[Critique] Alita Battle Angel : profond juste à l’image

Projet de longue date de Jon Landau, producteur de Titanic et Avatar (soit littéralement les deux plus gros succès de l’histoire du cinéma), Alita : Battle Angel voit enfin le jour. Exit James Cameron, qui était très attaché au projet et souhaitait le réaliser, et bienvenue à Robert Rodriguez (Sin City, Machete, Spy Kids). Nous avons d’ailleurs eu le plaisir de rencontrer les deux hommes lors de leur venue sur Paris en décembre (à lire ici).

Bienvenue dans le XXIIème siècle. Dans un monde post-apocalyptique, Iron City est l’une des dernières villes surplombées par une « cité céleste », sorte de banlieue pour les riches. Pour le reste de la population, elle s’entasse dans la ville du bas, dopée aux jeux violents et dominée par la mafia. Alita, jeune fille cyborg, est découverte dans la décharge par le Dr Ido qui, après l’avoir réparée, fera tout pour la protéger de dangereux ennemi.

Une 3D très réussie 

Pour les néophytes, il faut savoir qu’Alita est basé sur un manga, Gunnm, de Kishiro. Une base bien solide donc, qui permet au film d’avoir dès son ouverture un univers visuel très fouillé et complet. Alita est un vrai spectacle sensoriel auquel le duo Landau/Cameron nous a habitué par le passé. Car, oui, si Rodriguez a repris le flambeau, on sent à chaque instant la patte du papa d’Avatar. Pas de jalousie pour Rodriguez, comme il nous le confiait : « En voyant le film, on sentira que c’est aussi un film de James Cameron, mais j’ai l’habitude avec Quentin Tarantino ou Frank Miller, de faire des films à plusieurs ». De la lutte des classes de Titanic à la découverte d’un nouveau monde d’Avatar ou Abyss, tout est là. Et c’est une réussite ! Partout, dans la promo, on nous a dit et redit que le film devait être vu en 3D. Et si la technologie (on fêtera en fin d’année les 10 ans d’Avatar qui l’avait démocratisé) s’est essoufflée, elle reprend tout son sens ici.

Alita : Battle Angel est visuellement superbe, avec une attention à tous les niveaux : les costumes, les décors (la ville, l’eau, les bâtiments…). On croit à cette ville tout-numérique. Et même le personnage d’Alita est crédible : pour rappel, lors de la diffusion de la première bande annonce, une polémique avait eu lieue autour des yeux du personnage principal, jugés disproportionnellement trop gros ! Pourtant, cela colle au manga et donne au film un aspect futuriste crédible.

Candeur et platitude

Mais si la patte de Cameron est toujours là, Rodriguez ne fait pas de miracles. Le film souffre d’une mise en scène trop peu ambitieuse. Si les effets spéciaux et la 3D font le nécessaire pour garder notre concentration, on aurait aimé des personnages qui soient autre chose que le reflet de leur propre archétype. La relation amoureuse, la relation père/fille de substitution, l’envie de revanche… toutes les cases du blockbuster hollywoodien sont cochées. Et si le mythe du héros est un immanquable dans le cinéma de science-fiction, il aurait nécessité ici d’être plus poussé, plus recherché. On ne rentre pas spécialement en empathie avec les personnages, et leur objectifs restent bien flous. Cependant, malgré des dialogues bien niais, les acteurs s’en sortent bien : Christoph Waltz (Django Unchained, Spectre) est le seul personnage pour lequel on a de l’empathie tandis que Mahershala Ali (Moonlight, Green Book, House of Cards) est impérial en patron de la pègre locale.

Alita : Battle Angel souffre donc du temps qui passe. Si le scénario, tel qu’écrit par James Cameron, était dans l’ère du temps il y a 15 ans il aurait nécessité un peu d’actualisation. Rodriguez fait ce qu’il peut, et ne s’en sort pas trop mal, mais ne réussit pas l’exploit de nous enchanter totalement.

Conclusion : si le manga d’origine permet au film des images de science-fiction spectaculaires, le scénario très américanisé déçoit. Ni la claque espérée, ni un mauvais film : juste une oeuvre lambda, déjà vu, mais qui nous redonne le goût à la 3D ! 


Alita : Battle Angel
Un film de Robert Rodriguez
Sortie le 13 février 2019

Vous avez aimé cet article? Abonnez-vous à notre newsletter et découvrez chaque mois le meilleur de Silence Moteur Action!

One thought on “[Critique] Alita Battle Angel : profond juste à l’image

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *