Cinéma et transmedia : Quand les bandes-annonces ne sont plus des bandes-annonces

Deuxième partie de notre réflexion sur les bandes annonces et le transmedia. Après s’être attaché à démontrer que pour les producteurs l’un des enjeux de la promotion est d’impliquer le téléspectateur, intéressons-nous maintenant à un autre aspect de la bande-annonce de cinéma.

Vous avez dit bande-annonce ?

La bande-annonce devient un jeu pour le téléspectateur mais aussi pour celui qui le réalise. C’est un instrument de communication malléable pour celui qui faire travailler son imagination. Ainsi, il n’est pas impossible de voir des bandes annonces qui proposent un contenu qui n’est pas présent dans les films promus (Pixar l’a déjà fait). Dans ces cas-là, la bande-annonce présente les codes habituels : nom du film, date de sortie. Mais parfois, les codes sont totalement brouillés au point où l’on se demande si ce que l’on regarde est bel et bien une bande-annonce. On parle alors de buzz.

Le premier exemple que l’on peut donner est celui de Cloverfield. En 2006, ce  film signé JJ Abrams a créé un vrai buzz. Avant la sortie de la bande-annonce, du contenu était  proposé à l’époque via un journal télévisé (comme le montre la vidéo si dessus) ainsi qu’un jeu de pistes à suivre. Aucune info sur le film, l’objectif était de créer le buzz avec quelque chose de différent. Autre exemple, celui de After Earth. Sa première bande-annonce était en fait une vidéo d’une minute montrant la page Facebook de la Terre et traçant son historique. Pas d’informations sur le titre, le nom du réalisateur, des acteurs ou même la date de sortie. A la fin de cette vidéo, il y avait juste un carton final avec un site internet renvoyant au site du film. Exemple parfait de transmédialité et de promotion virale réussie.

Une construction importante

Certaines bandes annonces jouent aussi sur le genre du programme. On peut citer District 9. Ce dernier joue déjà sur l’ambiguïté puisqu’il il s’agit d’un faux documentaire relatant une « invasion » alien. La bande-annonce, dans sa construction, ressemble à un documentaire : pas de musique grandiose, pas de voix off… juste des personnes qui parlent face caméra. Pendant la première minute, nous pensons être face à la présentation d’un documentaire jusqu’à l’introduction des aliens. Les codes ici sont rompus pour mieux jouer avec le genre.

Il serait aussi intéressant de s’attarder sur le montage. Une histoire peut être racontée de plusieurs manières. Un montage apporte un aspect particulier et toute la promesse pragmatique d’une bande-annonce en dépend. Prenons ici exemple de la bande-annonce parodiée de The Dark Knight qui présente le film comme une comédie romantique dégoulinante d’amour. Le montage de scènes d’amour et la musique triste amènent cette idée. Cette bande-annonce reprend tous les codes que l’on retrouve dans les comédies romantiques : la personne aimée mais inaccessible, le ou la concurrente, les péripéties…

Pour conclure, nous pouvons dire que la bande-annonce évolue de plus en plus. Les sociétés de production doivent innover pour toucher le plus grand nombre de téléspectateurs. Pour y arriver, ils doivent les impliquer à travers des promotions virales de plus en plus travaillées.

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