Coup de projecteur sur Alabama Monroe

Alabama Monroe fait partie des films sélectionnés aux Césars 2014. L’une des rédactrices de Silence Moteur Action l’a visionné et nous donne son avis personnel sur ce chef-d’œuvre qui risque de vous remuer.

Récemment, une tonne de films sont venus agiter ma curiosité, un seul s’est véritablement démarqué du lot. Ce n’est autre que le chef d’œuvre signé Felix Van Groeningen : Alabama Monroe. Ce film, c’est la simple et touchante histoire de deux personnes qui se sont trouvées, qui sont tombées dans les bras l’un de l’autre. C’est la dure et triste histoire de celle qui naîtra de leur union, Maybelle, atteinte d’un cancer à l’âge de sept ans.

Un melting-pot d’émotions

Sorti il y a quelques mois en salles, ce qui était à l’origine une pièce de théâtre écrite par celui qui tient le rôle principal, Johan Heldenbergh a sans surprise ravi les critiques. Alabama Monroe, c’est un coup de poignard et un bonbon au miel en même temps. Devant, on rigole sans retenue, on se mord les lèvres, on déverse des litres de larmes. Le réalisateur joue clairement avec nos sentiments, du début à la fin. Rythmé par ses scènes sitôt tristes, sitôt légères, impossible de rester de marbre face au destin tragique des personnalités présentes dans le film, aussi drôles qu’attachantes.

Si le sujet du film n’est cependant pas d’une originalité extrême, il n’en est pas moins maîtrisé brillement. Si le thème de la maladie sonne en effet comme du déjà-vu Van Groeningen sait pourtant se démarquer en adoptant un point de vue difficile, en s’attardant notamment sur l’après.

La maladie, la mort et au delà

C’est indubitablement ce dernier qui différencie le bébé de Johan Heldenbergh des autres longs-métrages coup-de-poing. L’après. À la télé, dans les journaux, avec le nombre d’associations qui fleurissent de jours en jours, nous sommes sans cesse confrontés à cette réalité de maladie omniprésente. La vérité, c’est qu’on ne se met jamais vraiment à la place de ceux qui vivent cet enfer. On n’imagine encore moins, on n’ose pas imaginer, la reconstruction douloureuse d’une famille après la disparition d’un membre. Le sujet de l’après reste extrêmement délicat malgré lui, limite tabou ;  Alabama Monroe dépeint avec une réalité désarmante le tiraillement des principaux concernés, entre la culpabilité d’aller de l’avant et la crainte du jugement extérieur.

On vit en même temps que les protagonistes leur processus de deuil, leur désespoir, leur désir de passer à autre chose doublée de leur volonté de ne rien oublier. Difficile de ne pas se mettre à leur place. De se demander, que ferions nous ? Aurions nous la force de se battre ? Se battre pour quoi d’ailleurs, pour que tout redevienne comme avant ? Tout en étant conscient que rien ne sera plus jamais comme avant…Felix Van Groeningen a pris le parti de montrer un couple désireux d’avancer, malgré les obstacles qui s’y opposent. Tous deux nourris de sentiment d’impuissance, les parents traduisent leur chagrin avec des divergences spirituelles et idéologiques qui vont doucement provoquer leur déchirure.

Malgré la dureté des thèmes principaux et la tristesse de la fin, une sensation de légèreté nous envahit dès l’apparition du générique. Le réalisateur a su d’une main de maître nous faire passer du rire aux larmes, en faisant tout de même attention de ne pas basculer dans le drama, ni tomber dans la facilité des clichés.

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