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[Bilan 2019] Séries : sur HBO, on voudrait déjà vous faire oublier Game of Thrones… [3/4]

2019 est terminée : l’occasion pour nous de vous délivrer notre bilan cinéma et séries de l’année ! Côté séries, l’année a notamment été marquée par la fin de Game of Thrones, poule (ou dragon ?) aux œufs d’or de la chaîne HBO, et celle de l’une des toutes premières créations originales Netflix, Orange Is The New Black. Les géants du streaming (Netflix, Amazon Prime, tandis que Disney+ arrivera en mars 2020) continuent de s’imposer un peu plus au sein des foyers français tandis que les grandes chaînes françaises tentent de réduire les délais de diffusion des séries entre leur pays d’origine et la France.

Le temps où il fallait attendre presque plus d’un an pour voir arriver une saison déjà diffusée dans le pays d’origine d’une série est révolu ! Quand elles ne sont pas proposées directement en US+24, seuls quelques mois d’écart suffisent désormais à voir une série débarquer en France. OCS a consolidé son partenariat avec HBO, proposant leurs séries le lendemain de la diffusion américaine… et déjà en version française ! Quant à Canal+, la chaîne tentait en mars de relancer l’intérêt des spectateurs avec une offre entièrement dédiée… aux séries ! Si elle avait d’abord la volonté de s’installer comme plateforme rivale, Canal+ a très vite changé de stratégie et signé des accords en fin d’année pour proposer Netflix dans son bouquet… et Disney+ l’année prochaine. Un dispositif en apparence attrayant, qui permettrait de disposer de tous ces bouquets (OCS inclus) sans avoir à payer des abonnements de tous les côtés. Une solution miracle ? On verra bien l’an prochain !

En attendant, quelles sont les séries qui nous ont fait vibrer en 2019 ? Verdict côté HBO/OCS !

Game of Thrones : la der des der…

On l’a attendue près de deux ans : la huitième et dernière saison de Game of Thrones, composée de six épisodes (contre sept pour l’avant-dernière et dix pour toutes les autres) était l’une des plus attendues, mais aussi des plus redoutées. Pour les créateurs de la série David Benioff et D.B. Weiss, mettre fin au Trône de fer n’a pas été une tâche aisée, puisqu’il leur a fallu voir au-delà des cinq romans déjà publiés par l’auteur George R.R. Martin, encore loin d’être venu à bout des volumes six et sept (The Dreams of Winter et A Dream of Spring). Du coup, la qualité d’écriture a fortement baissé, et les effets s’en sont ressentis dès la saison 7.

Pour ces six derniers épisodes, il fallait tout conclure et vite. La plus grande frustration restera sûrement la promesse de cette guerre entre tous peuples de Westeros et les Marcheurs Blancs. À chaque saison, si ce n’est presque à chaque épisode, on nous disait : « winter is coming » (« l’hiver vient »). Et c’est en un épisode, épique, certes (et réalisé par Michael Sapochnik à qui l’on devait déjà « la Bataille des Bâtards »), que le destin des Marcheurs Blancs a été évacué, une façon de nous faire comprendre que l’important, ce n’était pas tant ça, mais toujours Daenerys et son désir de vengeance sur les Lannister. Si ce qui se passe est tout à fait logique, l’ensemble est considérablement accéléré puissance mille, et provoque un profond sentiment de frustration.

Bref, cette conclusion est tout autant discutée et contestée que ne l’est la fin de la nouvelle trilogie Star Wars : à qui la faute ? Aux scénaristes qui ont dû faire avec les moyens du bord et dans des délais réduits ? Aux spectateurs qui ont eu le temps de s’imaginer tout le déroulement de ce grand final et se voient frustrés ? Les deux ? Quoi qu’il en soit, HBO n’en a pas fini avec Game of Thrones puisque les projets de spin-off se sont accumulés à la pelle. Et si un premier dans lequel devait jouer Naomi Watts a été annulé, c’est au profit d’un autre projet : House of the Dragon, un préquel à la série qui sera consacré à la famille Targaryen, et adapté d’un autre pavé de George R.R. MartinFeu et Sang. À la production, on y retrouvera… Sapochnik ! Nous, tout ce qu’on a envie de dire à HBO, c’est que Naomi Watts pourrait tout autant jouer une Targaryen…

