[Critique] Action ou vérité : le jeu de l’enfer signé Blumhouse

Après le très convaincant Happy Birthdead, le studio Blumhouse n’en finit pas de terroriser des adolescents… D’une étudiante vouée à revivre son meurtre jusqu’à sa résolution à un groupe de jeunes contraints de jouer à Action ou vérité sous peine de mourir, il n’y a qu’un pas. Les jeux maudits sont aussi à la mode dans les films d’horreur. Après les pièges tordus de Jigsaw et les planches de Ouija, qui ont inspiré deux films à la qualité inégale, quel autre jeu était-il possible de faire basculer dans l’horreur ? C’est très simple : celui auquel l’on s’adonne parfois en soirée pour vider les bouteilles… 

Pour séduire son public cible (les adolescents, évidemment !), le réalisateur Jeff Wadlow (Kick-Ass 2) et le producteur Jason Blum ont placé à l’affiche deux acteurs phares de séries orientées vers ce jeune public : Lucy Hale, que l’on retrouvait à la tête de Pretty Little Liars, et le loup-garou Tyler Posey, vedette de Teen Wolf. Les stars montantes ne font pas tout : malgré un concept audacieux au premier abord, Action ou vérité déçoit. Et on vous dit pourquoi !

Je n’ai jamais…

En partant pour leur spring break (congé de printemps aux Etats-Unis), Olivia (Lucy Hale) et ses amis ne pensaient pas qu’ils ramèneraient une malédiction avec eux… Une partie d’action ou vérité, avec un inconnu rencontré dans un bar quelques heures plus tôt, au beau milieu d’une église abandonnée : à qui est-ce que cela inspire confiance, honnêtement ? Passée cette introduction plus que douteuse, nous apprenons à connaître un peu plus chaque membre de cette bande d’amis, que ce soit à travers leurs réseaux sociaux (Olivia est même YouTubeuse, tiens donc !) ou leurs confidences. Ce qu’ils n’imaginaient pas, c’est que cette partie sans fin les obligerait à se raconter certains secrets parmi les plus inavouables, ou à commettre des actes insensés.

Joue ou meurs : c’est la règle. Si tu attends trop longtemps, les gens autour de toi finissent par te faire vraiment beaucoup trop peur – ou rire, c’est selon – à cause de leur visage déformé, mais force est de constater que l’effet de distorsion des visages a été légèrement réduit entre la bande annonce du film et sa version finale, sûrement suite aux retours quelque peu moqueurs sur les réseaux sociaux. La principale réussite d’Action ou vérité est cette manière dont le jeu contourne ses propres règles pour pousser ses participants à commettre le pire ou l’irréparable. Par exemple, l’un des personnages se voit contraint de faire son coming-out auprès de son père, alors qu’il avait toujours redouté ce moment… Pousser les gens à se révéler leur secrets, est-ce pour autant ce qu’il y a de plus redoutable ? L’aspect libérateur de certaines scènes permet pour un temps de penser que ce jeu pourrait se produire « pour le mieux », mais ce n’est qu’un sentiment de courte durée !

Touché coulé !

Une fois la partie lancée, la tension est menée tambours battants : les tours s’enchaînent, les règles et contre-règles également, si bien que les conséquences du jeu sont parfois surprenantes. Il est regrettable de voir le film s’assagir du côté de ses scènes horrifiques ; l’interdiction du film aux moins de 13 ans aux États-Unis l’empêche d’être plus gore qu’attendu. Regrettable aussi de voir la mise en scène du film s’uniformiser pour respecter les calibres de la maison Blumhouse, ne parvenant pas à imposer une patte particulière, si ce n’est dans son utilisation des réseaux sociaux que l’on aurait aimé voir plus poussée (malgré un retournement de situation final original et incroyablement cinglant). De ce côté-là, il suffira d’attendre la suite d’Unfriended, autre production Blumhouse, qui devrait pointer le bout de son nez dès cette année…

Alors que Happy Birthdead avait le mérite de ne pas expliquer pourquoi son héroïne se mettait à revivre le jour de sa mort à l’infini, Action ou vérité s’engouffre quant à lui dans un dénouement beaucoup trop explicatif et, il faut l’avouer, tiré par les cheveux. Il faut dire que lorsque l’on souhaite relier le jeu à l’un des thèmes de prédilection du cinéma horrifique, on est obligé de trouver une justification, aussi fantasque soit-elle. Si le résultat est un peu ridicule, il fallait du moins oser !

Conclusion : si la présence de Lucy Hale et Tyler Posey à l’affiche d’Action ou vérité devrait assurer la présence de leurs fans dans les salles, force est de constater que le film peine à convaincre en raison d’un scénario alambiqué et aux rebondissements attendus (pour les secrets des personnages) ou exagérés (pour le dénouement de l’intrigue). On espère que le studio se ressaisira pour le nouveau volet de la saga Halloween à venir… en octobre prochain.


Action ou vérité
Un film de Jeff Wadlow
Sortie le 2 mai 2018
Interdit aux moins de 12 ans

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