[Critique] American Nightmare 4 – Les Origines : l’opus le plus abouti de la saga ?

Rien ne peut arrêter la Purge ! Cette expérience sociale où toute activité illégale, y compris le meurtre, se voyait banalisée, trouvait pourtant sa conclusion dans le troisième opus de la saga American Nightmare, Elections. Mais James DeMonaco, réalisateur attitré de la saga, et son producteur Jason Blum ont plus d’un tour dans leur sac. Difficile de dire adieu à l’une des sagas à succès de la maison Blumhouse (Get OutHappy BirthdeadAction ou vérité)… Alors, quand on ne peut plus continuer une saga, que fait-on ? On retourne à ses origines. American Nightmare 4 est donc un préquel qui aborde la toute première purge et son adoption par le régime des Nouveaux Pères Fondateurs.

S’il reste au poste de scénariste, James DeMonaco laisse son rôle de réalisateur à Gerard McMurray (qui était notamment producteur sur Fruitvale Station, l’un des premiers films de Ryan Coogler). McMurray et DeMonaco instituent cette première Purge sur Staten Island, l’un des cinq arrondissements de la ville de New York. Le but de cette expérience ? Réduire la criminalité à 1% le reste de l’année. Mais lorsque l’agressivité des tyrans rencontre la rage de communautés marginalisées, le phénomène s’étend au-delà des frontières de la ville test jusqu’à atteindre la nation entière.

Make America safe again

Revenir aux origines de la Purge, cela signifie aussi renouer avec l’actualité. Les précédents opus de la saga American Nightmare ont toujours pris pied avec la réalité avec plus ou moins d’efficacité : le duo de personnages qui s’affrontaient pour les élections du troisième opus affichait d’effarantes ressemblances avec celles, bien réelles, qui opposaient Hilary Clinton à Donald Trump. En toile de fond, une montée de la violence qui correspond elle aussi au regain des mouvements fascistes tel que le Ku Klux Klan. American Nightmare 4 continue de creuser dans ce sillon avec le mouvement « black lives matter » en perspective : les personnages principaux sont ici de jeunes noirs vivant à Staten Island. Dimitri (Y’Lan Noel) est chef de gang et fait la loi dans le quartier, ce pourquoi lui et Nya (Lex Scott Davis), une activiste pacifiste, ne sont plus ensemble. Ils devront pourtant se soutenir l’un et l’autre pour survivre à cette nuit.

Ce nouvel opus reprend donc les questionnements déjà soulevés dans les épisodes précédents : nous pouvions notamment y voir de riches familles débourser d’immenses sommes d’argent et parier pendant que des personnes défavorisées étaient forcées de se combattre pour survivre. Ici, l’expérience est confinée dans le seul territoire de Staten Island. Et puisqu’il s’agit de la première, le tout est de savoir si (ou plutôt comment) la population participera bien à la Purge. Dans ce sens, le film de Gerard McMurray met plus de temps à entrer dans l’action et nous donne plus à voir les tractations des Nouveaux Pères Fondateurs, qui suivent l’expérience depuis leurs quartiers. Une ambivalence s’installe donc entre les prétendues intentions du parti, soit réduire la criminalité, et ce que la Purge cache réellement.

L’action plus forte que les mots

C’est un peu là que le bât blesse : malgré un contexte politique un peu plus poussé, ce préquel (qui promettait donc des explications) bâcle un peu trop ses nouveautés (les interrogatoires des habitants pour déterminer leur motivation à purger sont une intéressante trouvaille). Quelques pics à l’actualité (les « pussygrabers », délicate référence aux déclarations de Donald Trump sur comment séduire une femme) ne suffisent pas à contrebalancer l’équilibre entre action et mythologie.

La saga continue de faire parler la poudre et ressort donc la même recette : ses personnages principaux sont contraints à purger pour survivre et se retrouver les uns les autres, dans une action qui monte crescendo jusqu’à un affrontement final extravagant dans les tours résidentielles de Staten Island. Il est regrettable de voir qu’American Nightmare finit toujours par rejeter sa mythologie alors même que ses producteurs promettaient de la développer. En plus de ce préquel, une série prévue pour la rentrée devait évoquer les conséquences du régime des Nouveaux Pères Fondateurs le restant de l’année. Pourtant, les premières images semblent indiquer que la série se déroulera… pendant une Purge, alors que le troisième opus cinématographique y a mis fin.

Conclusion : les promesses d’American Nightmare 4 ne sont qu’à moitié accomplies. Si quelques références à l’actualité sont bien senties, cet opus ne fait que ressasser les arguments déjà connus des précédents épisodes. Reste une recette d’action efficace et divertissante, mais qui tournera bientôt à vide…


American Nightmare 4 : Les Origines

Un film de Gerard McMurray
Sortie le 4 juillet 2018


Egalement sorti le 4 juillet 2018 au cinéma :


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