Big Little Lies : une saison 2 malmenée

Mais sur HBO, heureusement, il n’y a pas que Game of Thrones ! Cette année, elle nous a aussi délivré la tout autant discutable deuxième saison de Big Little Lies, toujours portée par Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Laura Dern, Zoe Kravitz et Shailene Woodley, et rejointes par Meryl Streep. Une saison 2 qui allait elle aussi au-delà du roman dont la série est l’adaptation, montrant ainsi les conséquences et les traumatismes subis par les « Monterey Five », après le meurtre qui a marqué l’histoire de la ville.

Initialement, le réalisateur Jean-Marc Vallée devait laisser sa place de showrunner et réalisateur à Andrea Arnold (à qui l’on devait l’excellent American Honey), jusqu’à ce qu’il reprenne totalement le contrôle de la série au moment du montage. Le résultat est une œuvre complètement impersonnelle, cochant le cahier des charges de la mise en scène de la première saison, et on peine à comprendre en quoi cette seconde saison était si indispensable, malgré un casting toujours autant impeccable… Pour le moment, une troisième saison n’a pas encore été annoncée : on espère qu’elle connaîtra une production moins mouvementée si c’est le cas !

Chernobyl : la surprise de l’année !

Vu comme ça, on pourrait croire qu’on n’a vu que de mauvaises choses sur HBO cette année. Mais rassurez-vous : la chaîne nous a aussi réservé d’excellentes nouveautés. À commencer par la mini-série Chernobyl, créée par Craig Mazin. Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que cet homme est l’un des scénaristes de la trilogie Very Bad Trip. Ouais. Arrêtez tout ? Et bien non : à aucun moment nous n’aurions pensé que « le scénariste de Very Bad Trip » ne signe l’une des meilleures productions télévisuelles de l’année.

En cinq épisodes, Chernobyl revient sur l’ensemble de la catastrophe nucléaire survenue en avril 1986 et n’occulte rien de ses épouvantables conséquences, autant pour la santé humaine que pour l’environnement. Elle nous montre aussi à quel point il a été difficile pour les scientifiques (Jared Harris excelle dans le rôle de Valery Legasov) de faire entendre raison au gouvernement russe, pour lequel le nucléaire était sans danger. Tantôt du côté des « bourreaux » comme des victimes, Chernobyl impressionne par sa justesse.

Euphoria : Zendaya au sommet

On n’oubliera pas non plus l’excellente Euphoria, signée Sam Levinson, et portée par une époustouflante Zendaya, enfin libre de montrer une palette de jeu beaucoup plus large que dans le rôle de MJ dans les nouveaux Spider-Man. Elle incarne Rue, une adolescente de retour chez sa mère et sa sœur après une cure de désintoxication, qui doit se refaire à la vie au lycée, à ses amis… et éviter de succomber à nouveau à ses démons. Euphoria nous fait suivre de nombreux adolescents qui ont chacun leurs propres complexes, leurs angoisses, et qui cherchent malgré tout à définir leur identité.

Addictions, rapport au corps, consentement, sexe, première fois, réseaux sociaux, harcèlement, toxicité… Sam Levinson délivre un véritable feu d’artifice tant sa mise en scène est millimétrée, sophistiquée, psychédélique, parfois très proche de ce que pourrait être un clip musical. Mais c’est lorsqu’elle épouse les fantasmes et délires de Rue qu’elle est encore plus impressionnante, notamment lorsqu’elle s’imagine dans le rôle d’une inspectrice de police, en plein enquête afin de déterminer ce que ressent sa meilleure amie Jules (la lumineuse Hunter Schafer). À un tel point qu’on se demande encore pourquoi la série a été littéralement snobée aux nominations des derniers Golden Globes…

His Dark Materials – À la croisée des mondes : oubliez le film, place à la série !

