[Cannes 2017] Samedi 20 mai : La Croisette vibre

Tous les jours à 9h, Silence Moteur Action vous fait son résumé de la journée écoulée du 70ème Festival de Cannes. Accrédité presse, nous vous livrerons notre version de ce qui a fait la journée.

En ce samedi 21 mai, le soleil était revenu sur la Croisette après une journée lourde en tout sens. L’heure de rattraper les séances loupées la veille et réussir (Villages, Visages) ou échouer (Ava, qu’on aurait beaucoup aimé voir, ainsi que Jupiter’s Moon). Mais aussi de visionner les deux films en compétition du jour, The Square et le premier film à secouer la Croisette : 120 battements par minute.

Devoir de mémoire

Chaque jour, on se demande si on se lève tôt pour faire la traditionnelle séance de 8h30. Parfois on regrette, parfois non. Après la séance houleuse, hier, de Okja, place ce matin à la séance vibrante. Premier film français en compétition, 120 battements par minute nous ramène dans les années 90 alors que l’épidémie du sida fait un carnage. Un groupe d’activistes, membre de l’association Act Up, tente de faire entendre leurs voix : celles d’homosexuels, d’étrangers ou d’autres outsiders de la société de l’époque. Mais étonnement, il y a dans le film de Campillo un sentiment de vivre une histoire intemporelle, visuellement tout d’abord, car les costumes, paroles ou décors de l’époque ne trahissent pas la fin des années 90, mais surtout sur le fond, à l’heure même où la Tchétchénie enferme des homosexuels dans des camps de concentration. Un film attendu, et au message fort.

Pour autant, le film ne tombe pas dans un misérabilisme qui viserait à montrer l’agonie de personnes atteintes du sida. Au contraire, il alterne film intimiste, film gay, film d’époque et portrait humaniste. On n’est donc pas étonné de passer du rire (première fois de ce début de festival que le Grand Théâtre Lumière rit d’une même voix) aux larmes. On notera une mise en scène qui essaie, qui expérimente, au montage innovant. Mais surtout, on retiendra des performances incroyables de ses acteurs, Nahuel Perez Biscayart en tête – on espère un prix.

Compromis

Outre 120 battements par minute, le second film de la compétition présenté aujourd’hui était The Square, film suédois. Complètement barré, déconcertant, le résumer semble épineux : on y suit Christian, conservateur d’un musée contemporain, dans sa vie mouvementée. En réalité, on a l’impression de ne pas voir un seul film mais une multitude, plusieurs séquences plus indépendantes qu’inter-dépendantes. Dur d’y comprendre véritablement quelque chose. Mais finalement, tout ce côté farfelu ne dessert pas The Square, mais participe à une ambiance cynique où l’on rit jaune très souvent. Tout le monde y passe : journalistes, artistes, spectateurs, bourgeoisie… toute la population. Derrière cette critique de la société de consommation, de la recherche du « buzz » et du vide de nos vies se trouve un film extrêmement bien mis en scène : les cadres sont sublimes et le montage leur laisse le temps. Il y a vraiment quelque chose de déroutant dans la manière qu’a le cinéaste de jouer avec le hors-champ, ou la manière dont il fait monter l’excitation.

Enfin, nous avons pu aujourd’hui rattraper le nouveau documentaire de Agnès Varda avec l’artiste JR : Visages, villages. Sorte de road-trip, on y suit les deux artistes voyager à travers la France, cherchant à photographier des gens anonymes avant de les imprimer en grand sur des murs. L’oeuvre de JR est connue à travers le monde, mais ce film ne lui rend pas hommage. Sorte de téléfilm interminable à la voix off épouvantable, il a pour seul intérêt d’être issu d’un financement participatif Kiss kiss bang bang, prouvant encore une fois l’évolution d’un système archaïque (mais certains ne huent que quand c’est Netflix…). Bref, un film hélas dispensable.

Demain sera probablement la plus grosse journée de ce début de festival : le film de Noah Baumbach à 8h30 en compétition, le nouveau Kurosawa en Certain Regard. Mais tous les yeux seront tournés sur deux films en particulier : How to talk to girls at parties du cinéaste de It Follows avec Nicole Kidman et Elle Fanning et, bien sûr, Le Redoutable de Michel Hazanavicus. Dernier plaisir coupable : la masterclass du monument Clint Eastwood.


Vous avez raté notre compte-rendu de la veille ?


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