Cinéma : Quand les bandes-annonces deviennent un jeu 2


Nous n’avons pas besoin de le prouver, le démontrer, nous le savons tous : le cinéma est un art. Alors qu’en est-il de la bande-annonce ? C’est un outil publicitaire marketing, indispensable au succès d’un film ou non. C’est la bande-annonce qui va chercher à « allécher » et créer une frustration chez le spectateur jusqu’à la date de sortie au cinéma. Sur Silence Moteur Action, coup de projecteur sur une toute autre forme de bande-annonce, celle qui fait agir le téléspectateur.

Les bandes-annonces ludiques

Parfois, la bande-annonce fait plus que renseigner le téléspectateur sur le film qu’il va peut-être aller voir.  Elle va l’inciter à se renseigner. Dans certains cas, la bande-annonce devient un jeu pour les téléspectateurs qui doivent trouver des indices dans cette séquence vidéo. La plupart du temps, c’est sous forme de mystère comme pour Cloverfield. Sa bande-annonce est plus que mystérieuse. Pour commencer, nous n’avons pas l’élément le plus essentiel : le nom du film. Les images sont tournées caméra au poing, ce qui ne nous donne pas l’impression de regarder une bande-annonce. Nous savons juste que JJ Abrams a contribué au film. Pourquoi ne pas avoir donné le nom du film ? Cela permet de pallier l’impatience des spectateurs. De plus, ce genre de pratique permet au film de ne pas tomber dans l’oubli pendant sa phase de promotion. Mais c’est aussi et surtout pour créer le buzz car n’oublions pas que la bande-annonce est un outil de marketing.

Bousculer les différents dispositifs que l’on peut retrouver dans une bande-annonce sert une stratégie bien particulière, celui d’attirer les téléspectateurs afin qu’ils se renseignent. Prenons l’exemple de Super 8 : les lettres à la fin du film forment l’adresse d’un site internet qui dévoilait à l’époque des faux articles de journaux parlant d’un astronaute qui aurait découvert le vaisseau du monstre. On y voyait l’extrait vidéo du professeur dans le film qui se fait attraper par le monstre ! L’ajout de nouvelles vidéos semaine après semaine invitait le téléspectateur à revenir à chaque fois et à essayer plusieurs combinaisons dans le faux ordinateur présent sur le site.

Analysé de ce point de vue, la bande-annonce nous donne des indices quant au degré de maturité du créateur du film. Que veut-il nous dire sur son film et combien veut il en dire ? Avec ces bandes-annonces plus modernes arrivent le terme de buzz viral. Celles-ci vont servir un rôle communicationnel distinct et plus complet. On peut retrouver un exemple de buzz viral avec le film 2012, de Roland Emmerich. Des messages cachés apparaissent à la fin de la séquence lorsque les nombres 2 0 1 et 2 s’assemblent pour former le titre ! Mis bout à bout, ces mots (« And he gathered them together into a place called in the Hebrew tongue Armageddon ») renvoyaient à un site internet (n’existe plus aujourd’hui) qui proposait des « projets de survie » pour l’après 2012 comme celui de scientifiques fous qui voulaient nous envoyer dans une super station dans l’espace ou des bunkers très profonds sous la Terre.

Ces deux projets ouvraient la porte à un jeu de loterie auquel on pouvait s’inscrire pour tenter de gagner une place dans l’un des deux projets de survie. Le site débloquait pour les inscrits, dans des parties cachées, des photos des fameuses arches du film. Ces différents jeux créaient une connivence entre les créateurs du film et les téléspectateurs. Mais c’est aussi une manière ludique de faire parler du film.

Il faut aussi dire que les téléspectateurs sont plus impliqués qu’auparavant, notamment grâce à l’outil internet. Ils ne sont plus inconscients, comme lorsqu’ils sont dans une salle de cinéma. Le buzz viral peut même aboutir à la fidélisation, but principal de la bande-annonce. Voilà pourquoi on pourrait penser que le buzz viral tente de remplacer progressivement la bande-annonce dans le but de pallier l’impatience qui grandit chez les téléspectateurs. On va glisser progressivement vers la notion de transmedia (idée développée par Jenkins dans Transmedia storytelling) et donc de buzz (comme décrit par Frank Roze dans Buzz). Selon Jenkins, « une histoire transmedia se développe sur plusieurs supports media, chaque scénario apportant une contribution distincte et précieuse à l’ensemble du récit». Il ajoute que « cette nouvelle forme de narration permet de passer d’une consommation individuelle et passive à un divertissement collectif et actif ».

 


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