[Cannes 2017] Dimanche 21 mai : légendes hollywoodiennes

Tous les jours à 9h, Silence Moteur Action vous fait son résumé de la journée écoulée du 70ème Festival de Cannes. Accrédités presse, nous vous livrerons notre version de ce qui a fait la journée.

En ce dernier jour de week-end cannois, l’ambiance était (très) festive. De nombreuses personnalités sont venues présenter leur film, en compétition, hors compétition ou dans les sélections parallèles.

Légendes cinématographiques

Ce matin était diffusé le deuxième et dernier film produit par Netflix (l’occasion, encore une fois, de huer le site lors de l’apparition du logo pour certains journalistes) en compétition : The Meyerowitz Stories du cinéaste Noah Baumbach. On traverse en quatre chapitres l’histoire d’une famille, du père artiste Harold (incarné par le légendaire Dustin Hoffman) et sa 4ème femme (Emma Thompson) jusqu’aux enfants, incarnés par Ben Stiller et Adam Sandler. Un casting 5 étoiles pour un film attachant, humaniste et très drôle. Les dialogues font mouches et tant mieux : le film est extrêmement littéraire. C’est un flot ininterrompu de paroles, presque du théâtre filmé. Baumbach souhaite retranscrire ce qu’est l’art mais aussi les relations entre parents et enfants, la jalousie, le poids de l’héritage et la religion (très chère au cinéaste). Cependant, on a comme la sensation que le film n’est pas à sa place : une sélection en hors compétition aurait paru plus évidente.

Et justement, il y avait bien un film présenté hors compétition aujourd’hui : How to Talk to Girls at Parties. Le cinéaste John Cameron Mitchell embarque l’incroyable Nicole Kidman et l’étoile montante hollywoodienne Elle Fanning dans une sorte de trip punko-SF. Dans les années 70, dans une banlieue minable et désertique d’Angleterre, trois adolescents se rendent à une soirée. Problème : l’ambiance y est comme dérangeante, venue d’ailleurs. Et effectivement : les gens qui sont à cette soirée sont… des extraterrestres ! Le film est une oeuvre complètement barge, probablement la plus incompréhensible de ce festival, qui part dans un trip farfelu, baroque et assez métaphysique. Énormément de gens ont quitté la salle, et même l’humour très présent (toujours volontaire ?!) n’aura su les retenir. À la fin, on ne sait qu’en penser : c’est rythmé, assez barge, ça n’a aucun sens mais ça a du charme. Et puis voir Nicole Kidman grimée en patronne de bar punk n’a pas de prix.

En demi-teinte

L’un des plus gros événements du jour était Le Redoutable de Michel Hazanavicius, qui marque le retour du réalisateur des OSS 117 ou de La Classe Américaine sur la Croisette après l’oublié The Search. Le film suit, ici, la vie de Jean-Luc Godard en mai 68 et sa relation avec sa femme, Anna Wiazemski, qu’il avait rencontrée sur le tournage de La Chinoise. Il faut dire qu’on attendait beaucoup de ce film, tant Hazanavicius est un des derniers metteurs en scène français capable de faire de bonnes comédies. Hélas, le film est une (demi) déception. Cette pastiche sympathique est une comédie agréable, qui se laisse regarder mais qui souffre d’un manque de rythme, de punch. La faute au montage peut-être… ou au scénario même, qui devait déjà manquer d’enjeux. Reste une mise en scène astucieuse qui s’amuse à reprendre les effets connus de Godard, et une bande originale surprenante !

Enfin, était présenté en sélection Un Certain Regard le premier film de Taylor Sheridan (qui avait scénarisé Comancheria, passé sur la Croisette l’année dernière), Wind River, avec Jeremy Renner et Elizabeth Olsen. Un thriller glacial qui suit l’enquête policière d’une nouvelle recrue du FBI et d’un chasseur expérimenté dans les paysages enneigés perdus de Wind River, une réserve indienne aux USA. Le film accumule les erreurs des premiers films mais peut se reposer sur un scénario bien écrit et sur des acteurs convaincants. Malgré tout, il y a un véritable problème de montage dans ce film, les plans et leur durée étant très mal choisis. Mais la grande force du film reste son rythme, tantôt très lent et calme et tantôt très énervé, violent et gore. Ni un bon film, ni un mauvais donc…

Dimanche était donc une journée chargée, et l’on regrette de ne pas avoir pu accéder à la masterclass de Clint Eastwood. Lundi s’annonce aussi intense, avec le plus gros prétendant à la Palme d’Or : Happy End de l’habitué de la Croisette Michel Haneke. Mais est très attendu aussi le nouveau film de Lanthimos, The Killing of a Sacred Deer, en compétition. Tout ça sera à suivre dans le debrief de demain !


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