C’est bien décidées à nous faire oublier l’échec du film À la croisée des mondes : la Boussole d’Or sorti en 2007 que la BBC et HBO se sont associées afin d’adapter à nouveau la trilogie littéraire de Philip Pullman. Les deux chaînes ont également joué la sécurité en annonçant, avant même la diffusion des premiers épisodes, qu’une seconde saison allait bien être produite. Une saison pour un tome : le troisième reste donc encore en suspens… même si honnêtement, on verrait mal l’aventure de la jeune Lyra Belacqua se conclure plus tôt que prévu. Dans un monde où tout être humain est lié à une créature appelée « daemon », la petite fille, orpheline, se retrouve à enquêter sur une série d’inquiétantes disparitions d’enfants, liées à une étrange matière que l’on nomme « Poussière ». Alors qu’elle quitte Oxford pour explorer un vaste monde, et au gré des rencontres, Lyra se rend compte qu’elle est au cœur d’un sombre complot… dont elle pourrait bien être la clé.

À première vue, il y a tout pour donner envie de suivre la série. Un casting assez imposant, puisque l’on retrouve James McAvoy dans le rôle de Lord Asriel, explorateur et modèle de Lyra, Lin-Manuel Miranda dans la peau du montgolfier Lee Scoresby ou encore Ruth Wilson (la superbe actrice de The Affair) dans le rôle de la maléfique Marisa Coulter… Pour incarner Lyra, c’est Dafne Keen, l’incroyable révélation de Logan, dans lequel elle incarnait X-23 ! À la réalisation et en tant que producteur, Tom Hooper (bon, d’accord, il a signé Cats, on ne fait pas forcément que de bonnes choses dans la vie) et à l’écriture, Jack Thorne, co-scénariste de la pièce Harry Potter et l’Enfant maudit. Beaucoup de grands noms mais est-ce tout ? Et bien non, la série parvient à imposer sa patte et à vite faire oublier la précédente adaptation, en prenant le temps de poser les bases de son univers et une esthétique globalement convaincante (la musique de Lorne Balfe est quant à elle l’une de ses meilleures compositions !). Bien qu’étant « une histoire d’enfants », la série conserve une certaine noirceur… mais déçoit un peu en n’abordant le sous-texte religieux, déterminant dans l’œuvre de Pullman, que trop brièvement dans les derniers épisodes. À voir ce que His Dark Materials nous réserve en saison 2 !

Watchmen : qu’est-ce qu’être un héros ?

Mais la nouveauté qui s’est imposée comme l’une des plus riches de l’année c’est bel et bien celle-ci : Watchmen. Tout simplement parce qu’à sa tête, on retrouve Damon Lindelof, deux ans après la fin de The Leftovers et neuf ans après celle de Lost. Alors que Sarah Hatchuel et Pacôme Thiellement consacrent un ouvrage à ces deux séries chez Playlist Society (The Leftovers, le troisième côté du miroir, nldr.), Watchmen en devient le prolongement direct, logique. Dans ce livre, les auteurs soutiennent que Lost et The Leftovers sont fascinantes pour leur public puisqu’elles nous donnent à voir ce que nous sommes, ou du moins ce que nous croyons être, ce pourquoi nous sommes là, et nous font constamment reconsidérer toutes ces questions que l’on peut bien se poser sur le sens de l’existence, de la vie, de la mort. Pour Watchmen, c’est tout à fait le même raisonnement, mais version super-héroïque.

La série est une suite de l’œuvre originale, un roman graphique signé Alan Moore et Dave Gibbons (déjà adapté au cinéma par Zack Snyder en 2009), et nous plonge dans un monde où il est illégal d’être un super héros en raison du danger qu’ils représentent pour la société. Au milieu de la petite ville de Tulsa, dans l’Oklahoma, le meurtre maquillé en suicide du chef de la police suscite toutes les craintes… Et Angela Abar (la superbe Regina King), policière masquée connue sous le nom de Sœur de la nuit, découvrira que sa petite ville cache bien des mystères… et elle aussi, autant concernant sa lignée que des souvenirs qu’elle a préféré garder enfouis.

Gabin Fontaine


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