[Critique] A perfect day : Où soigner le mal par l’humour

Les films passent et Benicio Del Toro se taille une filmographie des plus fascinantes. Avant d’aller tâter du Jedi dans Star Wars VIII, l’acteur revient devant la caméra de Fernando León de Aranoa pour A perfect day, en humanitaire désabusé. Dans un genre encore peu exploré sur grand écran, l’acteur fait mouche, une nouvelle fois. Épuisant ce garçon.

Traiter l’humanitaire n’est pas tâche facile. Sans frontière a abordé le sujet de front en 2003 avec les visages d’Angelina Jolie et de Clive Owen. Puis il a eu dernièrement le visage de Vincent Lindon, à la tête de Chevaliers Blancs qui n’en n’étaient pas vraiment. Le sujet est délicat, sensible. Ce qui implique un fort potentiel dramatique. À moins de contourner la chose. Comme a choisi de le faire le réalisateur espagnol Fernando León de Aranoa.

Dans les derniers moments de la guerre des Balkans, Mambrú (Benicio Del Toro) et ses collègues sont face à un problème peu commun. Un corps a contaminé l’eau du puit d’un petit village. Comment l’en sortir alors que leur corde vient de céder ?

Le postulat est on ne peut plus simple. Mais le film va, avec ingéniosité, s’articuler autour de lui. La fameuse corde devient le symbole, une métaphore d’un combat qui n’a rien de gagné. Et on imagine sans peine toutes les difficultés qui se dressent contre les humanitaires dès qu’ils veulent bouger un doigt. Confrontation avec des autochtones peu loquaces, désaccord de la hiérarchie, conflit interne avec les Nations-Unies, la mafia locale et on en passe…

Un cocktail qui sied à merveille au ton du film qui lorgne plus du côté de la comédie que du drame pur et dur. Et c’est tant mieux. Alors même si l’on échappe pas au cliché des différents visages de l’humanitaire type (Le blasé, la tête froide, le « je ne sais pas quoi faire d’autre », l’idéaliste) et si on reste un peu à côté de leurs histoires de cœur, cette galerie de protagonistes est portée par des acteurs en forme. On tient donc un Benicio Del Toro en toute coolitude, un Tim Robbins en roue libre et une Mélanie Thierry sous un jour bienvenue.

Pour conclure : A perfect day choisit de traiter un sujet délicat et y parvient en détournant les codes attendus du genre. Si le film souffre de quelques lacunes, il reste plaisant grâce à sa narration et à son casting hétéroclite.

Note : 3/5


A perfect day, De Fernando León de Aranoa. Avec Benicio Del Toro, Tim Robbins, Olga Kurylenko… 1 h 45. 

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