arrête jamais.

Un exercice de style sans fond

Mais, hélas, l’exercice de style n’est là… que pour la forme ! On regrette que le film n’aille pas plus loin dans son message, dans ses idées. Si Charlize Theron est badass et incarne une femme forte, libre et indépendante, cela apparaît en filigrane quand il aurait fallu en faire le point d’orgue du personnage : de plus, au fond, Lorraine est aussi pourrie que tous les personnages, dans ce Berlin corrompu de 1989.

Une année qui n’est pas anecdotique d’ailleurs : le film se déroule quelques semaines avant la chute du mur de Berlin (on suit sa progressive chute), mais à aucun moment cela ne sert plus le récit que de créer une frontière physique pour nos personnages. Enfin, on regrettera le vide intersidéral des images, sans âme. Chacun fait ce qu’il a à faire, de manière presque robotique. Les trucages sont visibles, de même que les doublures parfois (même si Theron est à fond !).

Atomic Blonde est aussi de ces films qui ne sait pas gérer sa musique. Comme vendu dans sa promo, le film aligne tubes sur tubes des années 80. Tout y passe et ce mélange dénué de sens donne la nausée, comme le fait cet été aussi Baby Driver. Il est décevant de voir le cinéma se prêter à ce jeu du karaoké et blind-test musical.

Conclusion : en fin de film, il reste en tête un sentiment de pot-pourri. Atomic Blonde mélange plein de références, s’éclate et nous éclate. Le résultat est imparfait et assez creux dans son message, mais brille tout de même par quelques grands moments d’action. Un pur film estival en somme !

Atomic Blonde
Un film de David Leitch
Sortie le 16 août 2017

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