[Cannes 2017] Lundi 22 mai : Lanthimos 1 – 0 Haneke

Tous les jours à 9h, Silence Moteur Action vous fait son résumé de la journée écoulée du 70ème Festival de Cannes. Accrédités presse, nous vous livrerons notre version de ce qui a fait la journée.

Ce lundi 22 mai, le soleil tapait fort sur la Croisette. Si fort que si on n’avait pas passé la journée dans les salles obscures, on aurait pu attraper des coups de soleils. Mais le festival n’en avait pas décidé ainsi : tandis que demain mardi, un seul film de la Compétition sera projeté, ils étaient trois ce lundi.

Déconcertant

En 2015, The Lobster faisait la sensation en compétition à Cannes jusqu’à remporter le Prix du Jury. 2 ans plus tard, son réalisateur grec Yorgos Lanthimos et son acteur principal Colin Farrell refont équipe dans The Killing of the Sacred Deer (Mise à mort du Cerf sacré en VF). C’est l’histoire de Steve, un chirurgien réputé qui entretien avec un adolescent une sorte de relation paternelle. Tandis que ce dernier prend de plus en plus de place dans la famille, un sentiment d’ambiguïté se met en place. Encore une fois, Lanthimos signe une oeuvre extrêmement puissante et déroutante : la beauté des cadres, la force de la mise en scène, la direction d’acteurs… Bref, le film est l’une des plus grosses claques de ce festival. Mystérieux et surprenant, le film vire dans le fantastique au bout d’une heure, dans quelque chose de plus mystique. Lanthimos réussit à pousser ses acteurs jusqu’à leurs limites, et de Colin Farrell à Nicole Kidman, chaque personnage livre une performance puissante.

Attentes 

Ce lundi 22 mai était marqué par le retour très attendu de Michael Haneke, dont ses deux derniers films –  Le Ruban Blanc et Amour – avaient reçu la Palme d’Or. Happy End est un film choral embarquant les différents membres d’une famille bourgeoise du nord de la France dans une crise. Le film est une grosse déception, tant il échoue dans son ambition : très prétentieux, Haneke se prend pour un révolutionnaire du cinéma mais – surprise – n’en est pas un. L’intrigue est mal construite et mal écrite, et on cherche encore l’intérêt dans les personnages. La mise en scène est plate et malgré sa volonté d’inventer quelque chose de nouveau, elle se contente de recopier ce qui se fait en numérique depuis une décennie. Bref, Happy End – longtemps grand favori – ne repartira pas avec la Palme d’Or mais plutôt les mains vides, on l’espère.

Enfin, le troisième film du jour en compétition était Le jour d’après de Hong Sang-Soo, venant de Corée du Sud. Dans ce film en noir et blanc d’1h30 seulement, on suit le personnage de Bongwan et ses différentes rencontres dans un temps limité (ou sur plusieurs années ? on ne sait pas), de sa femme à sa maîtresse jusqu’à sa nouvelle employée accusée par la femme du patron d’être sa maîtresse. Bref, tout ça se rencontre, se mélange et donne au film un ton très particulier : composé uniquement de plans séquences de 10min de discussion dans des bars, restaurants chinois ou entreprises, Le jour d’après lasse très rapidement. Malgré sa courte durée, on en vient rapidement à se demander quand le procédé filmique va évoluer, quand quelque chose va se passer ! Cela ne sera hélas jamais, et le film ne décollera donc pas, malgré de belles idées de mise en scène.

Mardi s’annonce une journée bien plus calme : un seul film en compétition, et un événement à 19h spécial 70 ans auquel on espère participer. Cela permettra, entre les deux, d’aller enfin découvrir d’autres films.


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