[Cannes 2017] Mercredi 24 mai : la peur au ventre

Tous les jours à 9h, Silence Moteur Action vous fait son résumé de la journée écoulée du 70ème Festival de Cannes. Accrédités presse, nous vous livrerons notre version de ce qui a fait la journée.

On l’avait prédit hier, et on ne s’était pas trompé. Le nouveau film de Sofia Coppola est un évènement, et il a donc pris la vedette de la Croisette ce 24 mai.

Coppola

Cette année, nous n’avions jamais vu autant de journalistes vouloir accéder à la conférence de presse d’un film en compétition que celui-ci. Il faut dire qu’il s’agit probablement du film avec le plus gros casting (avec The Meyerowitz Stories) : Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst et Elle Fanning ! Tous étaient là pour présenter Les Proies (The Beguiled en VO). Le film nous entraîne pendant la Guerre de Sécession au Sud des Etats-Unis, dans un pensionnat pour jeunes filles. Un beau jour, un soldat ennemi (un yankee) débarque, blessé, à leur porte. Par charité catholique comme le martèle Nicole Kidman, elles l’acceptent et le soignent.

Le film, très court (1h30), fonctionne comme un piège. Toute la structure du récit est construite de manière à ne plus laisser le doute sur l’issue possible pour les différents personnages (et la bande annonce n’aidera pas, spoilant toute l’intrigue). C’est retorse, il y a des rebondissements et une tension palpable, presque sexuelle (les jeunes filles n’ont pas vu d’homme depuis longtemps). De plus, la mise en scène de Sofia Coppola vient renforcer cette sensation de bulle, de dilatation du temps et de tensions : on ne sort pas de la grande demeure, l’espace est clos, et la profondeur de champ est très petite (vulgairement, il y a beaucoup de flous). Tout est fait pour isoler nos personnages, les laisser dans un sentiment vague de questionnement, de doute, de tension (d’où l’absence de musique aussi). En bref, le film n’invente rien et se complaît parfois dans son sujet sans prendre de risques. Mais il n’empêche que Les Proies est un bon film porté par un casting parfait.

Était aussi diffusé en séance de minuit The Merciless, film coréen. Après la sensation de Dernier train pour Busan l’an passé, le Festival remet ça. Un film ici aussi viscéral et violent dans lequel on suit des gangsters, des trafics de drogue et des vengeances. Toujours esthétiquement sublime, ce cinéma de genre coréen a de beaux jours devant lui, comme le montre l’accueil qui lui est réservé sur la Croisette.

Documentaire

S’il s’agit peut être de la sélection parallèle la moins connue, l’ACID n’en contient pas moins de bons film. Kiss & Cry est une sorte de documentaire fictionnel (avec des acteurs amateurs) sur l’univers du patinage artistique. Plus généralement, on suit un groupe de jeunes filles d’environ 13/15 ans tandis que leurs corps évoluent, qu’elles rentrent dans l’adolescence. On pourrait critiquer le manque de réalisme, les erreurs techniques ou la mise en scène mais la réalité est qu’il s’agit d’un petit film, qui fait ce qu’il peut. Il n’en reste pas moins très honnête dans sa démarche, et possède quelques beaux moments. L’Assemblée est un film documentaire retraçant Nuit Debout, de ses discussions à ses manifestations. Le film est malgré son sujet très simple, et pêche d’un trop grand amateurisme. Dommage, car l’idée de nous emmener dans le cœur de Nuit Debout était intéressante. Un documentaire pas inoubliable donc.

Aujourd’hui avait aussi lieu la masterclass d’Alfonso Cuaron, le cinéaste entre autres de Gravity, Harry Potter 3 ou Les fils de l’homme. Mais une immense file d’attente nous a plutôt dissuadés, ce qui nous a permis de découvrir en séance spéciale le film d’animation Zombillénium… ou pas, car suite à une mauvaise organisation, seulement une poignée de journalistes a pu le découvrir. On s’est donc rabattu sur Demons in paradise, un documentaire sri-lankais. Émouvant et bien mis en scène, on y suit un homme nous narrant son enfance et l’horreur de la guerre civile, se baladant dans ce qui fut sa fuite.

Demain, on essayera de rattraper Rodin, de Jacques Doillon. Le film en compétition s’annonce assez barbant, mais il peut être une belle surprise (spoiler : non). Pour nous, en revanche, demain jeudi annonce notre plus grosse attente de la compétition : Good Time des frères Safdie tandis que tout Cannes aura les yeux rivés sur David Lynch et la nouvelle saison de Twin Peaks.


Vous avez raté notre compte-rendu de la veille ?


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