[Critique] Arrête ton cinéma : Testud se la joue méta

 

Tiré du roman C’est le métier qui rentre de Sylvie Testud, Arrête ton cinéma nous plonge dans le parcours du combattant d’une jeune actrice pleine d’ambition pour son film. Mené par un trio d’actrices en grande forme, le long métrage de Diane Kurys joue sur l’excentricité de Josiane Balasko et Zabou Breitman. Inégal mais plaisant, Arrête ton cinéma est symptomatique de la comédie à la française.

« La tentation de faire un film sur ce milieu était trop forte. Il n’y a que des fous. » Rares sont les résumés de film en peu de mots. Pour Arrête ton cinéma, Diane Kurys les trouve facilement. La réalisatrice a décidé d’adapter au cinéma C’est le métier qui rentre. Un énième roman se focalisant sur les coulisses du septième Art ? Tout à fait. Sauf qu’ici, la plume n’est autre que la césarisée Sylvie Testud.

Autant dire que cette habituée du grand et petit écran ainsi que des planches connait le business comme sa poche. Le scénario puise d’ailleurs dans l’expérience de son auteure. Sybille, actrice renommée, souhaite réaliser un film autobiographique et se laisse bouffer par deux productrices. Toute la profession l’avait pourtant prévenue. Ces deux excentriques lui ruinent son film et la réalisatrice en herbe ne cesse de vouloir sauver ce qui apparaît déjà comme un échec.

Autour de Testud gravite un casting impliqué à 200% dans Arrête ton cinéma. Un Fred Testot parfait en mari delaissé, alternant comédie et tristesse en peu de temps. Un acteur sous-estimé au cinéma et qui a pourtant tant à offrir. Les deux éléments centraux forment un duo du tonnerre. Zabou Breitman en cokée bipolaire d’un côté ; Josiane Balasko en patronne, digne héritière de Ceaucescu. Elle le fait d’ailleurs savoir dès qu’elle en a l’occasion. Histoire de montrer « who’s the boss ». Leur excentricité, manifestement pas si éloigné de la réalité, porte le film à bout de bras. Ça fonctionne, mais il manque un petit quelque chose. Ce petit quelque chose si rare dans la comédie française.

En tirant vers l’absurde, Kurys et Testud rendent un milieu, pas connu pour être sympathique, plaisant. Une tactique efficace mais qui ne sert pas forcément le film. Il semble que le scénario pourrait aller plus loin, sans pour autant devenir ridicule. Le dernier tiers ne fonctionne pas et la fin sombre dans l’excès. Pourquoi ne pas assumer jusqu’au bout le contraste entre le personnage principal et ses deux bourreaux ? Un problème d’ambition de la comédie française ? Ou juste la volonté de dénoncer, à travers les deux productrices et l’agent (François-Xavier Demaison), un système qui en détruit plus d’un ?

Un aspect entrevu cette année dans Dix Pour cent. La série centrée sur des agents dépeint un milieu de requins, tout en le rendant attrayant. La curiosité du spectateur envers le show business se fait de plus en plus forte. Grâce à Sylvie Testud, elle n’est pas loin d’être satisfaite.

Arrête ton cinéma, en salles le 13/01/2016.
De Diane Kurys, avec Sylvie Testud, Josiane Balasko, Zabou Breitman, Fred Testot, François-Xavier Demaison…

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