[Critique] Alien Covenant : Ridley stop !

Devant Prometheus, nous étions atterrés lorsque Meredith Vickers (Charlize Theron) n’avait pas l’idée de rouler sur le côté pour ne pas finir écrasée comme une crêpe par un vaisseau extraterrestre. Cinq ans plus tard, Ridley Scott rend de nouveau une salle hilare avec Michael Fassbender qui raconte une histoire de flûte et de doigté. Tout en promettant aux spectateurs des réponses quant aux questions laissées en suspens dans Prometheus, Scott indiquait qu’il s’agirait aussi du film le plus violent de la saga.

Le réalisateur n’a pas menti : Covenant est bien le plus violent de tous les Alien. Le problème, c’est que le film est aussi violent pour les personnages que pour les spectateurs. Covenant malmène l’héritage d’une saga vieille de quarante ans, et prétend offrir un regard nouveau alors qu’il se contente de piocher çà et là des idées vues et revues dans les films originaux. Le choix même du titre Alien pose question, tant il semble ici opportuniste. Ridley, il faut parfois savoir lâcher son bébé.

Attention : cette critique contient des spoilers mineurs.

Dans l’espace, personne ne vous entendra stagner

Vous souvenez-vous de l’une des premières images de tournage d’Alien Covenant ? L’équipage du vaisseau, au grand complet : quatorze astronautes et leur androïde, Walter. Parmi eux, des acteurs en pleine ascension, tels que Jussie Smolett (Empire) et Carmen Ejogo, qui retrouve Katherine Waterston après Les Animaux Fantastiques. Cette dernière incarne Daniels, qui n’est pas sans rappeler Ellen Ripley, la figure phare de la franchise interprétée par Sigourney Weaver. Si l’intrigue tente de susciter l’attachement du spectateur pour son personnage dès ses premières minutes, il est pourtant difficile de voir en elle un personnage marquant, à l’image des autres membres de l’équipage, principalement des coquilles vides.

Malgré son changement de scénaristes, Covenant et Ridley Scott donnent l’impression de ne pas avoir appris des erreurs de Prometheus, auquel l’on reprochait la bêtise des personnages et l’incohérence de certaines scènes. Covenant accomplit l’exploit d’aller encore plus loin, à tel point qu’on aurait presque l’impression d’assister à une parodie de la saga. Le mimétisme est tel que ce sixième film n’apporte pas grand chose de nouveau au reste, si ce n’est qu’il poursuit les thématiques déjà explorées dans Prometheus : la création d’une espèce, qui pose indubitablement la question de sa prospérité et/ou de sa disparition.

Le problème étant que Covenant donne l’impression de revoir le même film que précédemment, avec des Aliens pour le plaisir. Si certaines réponses sont évidemment apportées (quant au destin d’Elizabeth Shaw par exemple), Scott prend plaisir à repousser l’échéance concernant le rôle des Ingénieurs. Le réalisateur prend son spectateur au piège des multiples suites qu’il a déjà annoncées, comme Awakening. Un temps envisagé comme explicitant les événements survenus entre Prometheus et Covenant, ce septième film se situera finalement après le premier Alien chronologiquement. Il vaudrait peut-être mieux, finalement : qu’y aurait-il donc de plus à dire que ce qui nous est déjà donné dans Covenant ?

Le David Show

S’il y a bien une qualité que l’on trouvera à ce nouvel Alien, c’est de mettre en scène avec splendeur l’espace et les nouveaux décors que nous découvrons. L’équipage du Covenant se voit presque avalé par la planète sur laquelle ils se posent, tant ses paysages s’imposent comme inhospitaliers. Littéralement, ce nouveau terrain de jeu sent la mort et devient le théâtre d’un massacre des plus horrifiants. Le sang se déverse par hectolitres et le nombre de plans gores donnent raison aux propos de Ridley Scott, qui annonçait un film bien plus sombre. Covenant est le plus gore des Alien, certes, mais la violence y est tellement gratuite qu’elle ne transmet aucun sentiment de tension ou de peur, là où les volets originaux font encore frissonner aujourd’hui avec beaucoup moins de moyens.

La vraie vedette du film, c’est David, dont l’apparition salvatrice à la Gandalf le Blanc et le look Robinson Crusoé prête sérieusement plus à rire qu’autre chose. En dix ans, l’androïde a-t-il changé ? Il n’a du moins pas perdu son goût pour les conversations philosophiques de comptoir, qui voit les références littéraires et bibliques s’accumuler alors qu’au fond, on sait très bien ce qu’il a derrière la tête – puisque rien n’a changé depuis Prometheus. Et que dire de la rencontre entre David et son « jumeau » Walter, dont on devine inévitablement l’issue malgré un plan de coupe affreusement vulgaire ? Si jamais Assassin’s Creed ne voit pas de suite développée, Michael Fassbender aura du moins trouvé de quoi s’occuper grâce à Ridley Scott

Alien Covenant
Un film de Ridley Scott
En salles le 10 mai 2017

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One thought on “[Critique] Alien Covenant : Ridley stop !

  1. Alien covenant cumule les mêmes erreurs que Prométhéus (véritable défi à l’intelligence humaine en raison des kilomètres d’inepties au cm de pellicule de son scénario).
    Ici Ridley Scott (qui n’a donc rien compris à la nature même de l’Alien), produit une copie niveau zéro de l’Alien original donc en détruisant les apports des opus suivants (la reine de Cameron, l’adaptation au génome de l’hôte par l’Alien de Fincher). Les règles de base de l’univers d’Alien ne sont même pas respectées (il faut 17h pour qu’un facehugger engendre dans un être humain (cf Alien)). Les personnages ont ici le charisme d’une huitre (ah le commandant en second qui affligeant de nullité se prend pour Moise) et le Qi d’une moule (oui on détourne un vaisseau de 2000 âmes à bord pour explorer un monde inconnu car on ne veut pas aller se rendormir ! Oui vous avez bien lu. Rappel : dans Alien, les membres du Nostromo doivent aller explorer l’origine du signal inconnu en raison d’une clause de leur contrat sinon ils perdent leur prime de mission (cqfd – on appelle cela de la logique : un vieux concept que les scénaristes connaissent bien visiblement). Bref, le spectateur patauge en pleine bouillie intersidérale avec des personnages inexistants, un droïde qui a pété littéralement un plomb (comme le réalisateur), se prend pour dieu, enfreint les règles de l’éthique et la morale humaine en disséquant le corps de la femme qui l’a aidé (bravo pour la Yutani corporation qui programme en mode incontrôlable ses robots. Fourbe oui (ash et bishop) mais la c’est carrément hors de contrôle !). Un Alien qui résiste au feu des rétro-fusé, les explorateurs qui explorent sans casque et sans aucun réflexe de gestion de crise (« Euh si on faisait des groupes de un dans une nécropole abandonnée pour mieux être trucidé ensuite ?! »(véridique)). On dit bravo devant tant de professionnalisme. On a cru touché le fond avec Prométhéus. Co(n)venant réussit l’exploit de prouver que l’on pouvait faire de mieux en mieux dans le pire. En outre le scénario ne respecte pas la logique d’Alien ou les oeufs dans la soute du vaisseau crashé sur Lv-426 ou Archeron, le direclict, sont la depuis très longtemps car couverts de poussière. L’extraterrestre aux commandes est fossilisé ce qui suppose des décennies (cf Alien). Et le vaisseau émet en outre un message de mise en garde. Alors comment David peut il avoir participé à la création des aliens ?!

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