Crazy Amy : en Apatow dans le texte [spoilers] 

La délurée Amy Schumer passe des sketchs sur Comedy Central au grand écran dans Crazy Amy (Trainwreck en VO). Avec Judd Apatow à la réalisation, sa première incursion de plus de deux heures au cinéma rassemble quelques figures de l’humour US. Une réussite pour la jeune comique, malgré quelques points noirs. Silence Moteur Action a mis ses belles baskets, attrapé une pinte, et enchaîné les shots avec Amy.

« La monogamie, ça ne marche pas. » Voilà une leçon paternelle que la petite Amy n’a jamais oubliée. Devenue adulte, cette jeune femme blonde vit par ce crédo. Beuveries, coucheries, boulot. Et on recommence. Pas forcément dans le même ordre. Un pitch bateau. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un bellâtre incarné par Ryan Reynolds ou Matthew McConaughey 1.0 mais Amy Schumer.

Quasi inconnue sur nos terres, la comique de 34 ans joue la carte du biopic perso, elle qui s’amuse dans Inside Amy, série à sketchs sur Comedy Central. Écrit et interprété par cette blonde aux rondeurs non dissimulées, Trainwreck de son nom originel dispose d’un réalisateur qu’on ne présente plus dans le monde du rire US, Judd Apatow. Une chance en or pour Schumer d’entrer dans le grand écran par celui qui a fait connaître Seth Rogen, Steve Carell, James Franco et tant d’autres.

Alors Amy pendant plus de deux heures, ça donne quoi ? Une histoire étonnement émouvante, et, sans surprise, très drôle. Ses vannes provoquent des fous rires (sa réflexion sur les cheerleaders et la perte du droit de vote des femmes) ; ses larmes font couler les nôtres. Certaines scènes révèlent le talent humoristique de la jeune femme, notamment la conférence de rédaction où le sujet le plus efficace est le changement du goût du sperme. Celle de l’anecdote la plus folle avec des housewives rangées parvient à nous faire oublier la précédente.

Apatow pose sa patte

Comme elle l’a prouvé, Apatow derrière la caméra (pour la première fois sans qu’il ait écrit le script), Schumer n’a pas lésiné sur les seconds rôles. Allison Brie en sœur traditionnelle s’accapare chacune de ses scènes. Randall Park, bien que rare, ne devrait pas tarder à briller au cinéma (il tient actuellement la vedette de la série à succès Fresh off the Boat). Vanessa Bayer (la grande bouche du Saturday Night Live) apparaît comme l’unique déception, mais seulement car on ne la voit que trop peu. Tilda Swinton fait du Tilda Swinton. Bref, elle est éclatante.

Mais parce qu’un premier film s’avère rarement être une perfection, Crazy Amy pêche. À qui la faute ? À mieux regarder, pas sûr qu’Apatow ait été le must en terme de réalisation, particulièrement pour une femme comme Amy Schumer qui a l’habitude de sketchs courts et du stand-up. Le réalisateur de 40 ans toujours puceau est connu pour ses films longs (plus de deux heures, peu commun pour des comédies). Conséquence : le rythme est inégal, certaines vannes tombant du coup à l’eau. Apatow est aussi souvent décrié pour ses fins. Tout comme Funny People ou En cloque mode d’emploi, le bonheur réside dans l’abandon de soi dans le couple, seule chance d’un bonheur parfait. Malgré plus de deux heures de rire, on sort regrettant que la délurée Amy jette ses bouteilles de Jack et ses capotes. On regrette, un peu, qu’elle finisse en couple avec le génial Bill Hader, ce médecin du sport au cœur tendre.

En même temps, Amy Schumer fait ce qu’elle veut. C’est pour ça qu’on l’aime.

Crazy Amy : de Judd Apatow, avec Amy Schumer, Bill Hader, Allison Brie, Vanessa Bayer…

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